7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Néry revient sur ses vertes années

Lanterne rouge du championnat avec le VAFC, Loris Néry a retrouvé une place de titulaire depuis que Daniel Sanchez a été remplacé par Ariel Jacobs. Avant de disputer demain à Ajaccio un match important pour le maintien, l'ancien défenseur stéphanois revient aujourd'hui sur ses vertes années dans La Voix du Nord.

"Une passe compliquée comme celle qu’on traverse actuellement, j’avais connu ça comme supporter de Saint-Etienne mais je n’avais encore jamais vécu ça de l’intérieur. On va tout faire pour remonter la pente, on va s’accrocher. Avec le changement d’entraîneur, on se retrouve tous sur un pied d’égalité au sein du groupe, à nous de faire nos preuves sur le terrain. Ça a redistribué les cartes, et parfois, ce n’est pas plus mal. C’est par la concurrence qu’on s’en sortira.

Sainté, c’est ma ville natale, là où j’ai toujours vécu, où j’ai fait toute ma formation, où j’ai signé mon premier contrat pro, où j’ai débuté en Ligue 1… C’est tout le début de ma carrière, va-t-on dire. Dès que j’ai été en âge de jouer au foot, à 5-6 ans je crois, j’ai pris une licence à l’ASSE. Après, vers 10 ou 11 ans, je suis parti à Andrézieux parce que j’avais besoin d’aller voir ailleurs. L’entraîneur avait fait savoir qu’il ne comptait pas sur moi. Ensuite, Saint-Etienne m’a rappelé pour que j’évolue sous ses couleurs en moins de 13 ans. À Andrézieux, j’ai été surclassé deux ans en moins de 13, on évoluait à un très bon niveau, en Honneur régionale, on jouait contre Saint-Etienne, Lyon… Je n’ai pas perdu mon temps là-bas, au contraire ; ça m’a aidé à sortir du contexte professionnel. Saint-Etienne, c’est la meilleure équipe de la région, tu es pratiquement sûr de gagner tous les matches hormis les derbies contre Lyon.

J’ai toujours voulu devenir professionnel. Depuis le jour où je suis allé voir un match avec mon père, à Geoffroy-Guichard, du temps d’Aloisio, Alex… Je n’ai jamais dévié de cette trajectoire. J’ai pratiquement toujours été surclassé, je faisais six mois dans ma catégorie, puis j’allais au-dessus. À l’époque, je jouais dans l’axe, c’était autre chose. J’étais tout le temps capitaine. Ça s’est bien passé jusqu’en CFA où on m’a changé de poste, on considérait que j’étais trop petit pour que ça passe au haut niveau. Je n’avais jamais eu de grosse difficulté en défense centrale, j’ai un bon jeu de tête. Mentalement, j’en ai pris un coup. Je n’avais pas trop de repères sur le côté, il m’a fallu une petite année pour me familiariser. Au poste de latéral, je me sentais peut-être un peu moins important qu’en charnière centrale. Mais j’ai passé ce cap, j’ai beaucoup travaillé. Ça m’a permis d’intégrer le groupe pro et de signer mon premier contrat pro. Mes débuts, je les ai faits en coupe contre Bordeaux, on avait gagné 2-0. En championnat, ils m’avaient aligné contre Caen, on avait fait match nul. Ce sont forcément des souvenirs qui marquent.

Malgré tout, je suis parti, parce que j’avais un différend avec les dirigeants de Saint-Etienne. J’étais en manque de temps de jeu, et à mon âge, jouer c’est ce qui prime. Dès lors que Saint-Etienne avait fait le choix de me mettre en CFA, le mieux, pour moi, c’était de partir. Je voulais prolonger mon contrat, nous n’étions pas d’accord sur la durée et sur d’autres petits détails… Ça a été très difficile pour ma famille et moi. Mon objectif, ça a toujours été de m’imposer dans mon club de cœur, dans ma ville… À Valenciennes, tout le monde a été très bien avec moi, que ce soit le président, Pierre Wantiez ou Patrick Cognasse. Ils sont venus me voir jouer en CFA, ils m’ont dit de ne pas paniquer, qu’ils comptaient sur moi. Valenciennes, ça ressemble beaucoup à Saint-Etienne, ce sont deux villes minières, les gens y sont très chaleureux, ils vivent vraiment pour le club. Ici, j’ai retrouvé du temps de jeu, j’ai pu regoûter à l’équipe de France espoirs la saison dernière."