Kastendeuch défend toujours ! (2)
Réélu le 13 décembre dernier à la co-présidence de l'UNFP*, Sylvain Kastendeuch se félicite aujourd'hui dans La Nouvelle République de fédérer 87% des joueurs professionnels en France.
"Le secret de ce taux record ? C'est d'abord une tradition. L'UNFP accompagne la vie professionnelle des footballeurs sous ses différents aspects depuis presque cinquante ans. Et surtout, nous avons toujours mené un travail au plus près du terrain. Par l'intermédiaire de nos délégués régionaux, nous sommes au coeur des préoccupations de la profession. C'est tout cela qui explique notre taux record de syndicalisation, même si le métier de footballeur est une niche. Concernant les joueurs français, on dépasse même les 95 % d'adhérents. La seule population qui nous échappe toujours un peu, ce sont les joueurs étrangers fraîchement arrivés en France. Mais globalement, la profession est avec nous. C'est aussi un démenti à l'idée reçue qui veut qu'un sportif professionnel soit un individualiste. En vérité, nous avons une population très réceptive à l'intérêt collectif.
L'économie du sport est fragile par nature et la crise que nous traversons accroît encore cette fragilité. Cela implique la vigilance pour la défense des droits de ceux qui vivent du sport. Concernant le football, il y a l'image souvent véhiculée dans l'esprit des gens, qui ne montre que des milliardaires et des nantis. En réalité, il y a surtout un métier où la précarité est forte, où les remises en cause sont fréquentes, où le chômage sévit.Lorsqu'arrive l'intersaison, nous avons régulièrement entre 250 et 300 joueurs sans club, que nous accueillons et auxquels nous permettons de continuer à s'entraîner afin de retrouver un employeur. En fin de saison, on pourrait être dans une fourchette haute, puisqu'on se projette sur 310 à 320 joueurs en fin de contrat qui devraient passer par l'UNFP.
Les joueurs qui quittent la vie sportive aujourd'hui sont-ils mieux armés que leurs aînés à l'heure de l'après-football. Il faut saluer les efforts fournis dans ce domaine par les centres de formation et les clubs. Jadis, il y avait un déficit de formation scolaire dans la population des sportifs professionnels. Aujourd'hui, la moitié des joueurs sont bacheliers, ce qui est un préalable précieux à la démarche de reconversion et de qualification. Après le football, il y a ceux qui passent leurs diplômes d'entraîneur, ce qui est un prolongement naturel de la carrière sur le terrain. Bien sûr, nous les accompagnons. Mais il y a aussi des reconversions qui n'ont rien à voir avec le sport, parfois des reprises d'études, et l'UNFP s'efforce d'accompagner le maximum de projets. Personnellement, j'encourage toujours les joueurs à envisager leur reconversion le plus précocement possible afin d'avoir les meilleures chances de réussite, l'heure venue. Et puis, il est révolu, le temps où les dirigeants de clubs étaient eux-mêmes des patrons de boîtes qui pouvaient embaucher leurs joueurs fidèles. Aujourd'hui, le contexte économique s'est durci pour tout le monde.
En ce qui concerne la renégociation des droits télévisés par la Ligue de football, nous sommes pleinement aux côtés du président Thiriez et des patrons de clubs. Nous devons être très vigilants sur cette question, car les droits télévisés représentent environ 60 % du budget des clubs, ce qui en fait une ressource indispensable, chez nous comme dans les autres pays. Dans le contexte de concurrence européenne que nous vivons, personne ne sortirait gagnant d'un appauvrissement. Nous sommes également attentifs à la répartition des moyens, notamment entre la Ligue 1 et la Ligue 2. La tradition du football français, c'est la solidarité avec le monde amateur et c'est aussi une justice dans l'attribution des ressources aux différents niveaux de compétition. En Ligue 2, nous pouvons compter sur des dirigeants déterminés et efficaces, qui savent faire entendre leur voix."
*http://www.poteaux-carres.com/potin-B3120101213185110-Kastendeuch-defend-toujours-!.html