6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Pouliquen, l'agent policé

Comme l'ont fait avant lui plusieurs autres anciens Verts (Jean-François Larios, Fabrice Mège et Jean-Luc Sassus), Yvon Pouliquen se lance à son tour dans la profession d'agent de joueurs. Après avoir évoqué sa reconversion dans France Football et sur RBS, l'ancien milieu de terrain stéphanois parle de son nouveau métier dans Le Télégramme. Extraits.

"A 50 ans, j'ai dû me remettre aux études. Il y a deux modules pour devenir agent et vous ne pouvez prétendre au deuxième que si vous avez obtenu le premier. Le premier est mis en place par le CNOSF, et porte sur le droit du travail et le droit fiscal. Sur 516 candidats, on est à peine 20 à avoir été reçus. Le second module porte sur les règlements du foot, de la FIFA, de la LFP, sur les indemnités de formation, par exemple. Et je n'y ai pas rencontré d'ancien joueur ou entraîneur de haut niveau. Au niveau où j'ai joué et entraîné, je dois être le seul comme agent.

J'ai toujours trouvé qu'il y avait des choses intéressantes à faire en tant qu'agent. Dans ma carrière, j'ai vu des joueurs transférés n'importe où, d'autres se perdent avec l'attrait de l'argent. Je pense qu'en tant qu'ancien joueur et ancien entraîneur, je suis bien placé pour donner des conseils, pour guider une carrière. Mon passé de joueur et surtout d'entraîneur peut faciliter les choses au début de la relation avec le joueur. Aux yeux des parents des jeunes, c'est peut-être plus rassurant de savoir qu'ils ont affaire à quelqu'un qui est passé par toutes ces étapes et connaît bien le milieu du foot. Après, c'est comme partout, il faut faire ses preuves, se faire un nom. Les choses seront sûrement difficiles au départ.

Je ne souhaite pas être un agent conciliant. Certains joueurs n'ont peut-être pas l'habitude de se faire rentrer dans la gueule par leur agent mais s'il faut le faire, je le ferai. Mon idée, c'est de permettre aux joueurs de faire quinze ans de carrière, pas de leur assurer un bon contrat. Je préfère trouver au joueur le club qui lui correspond le mieux (…) Il s'agit avant tout de conseiller le joueur car, au final, c'est lui qui choisit. Mais lui répéter qu'il est le plus beau et le meilleur alors que ce n'est pas le cas, je n'agirai pas comme ça.

J'ai vu défiler certains agents qui donnaient l'impression de vous vendre le meilleur joueur du monde… Je leur disais alors : mais s'il est si bon que ça, ce n'est pas chez nous qu'il faut venir ! Mais je crois que le métier d'agent a évolué positivement ces dernières années. Pour moi, la meilleure façon de procéder, c'est d'être le plus honnête possible avec les clubs : il faut présenter le joueur tel qu'il est. Sinon, c'est le meilleur moyen de discréditer ce joueur mais aussi vous-même en tant qu'agent auprès de ce club.

Je vais attaquer cette année, je serai basé près de Lorient et je vais voyager. En Bretagne bien sûr mais aussi partout en France et à l'étranger s'il le faut. J'ai déjà reçu des propositions d'autres agents qui voulaient travailler avec moi mais je me doute bien que c'est surtout pour mon carnet d'adresses et parce que je connais beaucoup de directeurs de centres de formation. Mais mon idée, c'est de créer ma propre structure avec deux "écuries" distinctes : la première composée de joueurs déjà pros et la seconde de jeunes joueurs qui ont leur carrière à construire. Ces joueurs en formation sont souvent impatients de réussir. Or, pour moi, la patience est nécessaire dans une carrière pro."