7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Bafé fan de Féfé

Elu meilleur joueur des vilains pour le deuxième mois consécutif, Bafé Gomis se livre aujourd'hui dans France Football. Il évoque sa période stéphanoise et sa relation avec Pascal Feindouno.

"J'ai parfois douté dans ma carrière, c'est humain. Quand je jouais à Saint-Etienne et que nous étions derniers, ce n'était pas facile. Des accusations non fondées de certains dirigeants m'avaient profondément déçu. Après, avec l'âge et le vécu, on comprend que ça fait partie du foot. Aujourd'hui, j'ai tourné la page. Je suis à l'OL, où j'ai pu compter sur le soutien du président et du coach à chaque fois que j'ai traversé des périodes difficiles. Ils se contentaient parfois d'une tape amicale, mais pour moi, c'était déjà beaucoup.

Je suis issu d'une grande famille où le quotidien n'a pas toujours été facile. Mon père m'a inculqué certaines valeurs. Il m'a notamment dit que seul le travail ferait de moi un homme. Il m'emmenait avec lui à la ville pour me familiariser avec les réalités de la vie. Je me souviens de visites à la banque où il me faisait prendre conscience qu'il lui était impossible de m'acheter certaines choses. Du coup, quand je suis arrivé au centre de formation de Saint-Etienne, à quatorze ans, j'étais beaucoup plus mûr que les autres. Je savais exactement ce que je voulais.

A Lyon le coach est confronté à de grands joueurs, à des hommes. Non pas qu'il y ait eu des petits joueurs à Sainté, mais on était beaucoup plus jeunes et on avait davantage besoin de cette proximité avec l'entraîneur. Moi, je sortais de la formation et Roussey m'a pris sous son aile. Une fois, alors que je n'avais pas plus de trois buts en L1, je me souviens lui avoir dit : "Coach Roussey, je veux être un grand joueur". Il m'a alors répondu qu'il pouvait m'aider à le devenir à condition de beaucoup travailler.

Avec Pascal Feindouno, on a une relation qui dépasse le cadre du football. D'abord parce qu'il m'a donné beaucoup de conseils lorsque j'étais à l'ASSE et, ensuite, parce qu'il a été mon idole. Quand il a marqué le but du titre des Girondins en 1999, au Parc des Princes, j'étais encore chez mes parents et il m'a fait rêver. Je voulais être lui, marquer un but décisif en L1 à 17 ans. Je lui ai toujours dit que c'était son premier fan, mais il ne m'a jamais cru, ça le faisait marrer. Pascal, c'est le joueur le plus doué avec qui j'ai joué. On se verra lors du dernier match de la saison à Monaco. Si on doit jouer le titre sur ce match-là, j'espère que Pascal sera dans un mauvais jour (rires) ! Mais je ne lui souhaite que du bonheur. Pascal m'aimait tellement que même sa femme m'aimait à travers lui. Quand j'avais des moments difficiles à Saint-Etienne, elle allait brûler des cierges pour moi, et ça m'a vraiment touché.

Un jour, Pascal m'a dit : "Si le gardien adverse foire son dégagement, tu dois être prêt à récupérer le ballon. Donc, ne quitte jamais des yeux ses relances au pied ou à la main." J'ai marqué deux fois grâce à ce conseil. Une fois face à Coupet, quand j'étais à l'ASSE, et récemment face à Edel."