Cangioni, un débrouillard dans le brouillard
Lors d'un entretien paru ce jour sur Footengo, le mythique présentateur de Téléfoot Pierre Cangioni évoque les matches des Verts qu'il a commentés avant d'adresser un tacle que ne renierait pas Christian Lopez.
"Le foot n'avait aucune résonance et ne représentait rien en terme d'impact publicitaire. Je vous donne un exemple lors du fameux matchs des Verts face à Kiev à Geoffroy-Guichard en quart de finale retour de la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Il y avait beaucoup de brouillard une heure avant le coup d'envoi sur Saint-Etienne. Le président Rocher vient me voir et me dit : "On ne va pas pouvoir jouer, il faut remettre à demain soir." J'appelle la direction de TF1 à Paris et ils me disent : "Non, pas possible, demain il y a un téléfilm programmé !" C'était donc maintenant ou jamais... Pour ne pas perdre les quelques milliers de francs en jeu, le président Rocher a fait jouer le match. Le brouillard s'est levé et les Verts ont gagné. Mais nous étions une épicerie fine quand les clubs gèrent ça avec des multinationales aujourd'hui.
Je n'avais pas de rapports particuliers avec les joueurs, toujours dans ce souci de ne jamais être inféodé, de rester le plus neutre possible. Je n'ai jamais copiné avec des joueurs même si nous avions quelques affinités avec ceux que nous croisions le plus, les joueurs de Saint-Etienne notamment, ou de l'équipe de France. C'est aussi ce que je reproche à la corporation actuelle, cette collusion manifeste qui fait de certains journalistes de véritables agents. Cette neutralité est dans ma nature et malheureusement ce n'est pas le cas de beaucoup de journalistes aujourd'hui. J'avais dit il y a quelques années qu'il allait falloir déchirer les cartes de presse de certains. Nous n'en sommes plus très loin..."