7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Larqué vert de rage ! (16)

Seizième extrait de "Vert de Rage" (éd. Calmann-Lévy), livre de Jean-Michel Larqué publié le 27 janvier.

"Le 28 décembre 1993, je participe à un tournoi en salle des anciens Verts. Mon coach, Jacques Santini, m'appelle et me demande : "Es-tu au courant qu'Yves Guichard veut me virer ?" Il ne pense pas un seul instant que j'ignore tout des desseins de Guichard. J'ai beau lui répondre qu'il me l'apprend, il ne me croit pas. Je lui réponds : "Sois-tranquille, si tel est le cas, je réagirai." Quelques jours plus tard, Jacques a rendez-vous au stade, dans le bureau du président qui jouxtait le mien. Je demande au président de me rencontrer à l'issue de son entretien avec Jacquot. Santini sort enfin du bureau de Guichard et me confirme qu'il veut le virer. Je lui répète que je ne suis pas au courant et file voir Guichard. "Président, lui dis-je, je suis le directeur général du club ou une simple marionnette ? Vous souhaitez vous séparer de l'entraîneur sans m'avertir ? Du coup il me témoigne de la suspicion. Je passe pour un menteur. Ou vous le virez et je pars avec lui, ou vous le gardez et je reste."

Il l'a gardé, mais, au bout de six mois, les dés étaient pipés. Je n'ai pratiquement plus eu de rapports avec le président, mais mon amitié avec Jacques est demeurée intacte. On passe toujours de bonnes soirées ensemble ! C'est un boute-en-train, un homme adorable. Nous avons joué dix ans sous le même maillot. Sans en avertir quiconque, Yves Guichard a quitté le club, en mai 1994. Il a disparu du circuit. Est arrivé un nouveau président, Michel Vernassa, directeur de la Caisse d'épargne Loire-Drôme-Ardèche, qui a décidé de virer Santini, auquel il restait un an de contrat. Jacques, dont le fils Stéphane jouait dans l'équipe, m'a dit : "Stéphane part avec moi." – Où veux-tu l'emmener, je ne vois pas le rapport avec ton départ ?", me suis-je étonné.

Voilà un exemple d'amalgame que Jacques Santini est capable de faire. Il est adorable, malin et très sensible, mais compliqué parfois. Il faut toujours s'expliquer avec lui. Il pense que si je suis ami avec quelqu'un qu'il n'aime pas, lui et moi ne pouvons être amis. Dernièrement, on participait ensemble au tournoi de golf des anciens Verts à Saint-Etienne. Au déjeuner qui suivait, je ne le vis pas. On m'apprit qu'il n'était pas venu parce qu'il n"aurait pas été averti du repas par la personne qu'il voulait… Il est devenu susceptible, ce qu'il n'était pas lorsque nous jouions ensemble.

A partir du licenciement de Jacques Santini, j'ai décidé, de mon propre chef, de ne plus assister aux réunions du comité directeur. Cette saison, l'équipe a terminé à la onzième place du chapionnat, ce qui n'était pas déshonorant. Ma décision de partir, je l'ai prise à ce moment-là. En juillet, je vis Vernassa et lui dis que je démissionnais. Il me restait quatre années de contrat. J'ai été payé jusqu'en septembre 1994. Dès lors que j'arrivais au côté du président Yves Guichard avec Jacques Santini comme entraîneur et que, douze mois plus tard, l'un et l'autre n'étaient plus là, quels que soient mes sentiments à leur égard, je ne me sentais pas le courage d'avaler des couleuvres pendant quatre ans."