6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Brandao, tueur de Surface

Le potonaute BriKo n'est pas la seule personnalité stéphanoise à s'épancher dans la dernière édition du mensuel Surface. Un obscur attaquant brésilien du nom de Brandao a également confié ses impressions dans le magazine fondé par Jérôme Alonzo. Extraits.

"Quand j'ai quitté le Brésil pour l'Ukraine, mes motivations premières étaient d'aider ma famille financièrement et de venir jouer sur le vieux continent. Je suis d'ailleurs très reconnaissant envers le Shakhtar Donetsk et son président qui m'ont permis de m'exprimer au plus haut niveau en Europe. Il m'a fallu environ six mois pour m'adapter à la langue, à la culture et à la météo.mais ce club m'a fait connaître. Il a été un vrai tremplin.

Je ne comprends pas les débats sur mon style de jeu. Mon style de jeu, ce sont les titres. et ceux qui parlent ne comprennent rien au football. Le foot n'est pas une affaire de style. Tous les entraîneurs avec lesquels j'ai évolué m'ont fait confiance. Que ceux qui parlent de mon style s'adressent à eux. Je le répète, ces gens ne comprennent rien au football. Les autres voient mes statistiques, mes qualités et mes efforts. Ceux qui connaissent ce sport me mettent sur le terrain. Ceux qui n'aiment pas ma façon de jouer doivent s'adresser à mes entraîneurs et leur demander : "Pourquoi vous le faites jouer ?" Partout où je suis passé, j'ai gagné des titres. La voilà, l'histoire. Je suis toujours au bon endroit au bon moment, c'est ça l'important.

La Coupe de la Ligue ? Cette compétition n'a rien de particulier à mes yeux, non ! (rires) L'important est de gagner des titres. C'est de cette façon que je vois les choses. Ce n'est pas une question de Coupe de la Ligue ou autre, les matches sont tout aussi importants les uns que les autres. Après, c'est vrai que j'ai la chance d'être toujours invincible et de réussir à marquer des buts au bon moment. Il faut toujours croire en soi dans n'importe quel club où vous jouez, c'est ainsi que vous atteignez vos objectifs.

Je n'ai jamais souffert d'un manque de reconnaissance. Je suis très heureux et satisfait de ma carrière. J'éprouve de la gratitude envers Dieu et je le remercie des opportunités qu'il m'a données au niveau du football. Il y a beaucoup de joueurs qui n'ont jamais été champions. Mais pour ma part, j'ai eu la joie de toujours marquer des buts et de maintenir le même rythme. Je crois que les joueurs d'un certain standing maintiennent toujours leur niveau. Je pense être quelqu'un d'accompli aujourd'hui. 

Les accusations infondées de viol ? Les gens critiquent beaucoup trop. Dans mon entourage, tout le monde sait qu'il ne s'est rien passé de grave. Je crois que tous les joueurs passent un jour par ce genre de situations difficiles, je ne suis pas le seul. Et à ce moment-là, c'est sûr que tu peux penser à abandonner. Mais ma famille a toujours été à mes côtés, et grâce à Dieu j'ai réussi à continuer. Les meilleures preuves sont les titres que j'ai gagnés et les buts que j'ai marqués depuis. Aujourd'hui, je suis tranquille et heureux. Mais c'est du passé. Brandao a prouvé qu'il était et qu'il marquait pour gagner des titres. C'est le plus important.

Quand j'ai signé à Saint-Etienne, je n'avais de comptes à rendre à personne. Ce n'était pas vis-à-vis des autres mais plutôt pour me prouver à moi-même que j'étais capable de continuer à jouer au plus haut niveau. Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Je n'ai besoin de prouver mes qualités à personne. C'est un combat envers soi-même. Chacun doit être capable de montrer ce qu'il peut faire. Les critiques ne m'affectent pas. Mais j'ai fait face à ces choses-là avec beaucoup d'humilité et de simplicité.

On est parvenu à s'entendre avec le club sur toute la ligne, y compris sur le côté financier. J'ai signé à Saint-Etienne et j'y suis bien. Aujourd'hui, l'environnement autour de moi n'est plus le même. L'équipe fait partie des meilleures de France et d'Europe. On a d'ailleurs longtemps maintenu notre record d'invincibilité. Je ne veux plus parler de l'aspect financier, je suis heureux ici. On a gagné un titre en plus, après 32 ans de disette. Tout va bien. Mon but en finale de la Coupe de la Ligue ? J'étais au bon endroit, au bon moment. La chance n'a pas sa place dans le football, il faut juste y croire, toujours. Je voulais marquer et je l'ai fait.

Je pense encore à la Coupe du Monde 2014. Pour y penser, j'y pense, oui ! Je n'ai jamais été appelé en sélection, certes, mais je n'ai pas de regrets par rapport à ça. Après, c'est sûr que ça reste un rêve. Si un jour le sélectionneur m'appelle... Mais, honnêtement, il y a beaucoup de joueurs qui comptent quelques sélections mais n'ont jamais gagné de titres majeurs !"