Saadi, c'est dit !
A Ajaccio, quand d'autres se font buter, Idriss Saadi se fait buteur. Muselé il y a huit jours par Florentin Pogba lors du match nul (1-1) des bas-fonds de la L2 GFCA/CSSA, il a claqué quatre pions en huit matches de L2. Invité par la radio corse Alta Frequenza, l'attaquant prêté par Sainté est revenu sur ses vertes années et son bon début de saison.
"C'est quand l'ASSE m'a contacté que j'ai pris conscience que mon niveau n'était pas ridicule, que j'avais peut-être même un bon niveau, que c'était le moment de me concentrer et d'être sérieux. J'ai toujours été attiré par le but. Quand j'étais petit, même quand on gagnait 7-0, je n'étais pas content quand je n'avais pas marqué. Petit, j'avais un modèle : c'était Ronaldo, le Brésilien. J'ai souvent regardé des vidéos de lui, j'ai vu ses matches. Il y avait une entente entre l'AS Valence et l'ASSE peu de temps avant que je fasse un essai chez les Verts. Il y a eu deux jours de détection. Ça s'est enchaîné avec un deuxième tour puis un troisième et enfin une réponse positive. Mes années au centre de formation de l'ASSE, tout est allé très vite. La première année, je n'avais pas de contrat. La pré-formation, il faut essayer de rester au club. L'ASSE, c'est un club mythique, le club qui a le plus de titres en France. Mon objectif était de faire une bonne saison, ça s'est terminé par la Coupe nationale des moins de 14 ans, qui amène ensuite aux présélections en équipe de France U16. L'ASSE m'a proposé un contrat aspirant pour rester au centre de formation. Après j'ai fait mes classes en étant souvent surclassé. Le 5 décembre 2009, Alain Perrin m'a appelé dans le groupe pro pour la première fois, c'était contre Sochaux. A 17 ans et demi, j'avais fait déjà le début de saison en CFA.
J'ai joué dix matches avec les pros, puis sept autres matches la saison suivante avant d'être prêté à Reims. J'ai fait plusieurs rentrées mais rien ne remplace les matches. Il faut accumuler du temps de jeu pour des jeunes joueurs comme nous qui venons de commencer dans le métier. Toutes les expériences sont bonnes à prendre mais à Reims, c'était compliqué. Je m'attendais à jouer un peu plus. Je ne pense pas ne pas avoir travaillé. Au contraire, j'ai même beaucoup travaillé là-bas, surtout mentalement. Quand on arrive dans une équipe où il y a déjà deux attaquants qui ont mis une dizaine de buts, des joueurs en place, plus âgés, qui connaissent le métier, on essaye d'apprendre, on essaye de se faire sa place. Ça n'a pas marché mais ça m'a permis d'avoir de l'expérience et de revenir plus fort en ce début de saison. J'ai fait le pari de venir au GFCA et tout va bien. Je me suis senti rapidement bien accueilli. Quand on se sent bien dans une équipe, on réalise belles performances. J'ai mis quatre buts, c'est pas mal, mais je pense que j'aurais dû mettre un ou deux buts de plus. Certains matches comme contre Angers, je pense que je pourrais apporter davantage. On aurait pu faire match nul mais je rate une occase. Il faut toujours travailler et ne pas se reposer sur ses acquis. Le doublé que j'ai mis contre Nantes m'a fait plaisir mais je dois continuer de travailler. J'espère marquer encore plusieurs buts cette saison. Je pense qu'on a l'équipe pour se maintenir. On a plusieurs matches références. On a des "certitudes." Mais le beau jeu ne suffit pas à faire gagner des matches. Si on arrive à faire une belle série, on peut se sortir de la zone rouge et faire de belles choses cette année."