La taxe le rend furax (8)
Alors que les députés ont voté ce soir la nouvelle mouture de la taxe versée par les entreprises sur les rémunérations dépassant un million d'euros par an, Bernard Caïazzo a poursuivi ce matin sur RTL sa croisade médiatique contre cette mesure qui met en émoi le monde du football professionnel. Extraits.
"On a une réunion jeudi prochain. On a réuni les clubs parce que c'est la première fois en France qu'un gouvernement envisage de surtaxer des entreprises qui sont déjà en difficulté. Je rappelle que le football français a perdu 80 millions d'euros la saison dernière, qu'un grand nombre de clubs sont dans le rouge et que les quelques clubs qui sont à l'équilibre comme l'AS Saint-Etienne se verraient avec une taxe de 5% sur leur chiffre d'affaires en situation extrêmement difficile. Le club du Mans vient de disparaître. Donc, l'image de football privilégié, de football riche, elle appartient aux médias, quand il s'agit de parler de Zlatan, de transferts de joueurs au Real Madrid ou ailleurs. Mais ce n'est pas la réalité du football professionnel d'en bas.
La réalité, c'est que le football français est en extrême difficulté financière. Le président de la fédération française de football Noël Le Graët l'a dit, comment peut-on imaginer surtaxer des entreprises en difficulté ? Ce serait la première fois que ça arriverait en France ! Nous avons ramené l'ASSE à l'équilibre mais c'est un équilibre fragile. Nous avons dû vendre Josuha Guilavogui à l'Atletico Madrid pour y parvenir. Les joueurs payent déjà 60% d'impôts sur ce qu'ils gagnent, avec les primes ils peuvent dépasser le million d'euros. Mais comme il vaut mieux gagner des matches donc il vaut mieux y avoir des primes, c'est évident qu'on aura une taxe à payer d'1,5 M€, une taxe qui nous mettra dans la difficulté. Pas au point de déposer le bilan mais nous sommes solidaires du LOSC par exemple qui a évoqué ce sujet-là. Nous sommes solidaires d'autres clubs.
Surtaxer une économie déficitaire, c'est un non-sens ! Ce qui me pousse et nous met en colère, c'est le refus de dialogue des pouvoirs publics. On a des arguments rationnels assez irréfutables. Nous ne sommes pas fous. On a le sentiment d'être acculés, on a le sentiment que nos supporters dans les stades bientôt ne pourront plus faire la fête. On nous met dans des situations de plus en plus d'avoir un football chloroformé. On se rend compte que depuis deux ans nous supportons des taxes et des charges d'Etat de plus en plus lourdes. Cette nouvelle taxe qui peut aller jusqu'à 5% du chiffre d'affaires est une taxe qui va mettre en péril un certain nombre de clubs.
Si le 2 novembre, jour symbolique, il ne faut pas jouer pour montrer que la direction dans laquelle nous allons c'est la même que celle du symbole du 2 novembre au niveau des clubs car il s'agit d'une question de survie de notre football, on verra ce que c'est qu'un week-end sans football en France ! Si c'est ça la décision de la majorité des clubs, on la suivra, a-t-il affirmé. Moi, je n'y suis pas très favorable parce que je pense qu'il faut essayer de dialoguer et de trouver des solutions avant. Mais sincèrement, à un moment donné, les présidents de club sont des gens responsables. S'ils en arrivent à cette extrémité, mettez-vous deux minutes à leur place, c'est qu'ils ont des bonnes raisons."