Nanard nage dans le bonheur
Bernard Caïazzo était hier soir l'invité de Jacques Vendroux sur France Bleu. Après avoir reconnu qu'il avait mal tourné dans la première partie de l'entretien, Nanard nage dans le bonheur dans le second volet retranscrit pour les potonautes.
"Être président de Saint-Etienne, c'est un rêve structuré. Moi j'aime bien mener des missions. Mais le rêve c'est d'aller au bout de la mission. Pour moi, aujourd'hui, nous sommes dans une période de renaissance de l'ASSE. La mission, le rêve, c'est de la mener jusqu'au bout. C'est comme quand vous avez le bac. Le bac doit vous amener à d'autres études pour aller au bout, avoir un métier, une profession pour faire vivre sa famille et être heureux dans la vie. Moi j'ai toujours considéré que la finalité de l'ASSE, c'est de redonner le bonheur à tous ceux qui aiment les Verts. Le bonheur est déjà arrivé, c'est assez extraordinaire de vivre ça. Je dis souvent aux joueurs de football : citez-moi un métier, à part un grand chirurgien qui sauve des vies, un grand artiste de cinéma, qui offre la possibilité de donner du bonheur à des gens qui peuvent être en souffrance, en difficulté sociale, en difficulté matérielle. Ces gens aujourd'hui sont heureux. Quel pouvoir extraordinaire ont les joueurs et les gens qui travaillent autour de pouvoir donner du bonheur à tous ces gens-là !
Moi je suis né en 1954. Moi je dis sincèrement qu'à l'âge de 13 ans, mon père m'a interdit de jouer au football. Mon père était commandant dans la marine. Il était autoritaire et je le remercie d'ailleurs pour cette autorité. Mon père voulait privilégier les études, il estimait que le football n'était pas un sport harmonieux pour le développement physique. A l'époque on ne faisait pas tout le travail de gym pour le haut du corps. A 12 ans j'avais des jambes d'athlète. Je jouais au foot tous les jours. Mon père m'a interdit de jouer au foot, bien sûr j'ai continué de jouer en cachette. J'étais censé aller à l'église le dimanche matin mais j'allais jouer au football. Il ne l'a jamais su. Il me demandait comment ça s'était passé à l'église, je lui racontais la messe. Ce n'est pas trop difficile à raconter, c'est quand même la même pièce qui se déroule, enfin bon, peu importe ! Je jouais au lycée tous les jours à 6 contre 6, il y avait notamment Alain Weiss, qui allait devenir plus tard entraîneur de l'équipe de France de basket. J'en ai tiré une immense frustration. J'ai fait de bonnes études, mais mon rêve aurait été de participer à l'aventure de tous ceux qui ont joué avec Michel Platini. J'aurais joué au milieu de terrain, dans un registre technique et travailleur.
Moi j'ai toujours admiré les joueurs. J'admire le joueur quand il est partageur. Tout acte de joueur de football individualiste, qui n'est pas dans le partage de l'équipe, le gars qui montre son numéro derrière, qui fait le geste… moi je n'aime pas ça. Moi j'aime le joueur de football collectif. Moi je préfère le joueur de football qui donne la passe, et même celui qui crée le déséquilibre, le partageur. Je dis toujours au joueur qui marque un but, moi je préfère celui qui te passe le ballon. Je préfère le joueur qui met 10 passes et 8 buts plutôt qu'un joueur qui fait 20 buts et 0 passe. On dit de moi que je suis un inventeur du sport ? Tout à fait. C'est ce qu'on essaye de faire aujourd'hui à l'ASSE. Je l'ai fait avant. A l'époque, Roger Rocher et Robert Herbin avaient inventé beaucoup de choses nouvelles. L'ASSE a été un club innovateur extraordinaire, n'est pas arrivé par hasard. La progression de l'ASSE est importante. Mais l'ASSE qui se développerait dans un pays de football français qui serait en déclin par rapport aux autres pays, ce n'est pas quelque chose de souhaitable.
