7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Janot sain serein

Sobre et fort dans l'Impact, Jérémie Janot aborde avec sérénité sa 17ème saison professionnelle comme l'atteste ce dernier extrait de son entretien publié dans France Football vendredi dernier.

"Quand j'ai été appelé par Christian Gourcuff et le président de Lorient Loïc Ferry, des amoureux du beau jeu, pour dépanner pendant trois matches, j'ai été très flatté ! J'ai pris l'avion dès le lendemain matin et je me suis entraîné alors que je n'avais pas passé la visite médicale. On s'est maintenus, c'est le plus important. Quand la nouvelle saison aura commencé, si les gens du club ont une petite pensée pour moi, ça me fera chaud au coeur et ça me suffira. Que le président, le directeur sportif et l'entrepreneur principal vous estiment à 34 ans, ça me va. Je n'ai pas vécu cette pige comme une infidélité. Car, pour mon bagage de futur entraîneur, travailler avec Christian Gourcuff sur son célèbre 4-4-2, c'est très enrichissant. Et j'ai aussi découvert les méthodes de leur entraîneur des gardiens, Patrick Lhostis. J'ai la chance que mes dirigeants m'aient dit que pour services rendus je pouvais partir deux ou trois ans, puis revenir pour ma reconversion, même si contractuellement ce n'est pas possible. C'est très honorable de leur part. C'est un privilège. C'est beau ce qu'ils ont fait, je suis gâté ! Jouer en L2 ne me dérangerait pas. Ce ne serait pas un crime de lèse-majesté, car j'y ai fait pas mal d'années et ça m'a forgé pour la L1. C'est au feeling que ça se passera. Je sais que je peux rendre d'énormes services. Je suis bien dans ma peau, bien dans ma tête, et ce n'est pas une démarche individuelle.

Au Canada ou dans d'autres pays, on parle de performances. Pas de l'âge du mec. Qu'il ait vingt ou trente-huit ans, c'est sa condition physique qui compte et ce qu'il rend sur le terrain. C'est très français d'enfermer des gens dans un carcan et, une fois que tu es étiqueté ici, c'est difficile d'en sortir. Quand tu vois, la saison dernière, Teddy Richert ou Ulrich Ramé, tu te dis que c'est peut-être le petit plus des gardiens. La longévité est moins un problème, à condition de bosser plus. J'ai joué très tôt à Saint-Etienne les intérimaires, avant d'être numéro un pendant dix ans. Numéro un à Saint-Etienne, compte tenu de ce que représente le foot ici, c'était ce qu'il y avait de mieux avec Paris, Lens et Marseille. Ce n'était pas manquer d'ambition : à l'OM, il y a eu Barthez puis Mandanda; à Paris, Landreau puis Coupet. Les places de numéro un sont chères, et quand tu en as une, il ne faut pas la lâcher. Et dix ans à Saint-Etienne, ça en vaut vingt ailleurs ! Ce n'est absolument pas une tare d'être numéro deux. Je m'entends très bien avec Stéphane Ruffier. Je pense que je lui apporte quelque chose. C'est pêut-être présomptueux, peut-être qu'il vous dira le contraire, mais c'est ce que je ressens. J'essaie de le mettre dans les meilleures dispositions possibles sans aucune malice. Il est le numéro un de mon club, il est excellent. Je ne suis pas dans une démarche individuelle. J'aide le numéro un à être plus performant. Et si je dois répondre présent un jour, je répondrai présent."