Une saison seulement, sans un seul but marqué ?
Mais oui, ca suffit pour entrer dans l'éphéméride Poteaux-Carrés...


Christophe Ohrel voit le jour le 7 avril 1968 à Saint-Dié (Vosges).
Milieu de terrain de devoir, il commence surtout à faire parler de lui sous le maillot de Lausanne Sports au début des années 1990. Cette montée en puissance lui vaut de franchir le Lac Léman pour rejoindre les rangs du prestigieux Servette de Genève, où il poursuit sa progression linéaire et devient un élément incontournable de l'entrejeu. Il y inaugure son palmarès avec un titre de champion de Suisse en 1994.



Christophe Ohrel débouche le champagne: il est champion de Suisse en 1994


Ohrel devient rapidement l'un des joueurs les plus en vue du championnat helvétique. International depuis 1991, c'est donc tout naturellement qu'en 1994 il décroche sa sélection parmi les 22 Suisses retenus pour la Coupe du Monde aux Etats-Unis. Ohrel est titulaire au sein de la Nati et atteint les huitièmes de finale, aux côtés des meilleurs joueurs de sa génération qui se nomment alors Chapuisat, Sforza, Knup, Sutter, Bregy, Pascolo, Hottiger, Grassi, sans oublier deux éléments bien connus dans le Forez: Alain Geiger et Nestor Subiat. Mais la Roja espagnole met brutalement fin aux parcours des Suisses 3-0.



Ohrel à la poursuite de Valderrama lors de Colombie-Suisse 1994


L'été 1994 marque néanmoins un tournant dans la carrière d'Ohrel puisque c'est à ce moment-là qu'il décide de quitter son pays pour la France. Reconnu hors de ses frontières, il est en effet prêté avec option d'achat pour une saison à Rennes. En Bretagne, il devient là encore assez vite l'une des pièces maîtresses d'un club qui ne dispute que le milieu de tableau. Mais il est régulier, aussi beaucoup s'étonnent qu'à la fin de la saison 1994-95, les Rennais ne fassent pas jouer leur option d'achat.
Christophe Ohrel, qui ne souhaite pas pour autant quitter la France, fait alors ses valises pour l'AS Saint-Étienne, relégable mais dont la tête en première division vient d'être sauvée in-extremis par la rétrogradation administrative de Marseille.



Ohrel devient rennais le temps d'une saison en 1994


Cette saison 1995-96 est très difficile pour les Verts. Minés par des problèmes extra-sportifs, les Stéphanois vivent une saison calamiteuse et malgré toute sa bonne volonté, Ohrel ne peut pas faire de miracle dans l'entrejeu. En compagnie de Moravcik et de Sandjak, il est l'un des seuls joueurs d'expérience du club. A leurs côtés on trouve un grand nombre de joueurs du centre de formation (Coupet, Mannucci, Harchèche, Bastou, Potillon, Aulanier....) et quelques recrues au rendement insuffisant (Soucasse, Cuca...). Il est cependant l'un des joueurs les plus réguliers de l'effectif et joue 37 matches, sans inscrire le moindre but néanmoins. L'ASSE termine à la 19e place et descend en deuxième division pour trois longues années.



La carrière de Christophe Ohrel jusqu'à son départ des Verts


Ohrel, toujours international Suisse (56 sélections, 6 buts) ne veut pas évoluer à l'échelon inférieur et devenir un Helvète underground. Il quitte donc le Forez après une seule saison sous la tunique verte et rentre au pays pour signer de nouveau à Lausanne Sports, où il n'a laissé que des bons souvenirs. Dans le Vaud, il devient capitaine, accomplit plusieurs saisons réussies et remporte notamment la Coupe de Suisse en 1998 et en 1999. Il est même élu meilleur milieu de terrain du championnat suisse en 2000.



Captain Ohrel soulève la Coupe avec Lausanne en 1999


A partir de 2001, il porte ensuite les couleurs de Lucerne (où il affronte son... beau-frère Stéphane Chapuisat), puis d'Yverdon et du CS Chênois, club où il arrête sa carrière en 2003-04. Il devient ensuite entraîneur de plusieurs clubs de ligue 2 suisse: le FC Renens (2004-05), le Stade Lausanne Ouchy (2005-06), l'ESFC Malley (2006-07), le FC Echichens (2007-08), encore le Stade Lausanne Ouchy (2008-10) et le FC Forward Morges où il est entraîneur en 2010-11 puis directeur technique depuis 2011... aux côtés du nouvel entraîneur, un certain Pierre-Albert Chapuisat... Le papa du beau-frère... vous suivez ?...



Christophe Ohrel directeur sportif de Forward Morges en 2011


Mais la belle histoire s'arrête suite à un coup de sang: lors d'une rencontre entre Forward Morges et Champvent (2e ligue régionale vaudoise) en novembre 2013, Christophe Ohrel s'en prend à des officiels au sujet d'une décision disciplinaire liée à une rencontre antérieure et écope d'un an de suspension de toutes fonctions. Il met alors son activité entre parenthèses et se consacre à son agence de placement Valjob.
Qui a dit que les Suisses étaient toujours tout calmes ?