7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

La symphonie inachevée de Pascal Dupraz

Dans son bouquin Temps additionnel paru jeudi dernier aux éditions Solar, Bernard Caïazzo revient sur le passage de Pascal Dupraz à l'ASSE. Extraits.

"Pascal Dupraz aura eu un défaut, un seul, qui favorisera malheureusement la chute du club : on l’avait engagé pour 19 matches [il a entraîné en fait 25 fois les Verts : 2O en L1, 3 coupe de France et 2 en barrage, ndp2] alors que si on l’avait pris pour 10 matches, jamais Saint-Etienne ne serait descendu (…) Il nous avait sorti de la zone de relégation et avait dit fin mars : "La saison prochaine, j’irai voir la Ligue 1 depuis le Kop." Cette déclaration était très maladroite. D’abord, on était loin d’être maintenu en Ligue 1. Ensuite, quand un entraîneur réussit l’opération maintien, en général on le conserve. A quoi bon proclamer des phrases pareilles, au risque de perturber le groupe ?

Je parle de 10 matches car c’est le laps de temps durant lequel il est arrivé à redresser la situation. Mais ce fut finalement une "symphonie inachevée" D’un maintien presque dans la poche 4 journées plus tôt, on s’est retrouvé en ballottage. A Auxerre, à l’aller, on menait 1-0 un match qu’on menait de la tête et des épaules. Il devait se traduire au tableau d’affichage par 2 ou 3 buts d’écart. Mais Pascal décida de jouer la carte défensive au lieu d’enfoncer le clou et Auxerre égalisa dans les dernières minutes.

3 jours plus tard, à Geoffroy-Guichard, alors que Saint-Etienne était largement supérieur, il passa a un système à 3 défenseurs que l’équipe n’avait jamais pratiqué. Or on n’improvise pas un tel système qui réclame un travail de longue haleine, de la coordination et de l’expérience. Auxerre en a profité pour ouvrir le score. Et arrivé à la séance de tirs au but, on savait tous que notre gardien [Paul Bernardoni, ndp2] n’était pas un spécialiste.

C’était la fin du monde, tout s’écroulait. Le choc subi fut terrible. Les supporters, furieux, envahirent le terrain et mirent le feu au stade (…) C’est le pire souvenir de ma période stéphanoise, y compris familiale. Mon fils, âgé de 15 ans, s’enferma une semaine dans sa chambre et tomba en dépression. Ce fut pour moi une souffrance terrible, comme si on m’enfonçait des aiguilles dans le corps."