7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Faouzi n'aime pas les vilains

Ce n'est pas un scoop, Faouzi Ghoulam ne porte pas les vilains dans son coeur. Il s'en explique aujourd'hui dans la Pravda. Extraits.

"Un derby, ça représente ce que l'on m'a inculqué à l'école de foot des Verts : une rivalité ancestrale. Je ne suis pas un anti-OL. Mais c'est vrai, je n'aime pas Lyon. Un joueur formé à Saint-Etienne a du mal à l'aimer. A un moment donné, ça rentre dans la tête : Lyon, c'est l'ennemi à battre. Le derby, c'est le match le plus important de l'année, même en jeunes. Mon premier souvenir de derby remonte à la finale de la Coupe Rhône-Alpes en benjamins, à Aix-les-Bains. On l'avait perdue aux jongles contre l'équipe d'Alexandre Lacazette.

Mon plus mauvais souvenir, c'est une défaite 1-3 en U15 sur le synthétique de l'Etivallière. Grenier et Lacazette étaient sur le banc. On menait 1-0 quand leur entraîneur les a fait rentrer à trente minutes de la fin. Lacazette a mis un doublé et l'entraîneur s'était même permis de les faire ressortir. A l'époque, on misait beaucoup sur l'agressivité pour compenser notre moins grande qualité technique. Je me souviens aussi d'un match haché en U19. A 0-0, un joueur de l'OL tacle un des mes coéquipiers. Les deux entraîneurs se sont insultés. Tout le monde s'est embrouillé. Loris, Stéphanois comme moi, a mis un coup de tête au capitaine. Et c'est parti en sucette, il y a eu une bagarre générale. Un derby en jeunes, ça n'a jamais été tranquille. Comme il n'y avait pas de caméras, beaucoup de gestes, de gifles partaient. C'était comme si les supporters stéphanois jouaient contre les supporters lyonnais.

Mon premier derby en tant que professionnel, je l'ai vécu sur le banc à Geoffroy-Guichard en Coupe de la Ligue. Ce soir-là, Bastos a provoqué nos supporters. Je l'ai mal vécu. Ce qu'il a fait, les narguer après avoir marqué le penalty vainqueur, ça ne se fait pas en pros, où tu as un devoir d'exemplarité. J'étais fou, je voulais entrer sur le terrain ! Ensuite, pour ma première titularisation, on a perdu à cause de Bafé. C'est dans ces matches qu'on voit les grands joueurs. Bafé le prouve. J'espère que ce ne sera pas le cas dimanche.

Parfois, je chambre un peu Jérémy Clément, François Clerc et Renaud Cohade sur leur passé lyonnais. Mais ce que j'ai aimé chez eux, c'est qu'ils ont vraiment pris les valeurs des Verts dès leur arrivée. Ce n'est pas un hasard s'ils sont là. Ils ont aussi été recrutés sur leur mentalité. Jérémy par exemple nous dit tous les jours : "Il faut être prêt ! Il ne faut pas rater le derby !"

Sainté peut gagner demain. Je sens que c'est différent cette année. On produit plus de jeu, on reste sur une série de 13 matches sans défaite. Avant, on ne jouait pas dans la même cour. On zoomait moins sur le derby car on se focalisait plus sur notre lutte pour le maintien. Lion possédait également de très grands joueurs comme Juninho et Benzema. Une accélération, un coup franc, et c'était terminé. La tension était souvent de notre côté. Aujourd'hui, elle est un peu partout. On comble le fossé comme Lyon l'a comblé à une époque. La rivalité n'est plus seulement locale, elle est aussi sportive. Désormais, Lyon a plus peur de Saint-Etienne."