Perrin dans la Bible : il était une foi...
Souhaitant infliger une double peine aux vilains, Loïc Perrin est en couverrture de France Football aujourd'hui. Dans la Bible du football, il parle de sa foi verte.
"Je n'ai jamais connu que cette ville. J'ai toujours vécu ici, sauf pendant les vacances. J'aimerais bien jouer jusqu'à 40 ans, mais ça va être dur. J'ai déjà fait 13 ans à l'ASSE. Mais si ça passe bien ici, pourquoi partir ailleurs ? Quand je jouais à Saint-Charles la Vigilante, Geoffroy-Guichard me paraissait énorme. En revanche, je ne me suis jamais dit : "Voilà, je jouerai là." Car je ne me projetais pas dans le futur, je jouais pour me faire plaisir, c'était ma passion. Je ne voulais pas absolument devenir professionnel. C'est en franchissant les étapes que je me suis rendu compte que j'avais ma chance.
Mon premier match en pro, c'était contre Lorient en août 2003, en D2. J'avais remplacé Stéphane Hernandez, maintenant à Chambéry, et je marquais Baky Koné. C'était le début de l'aboutissement de toutes ces années de formation. Mon premier but, contre Le Mans, c'était encore plus fort car f'était à Geoffroy-Guichard. Une joie exceptionnelle de marquer devant ma famille et les amis qui étaient au stade.
Ici, les gens vivent pour le foot. Ça joue sur leur humeur ! Il y a même des fans qui font partie de mes amis, de ma famille. J'ai aussi des cousins qui vont au stade. La mine, je ne peux pas en parler. Je n'y suis jamais descendu. Mais quand on parle de Saint-Etienne, il y a toujours un rapport aux mineurs. Ce sont les valeurs qui sont restées. Sur le terrain, cela veut dire tout donner, même quand il n'y a pas la victoire au bout.
C'est Jérémie Janot qui m'a pris sous son aile quand je suis montré dans le groupe pro. Maintenant, il n'arrête pas de déconner en disant qu'avant je le vouvoyais. Pendant les stages, je suis en chambre avec lui… et son ventilateur ! Je crois qu'il n' a que moi qui le supporte ! Monaco ? On sortait de deux saisons compliquées, j'avais subi des blessures, je me posais des questions et me disais qu'il était peut-être temps de repartir de zéro ailleurs qu'ici, où j'étais trop bien. Mais j'ai aussi toujours dit que je voulais partir si tout le monde trouvait un accord, que je ne voulais pas aller au bras de fer. Quand ça se passe bien, peu de clubs en France font plus rêver que Sainté.
Même s'ils sont allés perdre à Valenciennes et qu'ils ont fait match nul chez eux contre Bordeaux, les Lyonnais restent redoutables. Ça va être chaud. Ça fait un bon moment que la position des deux équipes n'a pas été aussi serrée… Déjà, à l'aller, on a peu marqué l'histoire du club. C'était le centième derby. On ne méritait pas de gagner celui-là, mais il y en a eu d'autres qu'on aurait mérité de remporter. Et bien voilà, c'est tombé sur nous et c'était extraordinaire ! Les deux années précédentes, il y avait eu une cassure entre les joueurs et le public. Là on a réussi à regagner le cœur des supporters. Pour la première fois, après notre victoire, j'ai vu des fans à la grille de l'Etrat la nuit de notre retour de Lyon. Et dans la ville, c'était festif. On a forcément envie de revivre ces moments là."