Les mots de Momo
Entraîneur de Blois, Maurice Bouquet parle des Verts aujourd'hui dans La Nouvelle République.
"A l'exception de Jérémie Janot, les joueurs qui composent l'équipe actuelle n'ont pas la fibre club. On a plutôt affaire à des mercenaires. Quand le club de Saint-Étienne ne respecte plus les valeurs qui sont les siennes, c'est-à-dire le travail et l'humilité, il ne trouve plus sa place. Aujourd'hui, ce sont d'autres clubs qui incarnent ces valeurs : Lorient ou Valenciennes. Et ils évoluent beaucoup plus sereinement.
Saint-Étienne est en train de perdre son identité. Le club existe par son passé, mais aussi par son public. Ce public, magique, il ne faut pas le perdre. J'ai récemment assisté à l'assemblée générale de la section blésoise des supporters de l'ASSE. La salle était pleine de gens qui n'hésitent pas à faire 400 ou 500 km pour aller voir jouer leur équipe. Des gens qui vivent pour Saint-Étienne. Il faudrait que les joueurs viennent à ces assemblées pour rencontrer ces supporters.
Aujourd'hui, je regarde les choses d'un peu loin. Je vois que la grande lessive a commencé. Mais les problèmes de fond sont ailleurs. Avant, la formation permettait de sortir de jeunes joueurs. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et puis comment peut-on laisser à l'écart quelqu'un comme M. Herbin, avec tout ce qu'il a fait ? Les autres clubs savent s'appuyer sur leurs anciens. Si, un jour, je dois repartir à Saint-Étienne ce ne sera pas pour m'occuper des pros. Mais pour travailler avec les jeunes."