Pour être un club populaire, il faut avoir fait une finale. Jean-Michel Aulas l'a très bien compris. Pourquoi il joue à fond l'Europa ? Jean-Michel Aulas sait que même une finale d'Europa apporterait à l'OL quelque chose qu'il n'a pas aujourd'hui. L'année ou Lille fait le doublé, il laisse tomber l'Europa. Ils avaient cette possibilité d'aller en finale de l'Europa avec une équipe extraordinaire il y a deux ans. Pour moi ils ont commis une erreur. La finale d'une coupe européenne, c'est la fierté de tous les Français. Les Verts sont populaires, pas seulement à cause de la finale de 76. Mais ça a été le détonateur. Même les Verts d'aujourd'hui ne pourront jamais faire ce que les Verts de 76 ont fait. Il faudrait qu'on ait une période de disette de vingt ans pour avoir une équipe qui reparte et arrive à conquérir l'Europe pour avoir la même chose. Les Italiens ont connu le succès dans le football à partir des années 30 de façon continuelle. Les anglais à partie des années 60. Les Espagnols à partir des années 50. Même les Portugais, les Allemands, etc. En France, c'est venu à partir des années 1972-1973. Quand on est le premier, quand on est le détonateur de quelque chose, on devient quasiment irremplaçable.
A l'ASSE, nous sommes sur un projet qui s'appelle le projet 2014, avec Roland Romeyer, Dominique Rocheteau, Christophe Galtier. Ça porte notamment sur la rénovation de notre stade, qui comprendra 42000 places, et le rachat du centre d'entraînement. Le Stade de France le 20 avril, c'est un objectif mais simplement une étape. Ce n'est pas la finalité. C'est un objectif de gagner la Coupe à travers une étape. L'objectif, c'est de redevenir un club européen. Ça veut dire sur 5 ans, jouer 3 fois la Coupe d'Europe, être dans la régularité, être dans un stade rempli à 40000 personnes, être dans une équipe qui développe ces valeurs, être dans un modèle où l'on existe sur le plan européen. C'est ça l'objectif. Mais la victoire au Stade de France est un point de passage obligé."
"Être président de Saint-Etienne, c'est un rêve structuré. Moi j'aime bien mener des missions. Mais le rêve c'est d'aller au bout de la mission. Pour moi, aujourd'hui, nous sommes dans une période de renaissance de l'ASSE. La mission, le rêve, c'est de la mener jusqu'au bout. C'est comme quand vous avez le bac. Le bac doit vous amener à d'autres études pour aller au bout, avoir un métier, une profession pour faire vivre sa famille et être heureux dans la vie. Moi j'ai toujours considéré que la finalité de l'ASSE, c'est de redonner le bonheur à tous ceux qui aiment les Verts. Le bonheur est déjà arrivé, c'est assez extraordinaire de vivre ça. Je dis souvent aux joueurs de football : citez-moi un métier, à part un grand chirurgien qui sauve des vies, un grand artiste de cinéma, qui offre la possibilité de donner du bonheur à des gens qui peuvent être en souffrance, en difficulté sociale, en difficulté matérielle. Ces gens aujourd'hui sont heureux. Quel pouvoir extraordinaire ont les joueurs et les gens qui travaillent autour de pouvoir donner du bonheur à tous ces gens-là !
