Roro sur RCF (2/2)
Suite et fin de la retranscription de l'interview de Roro hier sur RCF.
"On est un club formateur, l'actualité récente en est une nouvelle preuve. Il faut savoir qu'on a signé un premier contrat pro pour Ismaël Diomandé. On vient de signer une prolongation jusqu'en 2016 pour Kurt Zouma. C'est un gamin exceptionnel. La formation, c'est la volonté du club. Et on a un entraîneur qui fait jouer les jeunes aussi donc tout va bien, on est parfaitement en phase. Le football a évolué depuis l'époque où j'étais supporter en 1957. Maintenant, c'est devenu un peu du sport business. Vous avez un exemple à Paris. Eux, la formation, ils s'en foutent. Eux ils ciblent des joueurs et ils mettent l'argent. Nous, c'est pas du tout ça ! Nous, c'est la formation. Dans l'équipe actuelle, on a Jérémie Janot, Perrin, Ghoulam, Néry, Guilavogui, Zouma, Andreu, Diomandé. On a beaucoup de jeunes qui sont sortis de la formation et on veut continuer dans ce sens.
Bientôt, nous allons avoir un responsable de formation un petit peu plus… (Roro hésite) avec un petit peu plus de métier que Jean-Philippe Primard. Quelqu'un qui a fait ses preuves. On a rencontré pas mal de postulants et d'ici 15 jours on annoncera le nouveau responsable du centre de formation. On veut vraiment développe le centre de formation à travers l'humain et aussi à travers le matériel. On va devenir propriétaire car on a signé le compromis pour l'achat du centre de formation qu'on va encore améliorer, qu'on va aménager. Pour nous, c'est quelque chose de très important pour l'avenir. L'année dernière, nous sommes allés en finale de Gambardella. On a perdu aux tirs au but contre Monaco. Cette année, on va en demi-finale. On est très heureux. Montpellier est un exemple. Ils ont gagné la Gambardella et on a retrouvé les jeunes trois ans après. Il y a une stabilité, c'est ce qu'on veut créer à l'ASSE.
J'attache beaucoup d'importance à la valeur humaine. On a créé récemment ASSE Cœur Vert. Une association caritative pour aider aussi les gens en difficulté, pour recevoir des jeunes. Ils sont venus à l'Etrat. Il y aussi l'association amateurs de l'ASSE présidée par Michel Saez qui a remplacé Jean Candel. On a une solidarité, on s'entend très bien. Il ne faut pas oublier que sans le football amateur, il n'y aurait pas de football professionnel. Il y a l'association avec toutes les équipes de jeunes, l'école de foot. Et puis on a fait des partenariats avec Firminy, qui travaille très bien, l'Olympique… On va étendre notre toile. En Rhône-Alpes, on voudrait avoir beaucoup de clubs partenaires. Il y a Feurs aussi qui est avec nous, Loire-Nord, Valence. On a aussi des scouts qui vont voir, on est au courant de tous les jeunes qui sont bons. On organise systématiquement des détections. On est partenaire aussi avec Niort. C'est un club qui travaille bien, qui a un petit peu les mêmes valeurs que nous. Niort est actuellement en National, ils vont peut-être monter en deuxième division. Il y a des joueurs chez nous qui n'ont pas encore le niveau de la première division et qu'on pourra prêter pour qu'ils aient du temps de jeu et puissent revenir ensuite chez nous.
En tant que président du club, je suis le premier supporter. Je suis habité par le stress au moins tous les matches, c'est clair ! Le jour du match, c'est un peu dur. Je parlais avec la préfète, l'autre fois. Elle est à côté de moi aux matches. Y'a le but, elle saute. Moi je ne bouge pas. Si on voit le dernier match, on se dit d'abord "super". Ils égalisent, là personne ne bouge. Après, deuxième but, ils ressautent tous, moi je ne bouge pas là ! D'un coup, 2-2 et 3-2 contre nous. Alors, on fait quoi, là ? Moi je m'extériorise, je me vide après le match. Ça fait du bien de souffler. Pendant le match, c'est un peu compliqué, il faut se maîtriser. A la fin je vais voir les joueurs dans les vestiaires. C'est ma famille, que ce soient les petits ou les grands. Ce sont mes gamins ! Même Batlles pourrait être mon fils. Mon fils et ma fille sont plus âges qu'eux.
Avant tout, je suis un chef d'entreprise, c'est l'institution qui prime. Suivant où je me trouve, j'ai une casquette de supporter quand je suis avec les sections de supporters… Je suis peut-être l'un des seuls présidents à me rendre dans les sections de supporters parce que j'ai la chance d'être dans un club où il y a des supporters de partout. Quand on va jouer à Rennes par exemple, il y a le président de la section qui m'appelle et me demande de venir. La plupart du temps, je me déplace avec Dominique Rocheteau. On va rendre visite aux supporters. C'est normal qu'on renvoie l'ascenseur. J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour ce que font tous les supporters. Moi j'aime mon club. Hier, j'ai réuni des supporters pour les problèmes que vous connaissez actuellement. Malgré tout, je leur tire mon chapeau dans le sens ou j'aime profondément mon club mais je n'aurais pas été capable de faire ce qu'ils font. Quand vous voyez qu'il y a tous les quinze jours des supporters qui font 1.000 à 1.500 km aller-retour pour venir… Attendez, c'est énorme ! On doit leur retourner un peu de bonheur.
