Brandao, un guerrier philosophe et poète
Avant d’affronter le QSG, Brandao s’est longuement confié dans la Pravda du jour. Un entretien trop puissant, beau comme du Paulo Coelho. Extraits.
"J’ai besoin de travailler pour ma famille. Que je sache, la vie n’est facile pour personne. Vous aussi, vous êtes un guerrier. Tous les gens qui sont en vie et en bonne santé sont des guerriers. Car chaque jour, tu dois lever la tête, suivre ton chemin et continuer à avancer. C’est le destin de l’homme de parvenir à surmonter la difficulté. Je l’ai encore vérifié lors de ma dernière histoire. Cette affaire a duré deux ans. Les gens m’ont critiqué sans savoir que, pendant ce temps-là, je souffrais. Mais je savais depuis le début que j’étais innocent. La justice l’a prouvé. Ça a été une expérience très amère à vivre. Aujourd’hui la vie à un goût de miel.
Je sais qu’on me reproche de ne pas être assez technique. Je fais mon travail et je dors tranquille, après avoir donné mon maximum. Parler, c’est facile. Ça ne m’a jamais préoccupé. Moi, je montre sur le terrain. Les gens se moquent trop des autres. Ils feraient mieux de parler moins et de travailler plus. Chacun a son talent et sa façon de se mettre en avant. Je ne veux être comparé à personne car je suis unique. Regardez mes doigts. Vos voyez mes empreintes digitales ? Personne ne possède les mêmes. Pourquoi ? Parce qu’elles sont uniques. Cela prouve que chaque homme l’est aussi.
Je suis resté en France pour prouver ce que je vaux. Pas aux autres, à moi. Pour continuer à avancer. Saint-Etienne a été le seul club à me tendre la main. C’est un grand club, dans lequel a évolué Michel Platini, très connu au Brésil, ainsi que des compatriotes comme Alex et Aloisio. J’ai consenti des efforts financiers pour les Verts. Nous avons trouvé un accord mutuel [ndp2 : selon la Pravda, il touche 67.500 € bruts mensuels de salaire fixe, plus une part variable en fonction des résultats]. Ma fin de carrière rêvée, ce serait de gagner un titre avec Saint-Etienne. Peu importe lequel. Après, je retournerai au Brésil vivre auprès de ma famille. Du moins, je l’espère. Car la vie change toujours de direction. Elle est comme les nuages : un jour ici, un autre ailleurs."