La vie en vert
Dans son long et joli reportage intitulé "La vie en vert", le grand quotidien suisse Le Temps a rencontré l'historien de l'ASSE et l'Ange Vert. Extraits.
Philippe Gastal : "On va dire qu’il y a un frémissement, qui demande à perdurer. On a vécu tellement de moments rudes que personne ne veut s’emballer, mais c’est vrai que là, beaucoup d’ingrédients sont réunis. Il y a une équipe qui va de l’avant, une stabilité autour du trio Galtier-Romeyer-Rocheteau. Il faut rester humble, mais il n’y aurait rien de tel qu’une victoire dimanche pour entretenir l’euphorie. Un stade, un public, une équipe… Jamais la trilogie n’aura été aussi forte. C’est une terre de foot comme il y en a peu en France. Dans le nord, il y a Lens; dans le sud, il y a Marseille; et au centre, il y a Saint-Etienne. Ici, le football est roi, mais il reste à proximité des gens, de 7 à 77 ans. Ce club, c’est une histoire d’amour perpétuée à travers les générations – on en est à la troisième. Le «chaudron», je suis tombé dedans quand j’étais petit. C’est la passion. Tout ce que vous vivez enfant ou adolescent est encore plus fort. Comme dit Aimé Jacquet, quand on est Vert, c’est pour la vie. Aucun joueur, même s’il n’est resté ici qu’une année, ne peut demeurer indifférent à l’âme de l’ASSE. L’année charnière, c’est 1974. Reims avait fait sa dernière finale de Coupe d’Europe en 1959 et depuis, c’était la traversée du désert, d’autant que l’équipe de France ne faisait rien de bon. Et puis, tout à coup, le 6 novembre 1974, l’AS Saint-Etienne, qui avait sombré 4-1 dans le bourbier de Split contre l’Hajduk, l’emporte 5-1 au retour. Ce jour-là, les Verts ont décomplexé le football et le sport français en général. Ce sont eux qui ont jeté les bases de la victoire des Bleus en Coupe du monde, le 12 juillet 1998. L'an prochain on ouvrira le Musée des Verts. Les gens doivent pouvoir se retrouver dans un lieu où la riche histoire de l’ASSE sera contée, de 1933 à nos jours. Ce sera comme un monument qui rend hommage au football et à tous les anciens qui ont porté le maillot vert."
Dominique Rocheteau : "On sent que les gens s’identifient à cette équipe, parce qu’il y a une âme. On a retrouvé des valeurs. Tout le monde parle de Saint-Etienne en ce moment grâce à ça, pas seulement pour les résultats. On donne beaucoup de solidarité, de générosité sur le terrain. A l’époque, c’étaient déjà ces valeurs-là qu’on montrait. Il y a aussi Christophe Galtier à la baguette, qui apporte beaucoup, avec son caractère, bien sûr, son ouverture et son talent. Je me reconnais complètement dans l'équipe actuelle. On dit toujours que, le football, ce n’est plus pareil… Moi, je dis que non. On a réussi à construire ce groupe, dans un contexte où personne ne tire la couverture à soi. C’est un facteur de réussite, avec une certaine stabilité aussi. Quand on change souvent d’entraîneur ou de dirigeants, ce n’est jamais bon. Ce n’est pas comme ça qu’on obtient des résultats. Il faut du temps, que les personnes apprennent à bien se connaître. J’ai toujours défendu ces valeurs. Mais Christophe aussi, le président aussi. On est en osmose. Je rêve de battre Lyon. Faire en sorte que Saint-Etienne retrouve les soirées européennes. Que Saint-Etienne se stabilise, ce qui n’est pas évident dans le football moderne. Il y a l’aspect économique et, nous, nous essayons de suivre une politique un peu différente, avec environ 50 millions d’euros de budget. Il faut qu’on forme et qu’on vende bien. Saint-Etienne, c’est un retour aux sources, dans le club où je suis arrivé à 16 ans. S’il y avait un club dans lequel j’avais envie de retourner, c’était ici. C’était à la fois un grand bonheur et un challenge difficile, parce qu’il y a beaucoup d’attentes."
