7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Fouss à la rescousse de Cartoche

Tenus en échec à domicile par le Rwanda et le Bénin, les Aigles ne s'envoleront pas pour le Brésil l'été prochain. Dans un entretien paru aujourd'hui sur Mali Football, Fousseni Diawara épargne son ex-sélectionneur Patrice Carteron et taille les dirigeants de sa fédération. Extraits.

"Après la CAN, le coach avait eu des propositions, en a parlé à Moussa Konaté, en disant que le Mali était sa priorité mais il voulait que sa situation contractuelle soit améliorée. Imaginiez-vous que Patrice Carteron avait un épée de Damoclès sur sa tête, à la moindre défaite, il était démis de ses fonctions ! Je ne suis pas là pour le défendre mais pour l'intérêt de l'équipe nationale, il faut que tout le monde ait l'esprit tranquille, travaille dans la sérénité et dans de bonnes conditions pour gagner. Carteron n'a rien caché à Moussa Konaté, c'est lui qui a fait venir Carteron et c'est lui son interlocuteur. Comme rien ne venait de sa part, Carteron a voulu prendre les devants.

Malgré cela c'est le coach qui avait mis sur pied le stage de préparation en Bretagne. Il nous a appelés, nous joueurs, pour expliquer la situation. Il souhaitait conduire ce stage et les deux matches du Mali face au Rwanda et au Benin. Patrice Carteron s'est présenté et Moussa Konaté ne lui pas laisser faire son travail tout en faisant croire que Carteron a trahi le Mali, ce n'est pas vrai ! Tous les joueurs voulaient que Carteron reste pour ces deux matches car on allait gagner ces deux matches, avec tout le respect que l'on doit à Amadou Pathé Diallo.

Il y a eu tellement de problèmes dans cette sélection. Par exemple, le soir du match amical face à la Bretagne, nous n'avions pas mangé car rien n'était prévu pour nous l'hôtel ! Comment expliquer que des sportifs de hauts niveaux n'aient pas à manger après un match ? C'est même dangereux pour notre santé ! (...) Il faut arrêter avec l'amateurisme, c'est une équipe nationale pour tout un peuple, il faut arrêter de s'amuser avec cela. À Kabala, nous n'avons pas mangé de nourriture de sportifs. Il y a une nourriture spécifique pour les sportifs du haut niveau à laquelle nous sommes habitués, comme des sucres lents, que le sportif doit manger afin de maintenir son niveau de forme physique. Mais à Kabala ce n'était pas de la bonne nourriture qui nous était destinée. Raison pour laquelle je n'ai pas joué le second match car j'en suis tombé malade.

Au delà de cela, il y a eu l'affaire Cheick Diabaté et les dirigeants ont tout fait pour nous diviser à Bamako. On a fait croire à tout le monde que Diabaté à refuser de venir jouer alors que c'est faux. Quand Diabaté est venu, il nous a tout expliqué : il n'avait pas reçu de billet pour venir en sélection ! Comment est ce possible alors qu'il est sur la liste ! Quelqu'un a bien bloqué son billet ... pourquoi ? L'argent est passé où ? Nos dirigeants ont tout mis en œuvre pour qu'on ne se qualifie pas pour la Coupe du Monde et je crois qu'il faut faire le ménage. Les dirigeants de la fédération malienne de football ne sont pas à la hauteur ! En ces moments cruciaux du Mali, il faut que des hommes compétents et valables soient à la tête de la fédération afin de gérer notre football pour lui permettre de se développer et d'avantage."