Rouyer en vert et blanc

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Un peu vert de ne pas avoir signé chez les Verts, Olivier Rouyer aura quand même porté un maillot vert blanc en Coupe du Monde le 10 juin 1978  lors d'une victoire 3-1 contre la Hongrie. L'ancien attaquant nancéien revient dans la Pravda sur cette rencontre qu'il a jouée à Mar del Plata aux côtés de Christian Lopez, Gérard Janvion, Dominique Bathenay, Michel Platini et Dominique Rocheteau. Extraits.

"C'est Henri Patrelle, l'intendant de l'époque, qui gérait nos maillots. Il n'avait pas fait attention à la couleur de ceux de la Hongrie et avait embarqué notre jeu de blanc. Nous, on va s'échauffer, on revient dans le vestiaire, on avait nos maillots accrochés aux portemanteaux. On les enfile, met nos vestes de survêts par-dessus, on sort et on se range derrière l'arbitre, dans le couloir du stade. Puis, à ce moment-là, on nous demande d'ouvrir nos survêts. Et merde ! Maillot blanc. On voit nos adversaires : en blanc aussi !

Henri n'avait amené qu'un seul jeu de l'hôtel de Buenos Aires. Il n'avait pas pris les bleus. Nous, on ne comprend rien. On nous dit de rentrer dans le vestiaire. Là, c'est interminable, un truc de cinglés. On nous dit que ce ne sont pas les bons maillots, qu'il faut aller chercher d'autres maillots. "Mais attendez, ils ne vont pas aller les chercher à Buenos Aires en avion ?", s'écrie l'un d'entre nous. Il y avait une petite salle d'échauffement à l'intérieur du vestiaire. On nous dit alors de continuer à nous échauffer.

On était là, on tournait en rond. C'était long, très long. Tout à coup, on nous dit que quelqu'un est parti chercher des maillots. Et on nous ramène les verts et blancs. On se regarde tous : "On va jouer avec ça ?" Les dirigeants nous répondent : "Les gars, il faut y aller." On se regarde. On se redit : "Mais on met ça ?" En plus, c'était une texture un peu bizarre et ils étaient petits. "Il faut y aller, c'est tout !", nous rétorque-t-on. On n'était pas réfractaires mais bon, ça nous emmerdait. Même pas le coq, rien ! 

Finalement, on y est allés, avec ces maillots sous nos vestes de survêt. Quand on les a enlevées... Ce fut une énorme crise de rire dans les tribunes. Il n'y avait pas beaucoup de monde au stade, peut-être 20 000 dans un stade qui en comportait le double, mais c'était affreux. Ces maillots étaient ceux d'un club de pêcheurs local (le Club Atlético Kimberley). Les gens ne connaissaient pas. C'était un peu clownesque. Je suis sûr de l'avoir gardé car c'était quand même un souvenir unique. Mais je ne le retrouve pas. J'ai dû me le faire taxer."

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