7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Larqué vert de rage ! (12)

Douzième extrait de "Vert de Rage" (éd. Calmann-Lévy), livre de Jean-Michel Larqué publié le 27 janvier.

"J'ai d'excellents rapports avec les deux coprésidents. Ils ont l'esprit "supporter", surtout Roland Romeyer qui se promène toute la journée avec une cravate verte, une écharpe verte et l'insigne du club sur la poitrine. Mais il n'a aucun recul sur le club et cela peut être un frein à la bonne gestion… C'est normal qu'ils veuillent tourner la page, en imaginant par exemple la construction d'un nouveau stade ou la rénovation de l'actuel. C'est une forme de modernisme qui me plaît et ne serait pas considérée par les supporters comme un crime de lèse-majesté. Ils ont bien raison de prendre de nouvelles orientations, car tout ce qui a été tenté depuis le dernier titre de l'ASSE n'a jamais fonctionné. Je leur reconnais un certain mérite sur le plan de la construction du club. Je note juste que le fonctionnement de l'ASSE, avec cette direction à deux têtes, est atypique. Quand on est président, on doit le montrer.

Quand l'ASSE perd 3-0 à domicile contre Rennes en novembre 2008, le président ne doit pas, comme première mesure, licencier Omar Da Fonseca, en charge du recrutement, par texto, à la mi-temps, ni réagir à chaud en annonçant le retour de Damien Comolli. Soit dit en passant, je trouve étrange qu'un mec qui est parti par la porte revienne par la fenêtre… Non ! Le président n'a qu'une chose à faire : donner rendez-vous à Laurent Roussey au club le lendemain et à la presse quelques heures plus tard. D'autant que Bernard Caïazzo avait déjà pris sa décision. Le lendemain de mon commentaire sur Lus Sonor au micro de RMC, il m'a tout raconté : "Comme Laurent Roussey avait fini cinquième du championnat, on n'a pas eu le courage de s'en séparer. On l'a renouvelé dans ses fonctions, mais on savait que ça coincerait." C'est un manque de courage que je déplore un peu, et qui est sans doute dû à la direction bicéphale. Si Caïazzo dit que les jours de Roussey sont comptés alors que Romeyer le soutient, on n'y comprend plus rien ! De telles réactions sèment la zizanie. Il n'est jamais bon d'être en porte à faux. Et croyez-moi, bien des gens profitent de ce double langage."