Portrait d'un joueur de l'ombre, qui aimait à se révéler en pleine lumière au meilleur moment...


Le natif de la Haute-Garonne erre, avant d'être repéré par... Garonnaire. En effet, originaire de Toulouse où il débute sous le regard bienveillant de son père Jean, lui-même ancien joueur du TFC, le petit Merchadier rejoint l'ASSE à l'adolescence après avoir tapé dans l'oeil du recruteur des Verts.
Bonne pioche ! En 1969, année érotique (victoire des Verts à Gerland 7-1 ou face au Bayern 3-0), le jeune Alain signe ses premiers exploits avant de remporter la Coupe Gambardella l'année suivante aux côtés des Christian Lopez, Jacques Santini, Christian Synaeghel, Patrick Revelli... La machine est lancée, déjà !



Merchadier (debout à gauche) parmi les futurs jeunes cracks de l'ASSE (photo L'Équipe)


Agé de dix-huit ans, Merchadier joue son premier match professionnel à Angoulême, qui oubliera quelques années plus tard son déclin footballistique pour devenir une place forte de la bande dessinée. Lancé par Albert Batteux, Merchadier peut compter sur la confiance de son successeur, Robert Herbin. Auteur de son premier but stéphanois à Lens en avril 1974 (victoire des Verts 3-2), il s'impose au poste d'arrière-droit et joue plus d'une centaine de matches de championnat pendant ses neuf années stéphanoises.



Élégant Merchadier en Vert en 1975


Champion de France trois années consécutives de 1974 à 1976, ce solide et rugueux défenseur s'illustre surtout en Coupe de France: sur ses 8 buts en Vert, 5 ont lieu lors de cette prestigieuse compétition. Et pas des moindres !
En 1974, il remplace Dominique Bathenay à l'heure de jeu lors de la finale contre Monaco. Sur son premier ballon, alors que les Verts mènent 1-0 grâce à un but de Synaeghel, Merchadier reprend victorieusement de près un tir du gauche de Gérard Farison. Même si le goléador Delio Onnis réduit le score quelques minutes plus tard, les Verts réalisent le doublé pour la troisième fois de leur histoire.



Merchadier l'opportuniste double la mise face à Monaco !


Mais c'est trois ans plus tard, lors de la dernière finale de Coupe de France jouée par les Verts, contre Reims, qu'il brille le plus. Les Verts étaient menés mais Bathenay a égalisé peu avant. C'est alors à nouveau lui, pourtant plus très souvent utilisé, qui va placer sa tête à cinq minutes de la fin du match et marquer un but décisif en finale de la Coupe de France. Merchadier, l'homme des coups en Coupe !



Merchadier et les Verts exultent: le défenseur offre sa 6e Coupe de France à l'ASSE


Alain joue également dix matches de Coupe d'Europe. Titulaire au début de la campagne européenne lors de la saison 1974-75, il perd progressivement sa place au profit de Gérard Janvion et ne joue finalement qu'une poignée de minutes lors de la fameuse épopée 1975-76. La saison suivante, il participe à Anfield Road au mythique quart de finale retour de la coupe d'Europe des clubs champions contre Liverpool. En l'absence d'Osvaldo Piazza, Alain Merchadier est associé en défense à Janvion, Farison et Lopez. Mais lors d'un duel aérien, un certain John Toshack lui donne un coup dans le nez, il doit céder sa place à Hervé Revelli et les Verts s'inclinent 3-1 au terme d'un match épique. C'est la fin d'une époque mais Merchadier choisit de faire une dernière saison à Saint-Étienne, malgré un temps de jeu limité.

Alain Merchadier (à droite) avec Jacques Santini en 1977


En 1978, il quitte le Forez après 9 ans de bons et loyaux services pour rejoindre l'ASNL, qui vient de remporter la Coupe de France grâce au jeune Platoche. Merchadier rejoint une sacrée bande de moustachus dopés au Fruité: Jean-Pierre Raczinski, Pierre Neubert, Carlos Curbelo, Jean-Claude Cloët... Pour autant, ce défenseur réputé dur sur l'homme (il avait brisé net la cheville de l'espoir nantais Angel Marcos le 24 mars 1973) n'arrive pas à s'imposer en Lorraine et décide donc d'aller terminer sa carrière de joueur à Blois.



La carrière sportive de Merchadier en un clin d'oeil


S'il n'aura connu que 3 clubs dans sa carrière, Alain Merchadier aura également porté le maillot bleu de l'Equipe de France. Cela est certes plus facile lorsque l'on joue dans l'équipe qui domine le championnat mais son nombre de sélections se limitera finalement à 5, toutes incluses dans la période transitoire 1973-75, alors que les Bleus, à forte tendance verte, ne sont qu'une équipe de seconde zone européenne.



Première des 5 sélections de Merchadier (à côté du gardien) face au Danemark en 1973


Une fois sa retraite sportive prise en 1982, l'ancien défenseur international choisit de rester dans le domaine du foot et rejoint alors les cellules techniques de plusieurs clubs à tendance rugbystique comme Castres ou l'AS Montferrand. Il devient ensuite Directeur Sportif du TFC où il se signale notamment en portant plainte contre l'ASSE lors de la triste affaire des faux passeports en 2000...
Alain Merchadier travaille ensuite une temps pour Panathénées Sport Management, une agence toulousaine spécialisée dans le marketing sportif, le mécénat, le management de personnalités et la formation puis devint dénicheur de talents en Haute-Garonne pour le compte de Lille en 2005 avant de devenir recruteur à Nantes en 2009.



Alain Merchadier, manager du FC Pau en 2014


Ce n'est que récemment que son destin le lie à nouveau aux Verts: en venant s'installer dans les Pyréenées-Atlantiques en 2013, Alain Merchadier devient le nouveau directeur sportif du Pau FC. Toujours ami avec Dominique Rocheteau, il engage une procédure de partenariat avec l'ASSE pour la détection et le recrutement dans tout le Sud-Ouest, les Verts n'ayant plus de recruteurs dans cette zone, laquelle est signée début 2014.
De jeune talent formé à l'ASSE, Merchadier est devenu un détecteur de talents: qui sait si la prochaine future pépite des Verts ne sera pas le fruit de son sens de l'opportunité ?