7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Janot assure en MMA (2)

Après avoir publié la première partie hier*, le site de référence des MMA (Martial Mixed Arts) Ikusa publie aujourd'hui le second volet de son entretien avec Jérémie Janot. Morceaux choisis.

"Quand j’étais jeune et que j’étais au centre de formation de Saint-Etienne, tout juste jeune professionnel, la boxe thaïe était essoufflée après la disparition sur le circuit des combattants comme Dekkers. C’est à cette période que j’ai découvert sur internet un mec tatoué en train de mettre des KO à tout le monde et avec surtout un style qui me rappelait le côté debout que j’aimais bien. Et je me souviens que je m’étais dit à ce moment là que j’allais me faire le même tatouage, au grand dam de ma femme, et petit à petit j’ai découvert qui était Wanderlei. Je reste celui qui a fait venir Wanderlei dans les vestiaires contre Barcelone mais je me rappelle surtout à ce moment que les Brésiliens, que ce soit Ronaldinho ou Edmilson, étaient surpris de voir Wanderlei. Ils se demandaient ce qu’il faisait là car ils savaient qui il était. Ilan qui jouait à Saint-Etienne à l’époque me disait qu’il connaissait Wanderlei et je ne le croyais pas. Mais lorsqu’il m’a expliqué que c’était parce qu’il venait de la région de Curitiba, je me suis dit que le monde était petit. Le MMA commence à se populariser dans le milieu du foot. Je sais que je devais envoyer des DVD à Souleymane Diawara, le défenseur de l’Olympique de Marseille, chose que je n’ai toujours pas faite. On était partis ensemble en vacances un jour et je lui avais montré quelques vidéos qu’il avait adorées.

J’ai plusieurs idées en tête comme par exemple monter un centre de formation de MMA calqué sur le modèle du football ou alors me reconvertir dans le management des combattants car je pense avoir aujourd’hui au moins l’œil ou le talent pour accompagner des combattants. J'ai réussi à faire signer des contrats au foot alors pourquoi pas en MMA ? De toute façon aujourd’hui le sport c’est un business… Il y a plein de choses à faire et ce ne sera pas forcément un truc pour me mettre en avant. De toutes les manières, je compte rester dans le sport et le foot et le MMA feront partie de ma vie; ça fait 33 ans que ça dure donc ça continuera. D’ailleurs j’ai crée un club de foot en salle qui s’appelle « le Club 42 », une structure modulable pour pouvoir mettre un ring au centre de la salle. Une infrastructure de 8000 mètres carrés avec cette optique d’organiser des rencontres de boxe car il y a une bonne culture du « Noble Art » à Saint-Etienne. Ca fait 8 mois que le complexe a ouvert et la salle pourrait accueillir environ 4000 à 5000 personnes.

J’aimerais bien affronter un combattant. Mon rêve serait Sakuraba ! Bien évidemment il y aura 99,9% de chances que je perde mais j’aimerais l’affronter car c’est une légende et j’adore son sol, son côté spectacle. Si je dis aujourd’hui que je veux affronter un footballeur tous les médias vont le reprendre et j’ai récemment vu l’ampleur que peut prendre de telles news sur Twitter...   J’ai trop de respect pour le MMA, pour ce sport et leurs combattants que je ne viendrais pas pour faire du show ou me mettre en valeur pour ma gloire personnelle. Si un jour je combats, ce sera face à un véritable combattant avec un vrai danger, je ne vois pas l’intérêt de faire un combat-show. En revanche si cela devait m’arriver je me donnerais par exemple deux ans pour me préparer correctement et pas accepter un combat trois mois après avoir arrêté ma carrière de footballeur. A partir de ce moment je serais prêt à affronter un combattant qui me mettrait la raclée parce que je ne vois pas l’intérêt de monter sur un ring en sachant d’avance que je gagnerais. Et dans tout ça mon rêve ultime justement serait de combattre Sakuraba même si je suis fan de Wanderlei.


Personnellement, en 15 ans de football je n’ai jamais vu de dopé parce que lorsqu’on a les pieds carrés on le reste. Demain je peux prendre tous les produits que je veux mais je ne deviendrais jamais un Lionel Messi balle aux pieds, donc en MMA c’est pareil aussi. Qu’il y ait des gens qui se dopent en MMA, ça doit se faire partout, c’est le sport. Et de toute façon, je pars du principe que le dopage t’avantage sur certains points mais te désavantage quelque part donc quand on fait la somme on arrive presqu’au même résultat que quelqu’un qui ne se dope pas. Je ne connais pas grand-chose mais si un combattant qui se dope peut encaisser un certain nombre de coups pendant ses deux premiers combats, peut être que lors du troisième il sera plus vulnérable. De toute les manières il y a une santé derrière, et personnellement si je pouvais améliorer mes performances de 50% avec un produit, je ne sais pas quelle serait ma réaction mais je prendrais en compte le fait que j’ai trois enfants, une femme et ma maman.

A la rigueur, en toute sincérité, je dirais que le dopage en MMA je m’en fous. Je suis là pour regarder deux combattants avec une stratégie et ce qu’ils font avant ça ne regarde qu’eux. Mais si un combattant est chargé à fond, qu’il a une ceinture et qu’il peut se regarder dans un miroir eh bien tant mieux pour lui. Moi je sais que je ne pourrais pas, c’est surtout un truc entre toi et ta conscience. Quand je vois les entrainements des combattants professionnels je vois que ça représente une quantité de travail énorme et également beaucoup de sacrifices. Pour faire un parallélisme avec le football, je fais actuellement un métier formidable mais je me suis battu pour arriver à ce niveau et des fois si tu peux avoir un coup de main la tentation est forte, mais c’est vraiment un sacré dilemme, surtout par exemple lorsque l’on est dans une période de déclin et que malgré tous les efforts à l’entrainement on n’y arrive pas, on se demande parfois quelle solution il reste. C’est vraiment compliqué et ce n’est pas que le dopage dans le MMA mais dans le sport en général.

J’ai plein de copains dans le monde du foot mais seulement deux amis que sont Loïc Perrin et Zoumana Camara. Et en MMA, j’ai Cyrille Diabaté et Bertrand Amoussou, deux personnes que j’apprécie énormément. Donc égalité 2 partout. Wanderlei Silva m’a tiré des pénaltys au stade Geoffroy-Guichard et ce n’était pas trop ça. On comprend pourquoi ils ont fait du MMA… Si je devais recruter des combattants de MMA à l'ASSE,  je verrais bien Cheick Kongo et Cyrille Diabaté en défense centrale pour prendre les ballons de la tête. Sur les cotés, je mettrais Gregory Babene et Karl Amoussou pour être sûr que personne ne passe. En attaque un type rapide, puissant et malin… un Georges Saint Pierre ! En numéro 6 un pitbull qui ne lâche rien comme Damien Riccio. Avec cette base de la défense Kongo-Diabaté-Riccio je suis sûr que je ne prendrais pas beaucoup de buts, par contre il y aura beaucoup de cartons rouges !"

* http://www.poteaux-carres.com/potin-B5120110128210000-Janot-assure-en-MMA.html