Guilavogui au frais mais pas frileux
Après avoir quitté Michaël Manuello pour Etienne Mendy et après s'être désengagé du fonds d'investissement Doyen Sports qui détenait les droits de propriétés sur lui, Josuha Guilavogui revit à Wolfsburg. L'ancien milieu de terrain stéphanois s'en explique dans la dernière édition de France Football.
"Mon transfert à l'Atletico Madrid n'aurait pas plus mal se passer. Quand on prépare un transfert, il faut réaliser un travail en amont, et pour moi, ce travail n'a pas été fait. Les nuits étaient courtes. Quand tu es jeune et que tu arrives en Espagne pour ton premier transfert à l'étranger, tout est différent. Lorsque j'ai débarqué à Madrid, le coach ne me parlait pas. Il ne me connaissait même pas. D'ailleurs, il n'était au courant ni de mon transfert, ni de mon arrivée. Ça, j'en suis certain, parce que lors des premiers entraînements, il m'appelait "Josué." J'aurais dû faire preuve de plus de fermeté quand j'insistais pour discuter avec lui. Mais cette expérience m'a beaucoup changé. Maintenant la page est tournée et je n'en veux à personne. Avec Simeone, il faut se mettre au diapason. C'est la grinta mélangée avec beaucoup de tactique. Lors des entraînements, tout le monde tacle, tout le monde sprinte, tout le monde crie. Moi, j'ai eu du mal à m'adapter à tout ça parce que je ne suis pas quelqu'un qui crie ou qui met des coups à l'entraînement. Maintenant, je sais faire aussi, grâce à Simeone.
J'ai expérimenté le côté le plus difficile du foot. Lorsqu'on t'enlève le terrain, ta vie s'effondre. Plus rien n'a alors d'importance. Tu te fous de tout, tu te fous de bien gagner ta vie, d'avoir une belle maison ou même d'être dans une belle ville. Tu te fous aussi de vivre au soleil… Aujourd'hui je suis à Wolfsburg, il fait très frais, la ville est beaucoup plus petite que Madrid, mais j'ai le sourire, je suis heureux. Et ça, ça n'a pas de prix. Certains ont pu s'étonner de mon choix, mais au vu de cette première partie de saison, les résultats montrent que je ne me suis pas trompé. Je suis fan de la Bundesliga. C'est très différent de la Ligue 1, plus frileuse. Chez nous, quand une équipe prend un point à l'extérieur, on considère que c'est un bon point de pris. En Allemagne, on ne raisonne pas comme ça. On joue toujours pour gagner. J'ai envie de m'inscrire dans la durée avec Wolfsburg. Maintenant, je vis au jour le jour. Lors de mes débuts avec Sainté, tout allait pour le mieux, j'ai gagné un titre, j'ai intégré l'équipe de France, je rêvais en grand. Après je pars à l'Atlético, et là, boum ! je commence à douter : "Est-ce qu'un jour je vais recommencer à enchaîner de bonnes performances ?" Six mois plus tard, je pousse un gros ouf de soulagement. Tout va si vite…"