Platoche a deux amours

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Au cours du 3e épisode du remarquable documentaire Platini réalisé par Guillaume Priou diffusé dimanche dernier sur Canal +, l'ex-meneur de jeu stéphanois s'est exprimé depuis son ancien (KB) jardin, où il aura brillé lors de ses 3 vertes années mais aussi à l'occasion d'un match de l'Euro 1984 resté dans toutes les mémoires.

"Ici c’est le Chaudron ! Il est vraiment beau ce stade. Vraiment beau ! C’est un vrai stade de foot, un stade à l’anglaise. Alors, j’ai deux amours, le but là et le but là [il montre successivement la cage devant le kop Nord et celle devant le kop Sud, ndp2]. Le but-là j’ai mis le but pour le dernier titre de Saint-Etienne en 1981. Et le but-là j’ai mis 3 buts contre la Yougoslavie au Championnat d’Europe de 1984. J’ai deux amours, c’est les 2 buts. Je suis arrivé à Saint-Etienne en 1979. C’était le club de la France, Saint-Etienne. Avec toute la ferveur des supporters stéphanois qui étaient magnifiques.

C’est là que j’ai appris à toujours gagner. Quand un match se termine, on pense au prochain. Parce que le prochain est aussi important que celui qu’on vient de jouer. Ici ils étaient champions tous les ans. Il y avait des joueurs, un budget. Vous savez la pression que c’est… Ce club c’est une histoire d’amour, une longue histoire d’amour. Merci les Stéphanois ! C’est un club mythique qui a fait le renouveau du football français, qui était le meilleur club français dans les années 70 et 80. Un grand souvenir de ma jeunesse. Une belle équipe.

En 1979-1980 j’ai 24-25 ans. Là, j’ai senti un décalage au niveau physique par rapport à l’AS Nancy Lorraine. J’ai pris un peu plus de corps. J’étais un petit poupon un peu rond quand j’ai commencé le football à Nancy. Et puis après, on s’est formé… On a fait des supers trucs et puis après on a fait des moins bons trucs. On a donné de l’espoir mais on n’a jamais été au bout des rêves. Mais j’ai appris le besoin de gagner, la pression de gagner. J’ai appris plein de choses à Saint-Etienne !

La dernière fois que j’ai joué à Geoffroy-Guichard, c’était contre la Yougoslavie. Il y avait 45000 personnes, c’était bourré, les gens étaient revenus voir l’équipe de France avec une grande ferveur. J’avais quitté Saint-Etienne deux ans avant, et moi je ne voulais pas décevoir le public stéphanois. Sincèrement, non ! Je ne pouvais pas, impossible ! Le premier but, le gardien me fait mal à la cheville quand même, il me met un coup.

Ensuite le deuxième but est magnifique : Patrick Battiston me fait un centre d’anthologie, je suis obligé de mettre le nez par terre pour la récupérer de la tête. Le troisième but ? « Un bon coup franc pour un gaucher » dixit Jean-Michel Larqué. Tu penses, ça finira par un bon coup franc pour un droitier (rires). C’est un jeu de pied avec l’arbitre. Hop, je la décale un peu, hop je la décale une nouvelle fois. Je fais semblant de la remettre et je vais la redécaler. Hop, et voilà !"

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