Peyton by Depriest

En attendant le match de championnat de dimanche après-midi face à Grenoble, petite interview sympa de la goaleador américano-stéphanoise Peyton Depriest (11 buts) dans le nouveau Maillot vert :
Quel est ton premier souvenir de foot ?
Mes premiers souvenirs de football, j’ai autour des trois ans. Je jouais dans une petite structure avec les enfants de mon quartier. J’ai commencé avec eux pour faire comme ma grande sœur qui jouait déjà au football. Mon père était également coach, c’était une affaire de famille.
Tu peux nous parler de ton premier club ?
Aux États-Unis, c’est un peu différent de l’approche française. J’ai débuté dans ce qu'on appelle une « recreation league », un championnat pour enfants avec l’un des parents qui fait office de coach. Je n’ai rejoint un club qu’à l’âge de 8 ans, qui s’appelait l'Impact. Je jouais également au basket et certaines coéquipières m’avaient conseillé de rejoindre cette équipe. C’est là que j’ai commencé à vraiment apprendre le football : le placement, le geste technique…
Quel est ton plus beau souvenir sur les terrains ?
Je pense que ça remonte à 2017, lorsque mon équipe a été sacrée championne des États-Unis. C’était ma dernière saison à ce niveau aux côtés de filles avec lesquelles j’évoluais depuis parfois près de dix ans. Terminer cette aventure sur ce trophée… C’était la meilleure des fins. Après, on est toutes parties évoluer dans des lycées différents. Je pourrais également parler de mes années universitaires. J’ai eu la chance d’obtenir des trophées sur le plan personnel : meilleure buteuse, meilleure passeuse... Ce sont des récompenses individuelles importantes pour moi !
Et ton plus mauvais ?
C’est probablement lorsque je me suis rompue mes ligaments croisés pour la deuxième fois. Ça m’est arrivée une première fois à 14 ans puis une seconde, sept mois plus tard. Même genou, même blessure… C’était difficile mentalement de rester motivée et de ne pas me décourager. Surtout qu’à cet âge-là, j’étais à un tournant de mon début de carrière, au moment même où les collèges effectuent leurs recrutements et approchent leurs futures joueuses.
Pourquoi avoir rejoint l'ASSE cet été ?
J’ai choisi la France et plus particulièrement Saint-Étienne car je venais d’un championnat assez méconnu aux États-Unis et j’étais arrivée à un moment de ma carrière où je souhaitais passer un cap. J’étais à l’aise dans ma division, je voulais me challenger, sortir de ma zone de confort. C’était aussi un grand changement de vie pour moi qui n’avait jamais déménagé et quitté mon pays. J’avais besoin de cela.
Comment se sont passés tes débuts ici ?
Mes premiers mois ont été difficiles. Je suis quelqu’un de très indépendant mais il fallait apprendre un nouveau mode de vie. Heureusement j’ai eu la chance de rejoindre un effectif avec plusieurs joueuses bilingues. Ça m’a aidé pour la traduction et l’adaptation. J’ai aussi rejoint une ville à taille humaine où il a été plus simple de s’intégrer rapidement. Désormais, je continue d’apprendre le français. J’ai plutôt grandi avec l’espagnol, ce qui ne m’aide finalement pas tellement (rires). Le français est une langue difficile mais je le travaille.
Sportivement, tout va bien pour toi... Tu es la meilleure buteuse du club avec 11 réalisations !
C’est un rêve qui devient réalité. Pour moi, une petite fille américaine, imaginer un jour devenir professionnelle et vivre mon rêve en France aux côtés de coéquipières qui me rendent meilleure sur le terrain et me motivent au quotidien, c’était impossible à imaginer ! J’en suis très heureuse.
Comment tu abordes cette fin de saison ?
L’approche est la même depuis le début ! On prend les semaines une par une avec l’envie d’obtenir des résultats chaque week-end. Il reste encore beaucoup de rencontres à jouer. Beaucoup de choses peuvent arriver… Je me concentre sur chaque séance, chaque match avec l’envie d’aider l’équipe à atteindre son objectif.
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
Être en bonne santé car on oublie souvent que c’est le plus important dans la vie et pour pratiquer ce sport.
Et pour terminer, on a envie de te demander... Que penses-tu du Peuple Vert ?
Je n’ai jamais vu ça ! C’est incomparable avec ce qu’on a aux États-Unis… Ici, les supporters sont fidèles, sont passionnés. Je sais qu’ici, à l’ASSE, les supporters sont connus pour ça et c’est une chance de pouvoir assister aux matchs à Geoffroy-Guichard et de compter sur leur soutien lors de nos rencontres. Je voudrais les remercier et les encourager à venir de plus en plus nombreux nous encourager. On est tellement heureuses lorsqu’on peut compter sur eux !