7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Bafé le cancre

Interrogé par Le Monde sur son "objectif bac", Bafé Gomis revient sur sa scolarité compliquée lorsqu'il était encore en formation à l'ASSE.

J'ai en effet arrêté l'école à 14 ans, après une quatrième et une troisième dans un collège privé à mon arrivée au centre de formation de l'ASSE. J'avais beaucoup de retard, l'envie de devenir footballeur professionnel était forte. Mes parents sont issus de l'immigration sénégalaise, j'ai grandi dans un quartier difficile à Toulon... Ils avaient certaines limites, c'était compliqué d'avoir un suivi scolaire efficace. J'étais livré à moi-même sur ce plan-là.

Jusqu'à 16 ans, au club, on suivait des cours d'informatique, de communication et de français. C'était juste pour nous occuper, pour dire que l'on allait à l'école. On ne mesure pas l'importance de suivre une belle scolarité. On pense toujours à la réussite, à la carrière de rêve... Mais dans ma génération, à l'ASSE, seuls deux autres camarades sont devenus pro : Loïc Perrin et Carl Medjani.

J'ai débuté à 17 ans en pro. Je n'en veux pas au club. Ils ont beaucoup fait pour moi, mais quand tu as du retard scolaire, que tu n'as pas la volonté d'étudier, c'est délicat. Il aurait fallu un prof particulier, mais mon obsession footballistique était totale. Je me rappelle d'ailleurs une phrase d'un conseiller d'orientation qui m'avait marqué : "On n'en fera jamais rien s'il ne réussit pas dans le football."


Et pour finir, un clin d'oeil à son "petit frère" : "A mon sens, l'évolution [du soin accordé à la scolarité des jeunes en formation] est bonne, le suivi est plus poussé. Josuha Guilavogui a eu son bac ES avec mention par exemple. Il a pourtant grandi dans le même quartier, mais il a bénéficié d'un entourage plus favorable."