Romarin mi-vert mi-vilain
Gérant de Financière Dioclès, l'ex-vilain et ancien Vert Romarin Billong (44 ans) évoque le derby dans la dernière édition de La Croix.
"Au début des années 90, l’entrepreneur chargé de rénover les vestiaires du stade Gerland avait posé des carreaux blancs et verts. Quand on est entré, on s’est tous exclamés : ”Ce n’est pas possible !” Tout a été refait la semaine suivante. La rivalité était exacerbée dès les catégories de jeunes. On surmédiatisait des victoires d’adolescents de 14 ans. Je trouvais d’ailleurs cela un peu outrancier.
J’ai été très clair dès le départ avec les supporteurs des Verts quand j'ai rejoint Sainté en 1995. J’ai répété que j’étais Lyonnais, que je le resterais, mais que je ferais mon métier du mieux possible. À partir de là, j’ai été très bien accueilli et cela s’est toujours bien passé. Finalement, je me suis fait surtout gentiment "allumer" par mes amis de Lyon qui me prenaient pour un traître.
A Saint-Etienne, les relations sont plus simples qu'à Lyon. Je suis un compétiteur, le derby c’est le genre de match qu’on a envie de disputer. Cela dit, cette rivalité est surtout entretenue par les dirigeants. C’est un peu une posture. Mon fils aîné, Pierre, est né à Lyon. Son cadet, Alexandre, a vu le jour à Saint-Étienne. Chacun est resté fidèle à son lieu de naissance. Je les ai vus se fâcher et ne plus se parler à cause du foot. Ils ont tête le 19 avril prochain et vont se chambrer toute la semaine."