On doit beaucoup aux poteaux carrés

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Auteur de Putain de Poteaux Carrés !, roman policier paru le mois dernier et disponible sur Amazon en version papier et en format Kindle, Christophe Perrier s'est confié le week-end dernier au site ligérien M'informer. Extraits.

"Je garde une émotion intacte de ce 12 mai 1976. Une blessure devenue belle avec le temps. Je crois que cette finale perdue a paradoxalement scellé l’identité du club mieux qu’une victoire n’aurait  mai pu le faire. Les poteaux carrés sont devenus mythiques précisément parce qu’on n’a pas gagné. C’est ça qui rend cette histoire éternelle. Et puis je garde une certaine vision du football. Celui d’avant l’argent, celui où les joueurs restaient sept ans dans le même club, où on connaissait leurs femmes et leurs enfants.

Ce football-là n’existe plus. Vis-à-vis de l’équipe elle-même, cela m’a permis de continuer à la considérer comme mon équipe de coeur, même si depuis 40 ans, il y a eu plus de bas que de haut. je désespère de constater que le Bayern tient toujours le haut du pavé et que nos Verts n’ont pas eu la descendance que l’on aurait pu espérer. Certains dirigeants ont je pense beaucoup contribué à saborder la continuité de cette belle aventure.

À 10 ans, c’est la première fois que j’ai ressenti une émotion collective aussi forte. Partager une déception avec toute la France, comprendre qu’on faisait partie de quelque chose deplus grand que soi. Même si les réceptions qui ont été organisées, notamment celle du Président dela République, nous laissaient penser que quelque part, on avait quand même gagné. Et c’est aussi la première fois que j’ai compris que la vie ne donnait pas toujours ce qu’on espérait, même quand on le méritait. Une forme d’éducation, en somme. Dure mais formatrice.

Je n’en veux à personne et certainement pas aux poteaux. Dominique Bathenay et Jacques Santini eux-mêmes ont dit que rien ne prouve qu’avec des poteaux ronds le ballon serait entré. C’est ça qui fait la beauté de cette finale : on ne saura jamais. Et c’est précisément cette incertitude qui entretient le mythe. Si on avait gagné, on en parlerait beaucoup moins 50 ans après. Les poteaux carrés ont fait des Verts de 76 une légende éternelle. D’une certaine manière, on leur doit beaucoup."

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