Stephen Vincent, épanoui reconverti

Un an après avoir raccroché les crampons, l'ancien attaquant stéphanois et ex-capitaine manceau Stephen Vincent (34 ans) évoque sa reconversion dans la dernière édition du Maine Libre. Extraits.
"On parle souvent de la petite mort du footballeur lorsqu’on prend sa retraite, eh bien moi je ne l’ai pas senti. Je suis pleinement dans mon activité de gestion du patrimoine et épanoui. Peut-être que le fait d’avoir anticipé ma reconversion m’a aidé. Au football, il y a des personnes qui se retrouvent à gagner beaucoup d’argent d’un coup et qui ont la folie des grandeurs. Moi le premier, lorsque j’ai signé mon premier contrat professionnel, j’ai vu un somme d’argent arriver sur le compte et d’un coup tu es tenté de faire beaucoup de choses.
Mais, quand j’ai été transféré de Saint-Etienne à Cannes, à 22 ans, les revenus avaient bien diminué et j’ai pris conscience que si je m’habituais à un train de vie trop élevé ça pouvait vite devenir compliqué. J’ai continué ma route, de clubs en clubs, avant de reprendre mes études à 27 ans, lorsque j’étais à Boulogne. Les années où j’ai été le mieux physiquement et sportivement c’est lorsque j’avais les études à côté. Je n’étais pas focalisé uniquement sur le football, je m’épanouissais aussi à côté. J’ai pensé à rester dans le football mais je n’avais pas la fibre entraîneur.
Un ancien coéquipier me disait récemment qu’il se rappelait de moi à Gueugnon, en Ligue 2, avec mes magazines Capital (rires). J’ai fondé ma société, VS Invest. 90 % des joueurs omettent un peu l’après. Lorsque j’interviens en tant que conseiller en gestion de patrimoine, bien sûr qu’optimiser les impôts, faire des investissements, sont une partie prépondérante de mon métier. Mais il y a aussi la prévoyance, que ce soit en cas de blessure, décès, mais également la reconversion. J’essaye d’alerter sur ce qui se passe après le football, de leur faire entendre qu’une carrière c’est rapide et de voir avec eux ce qu’ils aimeraient faire après."