7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Du plomb dans le bronze

De quoi donner de l'eau au (jessy) moulin de Nanard ? La troisième place briguée par les Verts pourrait annoncer des lendemains qui déchantent selon Geoffroy Garétier. Président du CRISS (Centre de Recherche en Intelligence Statistique et Sportive), cet ancien redac chef de la Pravda s'est amusé à analyser toutes les saisons de Ligue 1 depuis 2002-03, liant victoire à trois points, championnat à vingt clubs et Ligue des Champions en version XXL. Publiée sur son blog, cette étude a permis à l'ex grand reporter au JDD d'identifier trois symptômes de la troisième place, qui peuvent aisément muter en syndrome.

1/Un statut social éphémère
- Sur dix championnats disputés sur la décennie 2002/2012, un seul club (10% du panel) a réussi à se maintenir à la troisième deux saisons consécutives: Monaco, en 2003-04 et 2004-05. Tout en ayant perdu 12 points d'une saison à l'autre.
- Deux clubs (20%) ont progressé d'un rang: l'OM en 2008-09 et les vilains en 2009-10. Les deux clubs français ayant connu le plus fort taux de participation à la Ligue des Champions sur la période: 60% pour le premier, 100% pour l'autre. 
- Sept clubs (70%) ont régressé l'année d'après, de manière parfois spectaculaire: six places perdues pour Auxerre en 2010-11, sept pour Monaco en 2005-06 et Lille en 2006-07, quatorze pour Toulouse en 2007-08 !
- Le classement moyen d'un club l'année suivant la troisième place ? Septième. Aucun n'a été couronné champion de France.
- Le total de points moyen d'un club l'année d'après ? 58,8, soit une perte moyenne de 7,74 pts par rapport à la saison suivante !



2/Un renoncement à tout trophée

- Toujours entre 2002 et 2012, aucun club n'a gagné l'une des deux coupes nationales l'année de son accession à la troisième place du podium. Un seul y est parvenu l'année d'après: les vilains, vainqueurs de la Coupe de France en 2011-12, saison ponctuée par une quatrième place en L1, une finale de Coupe de la Ligue et un huitième de finale de la Ligue des Champions.
- Sur la même période, deux futurs champions de France ont gagné la Coupe de France (les vilains en 2008, Lille en 2011) et deux, la Coupe de la Ligue (Bordeaux en 2009, Marseille en 2010); un champion en titre a décroché la Coupe de France (les vilains en 2008) et un, la Coupe de la Ligue (OM 2011).     
- Enfin, pour asseoir la comparaison, un futur vice-champion a remporté la Coupe de France (PSG 2004) et deux, la Coupe de la Ligue (Monaco 2003, OM 2011); trois vice-champions en titre ont remporté la Coupe de la Ligue (Bordeaux 2007 et 2009, OM 2010).
- L'analyse des données l'indique clairement, les deux premiers du championnat forment un couple; le troisième n'est rien, sauf s'il s'agit des vilains. Ce que confirme la saison actuelle des banlieusards : piteusement éliminés en barrage d'accession à la Ligue des Champions, actuels sixièmes de L1, ils joueront la finale de la Coupe de la Ligue, le 19 avril face au QSG.

3/Le mirage de la Ligue des Champions
- Concernant la compétitivité européenne, le verdict demeure implacable: à la majorité des deux-tiers (63,6% précisément), le troisième de Ligue 1 a raté dans les grandes largeurs, la saison d'après, sa campagne de Ligue des Champions. 
- Sur onze participants, trois n'ont pas passé le dernier tour préliminaire (Monaco 2005, Toulouse 2007 et les vilains en 2013) et quatre ont échoué en phase de poule (OM 2003 et 2008, Auxerre 2010 et Lille 2012).
- Si quatre clubs se sont hissé en huitièmes de finale, un seul les a dépassés (9% de l'ensemble) : les vilians, demi-finaliste en 2009-10