Dans une conjoncture économique difficile à Saint-Etienne, je pense que l'ASSE a une très grande place, un très grand rôle à jouer notamment au niveau de la communication. L'ASSE, c'est le seul club actuellement en première division qu'on appelle par la couleur de son maillot. Vert, OK ? Après, quand on regarde un petit peu dans toute la France, je ne dis pas à l'étranger car il y a aussi des Belges qui nous écrivent, des Suisses, la Guadeloupe, la Martinique, on a des supporters de partout. Il y a beaucoup de gens qui connaissent Saint-Etienne à travers l'ASSE. C'est pour ça que le Conseil Général a porté beaucoup d'importance au 42. Vous vous rappelez, quand on roulait en voiture, dans le Midi…
Le musée, c'est quelque chose de très important, qui nous tient à cœur, notamment avec Philippe Gastal. Ça fait une dizaine d'années qu'on travaille dessus. Grâce à la rénovation du stade et à la volonté de politiques qui nous ont entendus, il y aura un musée à Saint-Etienne. C'est quelque chose d'énorme ! Il ne faut pas oublier qu'il y a des gens qui descendent du Nord, de l'étranger (Allemagne, etc.) en vacances et qui font un détour par Saint-Etienne. Il y aura le musée de l'ASSE et je suis très heureux de pouvoir l'ouvrir et le gérer d'ici un an.
Le stade commence à prendre forme, on a vu les travaux de maçonnerie qui ont bien avancé côté nord. Si on veut être performant, il faut avoir un outil de travail performant. Grâce à Saint-Etienne Métropole et aux collectivités, nous aurons le stade Geoffroy-Guichard rénové. Ce ne sera pas un stade neuf mais enfin, par rapport à ce qu'on avait, on ne peut êre que satisfait. On aura un bel outil de travail.
C'est clair qu'on a fait une bonne partie de saison. Au bout de deux tiers de la saison, nous savions que nous jouerions la saison prochaine en Ligue 1. C'est une grosse satisfaction quand on regarde ce qui se passe à partir du dixième. Qui va descendre, on ne sait pas. Nous au moins on a cette sérénité. Après, effectivement, on était quatrième. Tout de suite, à Saint-Etienne, ça fait beaucoup de bruit. Ça y est, on est en Ligue des champions. Il faut bien garder les pieds sur terres car on voit actuellement qu'on traverse une petite période de turbulences. Pourquoi ? Simplement parce que Galtier a un effectif quand même qui est réduit. Il faudrait avoir à peu près 20 joueurs de même qualité. Si vous n'avez que 13 ou 14 bons joueurs et 5 ou 6 joueurs sur le banc qui ne vont pas vous apporter, c'est compliqué… Actuellement, il y a le carton rouge sur Mignot à Montpellier qui nous a fait énormément mal. Mal à Montpellier car on prend le but dans les dernières minutes et mal pour les matches suivants. Contre Nice, compte tenu de la blessure de Zouma, il a fallu reconstituer une charnière centrale, ce qui a un peu désorganisé l'équipe. Nous avons un joueur d'une très grande qualité, Fabien Lemoine, qui est blessé. Clément était suspendu. Nous avions donc notre équipe qui était complètement désorganisée. C'est la raison pour laquelle nous subissons un peu les matches actuellement.
Je rêve du Stade de France toutes les années. D'ailleurs ça fait partie de notre objectif chaque année. Ce sera difficile d'aller au Stade de France par le championnat compte tenu de cet argent qui facilite certains recrutements. Nous avons un budget de 50 millions. Lyon a trois fois plus, Paris ce n'est plus la peine d'en parler. Quand ils disent qu'ils vont investir 100 millions d'euros chaque année au mercato, on n'est plus dans les mêmes cours. Il faut être réaliste, ce n'est pas par le championnat que l'on pourra aller de suite au Stade de France. C'est la raison pour laquelle on prend chaque coupe au sérieux et qu'on aimerait à travers la coupe aller au Stade de France. Nous y sommes allés l'an passé en Gambardella. J'espère que cette année, après le match de Brest qui sera difficile à Orléans, on pourra retourner au Stade de France. Mon meilleur moment sous ma présidence, c'était déjà la victoire du 100ème derby à Lyon. Payet qui marque le but sur coup franc. C'était vraiment un moment très fort parce que j'ai pu voir du bonheur dans les yeux du supporter."