Philippe Gastal : "On va dire qu’il y a un frémissement, qui demande à perdurer. On a vécu tellement de moments rudes que personne ne veut s’emballer, mais c’est vrai que là, beaucoup d’ingrédients sont réunis. Il y a une équipe qui va de l’avant, une stabilité autour du trio Galtier-Romeyer-Rocheteau. Il faut rester humble, mais il n’y aurait rien de tel qu’une victoire dimanche pour entretenir l’euphorie. Un stade, un public, une équipe… Jamais la trilogie n’aura été aussi forte. C’est une terre de foot comme il y en a peu en France. Dans le nord, il y a Lens; dans le sud, il y a Marseille; et au centre, il y a Saint-Etienne. Ici, le football est roi, mais il reste à proximité des gens, de 7 à 77 ans. Ce club, c’est une histoire d’amour perpétuée à travers les générations – on en est à la troisième. Le «chaudron», je suis tombé dedans quand j’étais petit. C’est la passion. Tout ce que vous vivez enfant ou adolescent est encore plus fort. Comme dit Aimé Jacquet, quand on est Vert, c’est pour la vie. Aucun joueur, même s’il n’est resté ici qu’une année, ne peut demeurer indifférent à l’âme de l’ASSE. L’année charnière, c’est 1974. Reims avait fait sa dernière finale de Coupe d’Europe en 1959 et depuis, c’était la traversée du désert, d’autant que l’équipe de France ne faisait rien de bon. Et puis, tout à coup, le 6 novembre 1974, l’AS Saint-Etienne, qui avait sombré 4-1 dans le bourbier de Split contre l’Hajduk, l’emporte 5-1 au retour. Ce jour-là, les Verts ont décomplexé le football et le sport français en général. Ce sont eux qui ont jeté les bases de la victoire des Bleus en Coupe du monde, le 12 juillet 1998. L'an prochain on ouvrira le Musée des Verts. Les gens doivent pouvoir se retrouver dans un lieu où la riche histoire de l’ASSE sera contée, de 1933 à nos jours. Ce sera comme un monument qui rend hommage au football et à tous les anciens qui ont porté le maillot vert."
Dominique Rocheteau : "On sent que les gens s’identifient à cette équipe, parce qu’il y a une âme. On a retrouvé des valeurs. Tout le monde parle de Saint-Etienne en ce moment grâce à ça, pas seulement pour les résultats. On donne beaucoup de solidarité, de générosité sur le terrain. A l’époque, c’étaient déjà ces valeurs-là qu’on montrait. Il y a aussi Christophe Galtier à la baguette, qui apporte beaucoup, avec son caractère, bien sûr, son ouverture et son talent. Je me reconnais complètement dans l'équipe actuelle. On dit toujours que, le football, ce n’est plus pareil… Moi, je dis que non. On a réussi à construire ce groupe, dans un contexte où personne ne tire la couverture à soi. C’est un facteur de réussite, avec une certaine stabilité aussi. Quand on change souvent d’entraîneur ou de dirigeants, ce n’est jamais bon. Ce n’est pas comme ça qu’on obtient des résultats. Il faut du temps, que les personnes apprennent à bien se connaître. J’ai toujours défendu ces valeurs. Mais Christophe aussi, le président aussi. On est en osmose. Je rêve de battre Lyon. Faire en sorte que Saint-Etienne retrouve les soirées européennes. Que Saint-Etienne se stabilise, ce qui n’est pas évident dans le football moderne. Il y a l’aspect économique et, nous, nous essayons de suivre une politique un peu différente, avec environ 50 millions d’euros de budget. Il faut qu’on forme et qu’on vende bien. Saint-Etienne, c’est un retour aux sources, dans le club où je suis arrivé à 16 ans. S’il y avait un club dans lequel j’avais envie de retourner, c’était ici. C’était à la fois un grand bonheur et un challenge difficile, parce qu’il y a beaucoup d’attentes."