Bébert au grand pied
Avant ses retrouvailles avec le Stade Brestois (qu'il a entraîné de 2003 à 2006), l'entraîneur des gardiens stéphanois Albert Rust a confié au quotidien Ouest-France qu'il prenait son pied chez les Verts.
"Quand je suis arrivé, cela faisait 12 ans que Brest végétait en CFA ou en National. On ne s'attendait pas vraiment à monter en L2, mais c'est arrivé, et cela a permis au club d'aller un peu plus vite. L'accession a été extraordinaire. Il y avait un engouement incroyable dans la ville cette saison-là. 10 000 personnes dans un stade en National, c'est rare ! Ensuite, la première année en L2 a été magnifique. Les gens étaient contents de l'équipe et de ses prestations. On a été dans le coup pour la montée durant très longtemps. On s'est écroulé à un mois et demi de la fin, mais il n'y avait rien d'étonnant, car les joueurs avaient beaucoup donné.
Je n'ai toujours pas digéré mon limogeage, car je l'ai trouvé injuste. J'ai été remplacé à dix matches de la fin du championnat, alors qu'il y avait une dizaine d'équipes à la lutte pour le maintien. Finalement, il a quand même fallu attendre la dernière journée pour que le club se sauve... C'est le point noir de mon passage au Stade brestois, mais cela n'enlève rien aux trois superbes saisons que j'ai passées là-bas.Mon limogeage m'a coûté cher. Sans me surestimer, je pense quand même avoir fait du bon travail, avec notamment 5 saisons avec Niort en L2, mon passage au Stade brestois, la sélection tunisienne et quelques saisons en National. Cela m'a freiné dans ma carrière, et j'ai vécu une période difficile pendant trois ans. J'ai eu des propositions de clubs de CFA, mais cela ne m'intéressait pas. »
Christophe Galtier et M. Romeyer m'ont contacté cet été, car ils cherchaient un entraîneur des gardiens possédant le DEPF. Je n'ai pas hésité. Je retrouve la L1 après l'avoir quitté en 91 en tant que joueur ! Je prends mon pied, je me régale. J'essaye d'apporter mon expérience à Christophe, comme le font Thierry Cotte, Alain Blachon et Damien Comolli. Je dois beaucoup à Christophe Galtier et M. Romeyer, qui m'ont permis de retrouver les terrains. Cela me manquait énormément. L'AS Saint-Etienne, après deux saisons galères, est en plein renouveau. C'est un des clubs les plus mythiques du championnat. Il y a un engouement énorme, un peu à l'image de ce qui se passe à Brest. Ce n'est que du bonheur, je suis un train de vivre une belle aventure humaine. Cet été, le recrutement a été intelligent : il y avait déjà des joueurs de qualité, mais il fallait les encadrer par des garçons d'expérience comme Marchal, Bocanegra ou Battles. Ils ont amené de la sérénité à un groupe un peu traumatisé par les deux dernières saisons.
On a senti dès la préparation que quelque chose se passait. On a réussi notre début saison, et ensuite les résultats se sont enchaînés. Malgré tout, on pense encore au maintien. Quand on voit le groupe, on se doit d'être ambitieux, mais les deux dernières saisons sont encore dans les têtes. On va donc d'abord penser aux 42 points, même si je ne fais pas vraiment de souci à ce niveau-là. Dimitri Payet, cela fait cinq ans que l'on attend qu'il explose. Il a mûri, il est devenu père de famille. Cela l'a peut-être mis devant ses responsabilités, et lui a fait prendre conscience de certaines choses. C'est un joueur pétri de qualités, qui possède le niveau international. Je m'attends à une belle ambiance samedi. J'ai eu des échos par rapport au nouveau stade, et je crois que l'on peut le comparer à un petit chaudron. À Brest, quand les gens crient, cela fait du bruit..."