Moi je suis né en 1954. Moi je dis sincèrement qu'à l'âge de 13 ans, mon père m'a interdit de jouer au football. Mon père était commandant dans la marine. Il était autoritaire et je le remercie d'ailleurs pour cette autorité. Mon père voulait privilégier les études, il estimait que le football n'était pas un sport harmonieux pour le développement physique. A l'époque on ne faisait pas tout le travail de gym pour le haut du corps. A 12 ans j'avais des jambes d'athlète. Je jouais au foot tous les jours. Mon père m'a interdit de jouer au foot, bien sûr j'ai continué de jouer en cachette. J'étais censé aller à l'église le dimanche matin mais j'allais jouer au football. Il ne l'a jamais su. Il me demandait comment ça s'était passé à l'église, je lui racontais la messe. Ce n'est pas trop difficile à raconter, c'est quand même la même pièce qui se déroule, enfin bon, peu importe ! Je jouais au lycée tous les jours à 6 contre 6, il y avait notamment Alain Weiss, qui allait devenir plus tard entraîneur de l'équipe de France de basket. J'en ai tiré une immense frustration. J'ai fait de bonnes études, mais mon rêve aurait été de participer à l'aventure de tous ceux qui ont joué avec Michel Platini. J'aurais joué au milieu de terrain, dans un registre technique et travailleur.
Moi j'ai toujours admiré les joueurs. J'admire le joueur quand il est partageur. Tout acte de joueur de football individualiste, qui n'est pas dans le partage de l'équipe, le gars qui montre son numéro derrière, qui fait le geste… moi je n'aime pas ça. Moi j'aime le joueur de football collectif. Moi je préfère le joueur de football qui donne la passe, et même celui qui crée le déséquilibre, le partageur. Je dis toujours au joueur qui marque un but, moi je préfère celui qui te passe le ballon. Je préfère le joueur qui met 10 passes et 8 buts plutôt qu'un joueur qui fait 20 buts et 0 passe. On dit de moi que je suis un inventeur du sport ? Tout à fait. C'est ce qu'on essaye de faire aujourd'hui à l'ASSE. Je l'ai fait avant. A l'époque, Roger Rocher et Robert Herbin avaient inventé beaucoup de choses nouvelles. L'ASSE a été un club innovateur extraordinaire, n'est pas arrivé par hasard. La progression de l'ASSE est importante. Mais l'ASSE qui se développerait dans un pays de football français qui serait en déclin par rapport aux autres pays, ce n'est pas quelque chose de souhaitable.
Pour être un club populaire, il faut avoir fait une finale. Jean-Michel Aulas l'a très bien compris. Pourquoi il joue à fond l'Europa ? Jean-Michel Aulas sait que même une finale d'Europa apporterait à l'OL quelque chose qu'il n'a pas aujourd'hui. L'année ou Lille fait le doublé, il laisse tomber l'Europa. Ils avaient cette possibilité d'aller en finale de l'Europa avec une équipe extraordinaire il y a deux ans. Pour moi ils ont commis une erreur. La finale d'une coupe européenne, c'est la fierté de tous les Français. Les Verts sont populaires, pas seulement à cause de la finale de 76. Mais ça a été le détonateur. Même les Verts d'aujourd'hui ne pourront jamais faire ce que les Verts de 76 ont fait. Il faudrait qu'on ait une période de disette de vingt ans pour avoir une équipe qui reparte et arrive à conquérir l'Europe pour avoir la même chose. Les Italiens ont connu le succès dans le football à partir des années 30 de façon continuelle. Les anglais à partie des années 60. Les Espagnols à partir des années 50. Même les Portugais, les Allemands, etc. En France, c'est venu à partir des années 1972-1973. Quand on est le premier, quand on est le détonateur de quelque chose, on devient quasiment irremplaçable.
A l'ASSE, nous sommes sur un projet qui s'appelle le projet 2014, avec Roland Romeyer, Dominique Rocheteau, Christophe Galtier. Ça porte notamment sur la rénovation de notre stade, qui comprendra 42000 places, et le rachat du centre d'entraînement. Le Stade de France le 20 avril, c'est un objectif mais simplement une étape. Ce n'est pas la finalité. C'est un objectif de gagner la Coupe à travers une étape. L'objectif, c'est de redevenir un club européen. Ça veut dire sur 5 ans, jouer 3 fois la Coupe d'Europe, être dans la régularité, être dans un stade rempli à 40000 personnes, être dans une équipe qui développe ces valeurs, être dans un modèle où l'on existe sur le plan européen. C'est ça l'objectif. Mais la victoire au Stade de France est un point de passage obligé."