Ramdam autour du ramadan
Le coup d'envoi du mois de jeûne cher aux musulmans sera donné le 11 août prochain."Football et ramadan : l'impossible mariage ?" s'interroge aujourd'hui le quotidien en ligne afrik.com.
"Le ramadan est parfaitement incompatible avec le sport, tranchait il y a peu le docteur Marcel Hoa, médecin et biologiste du sport. Pas hydraté, ni nourri, le corps à 40 minutes de réserve avant de se mettre dans un état de détresse." Plus proche du terrain, les entraîneurs abordent cette période de jeûne avec appréhension. Nasser Sandjak, l’entraîneur de l’Olympique Noisy-le-Sec, expliquait qu’il "s’agit d’une période sensible, surtout quand le ramadan arrive en août. Les clubs sont en pleine préparation pour le début de saison. C’est une période charnière où il y a souvent des charges importantes de travail. Les organismes répondent différemment."
La plupart du temps, les clubs, bien que mal à l’aise, se montrent conciliants. A l’image de l’AS Saint-Etienne qui avait fait venir un imam pour expliquer aux joueurs, pratiquants et non pratiquants, ce que sont l’islam et le ramadan. "L’objectif était que les non initiés comprennent ce qu’est le ramadan et que les joueurs le pratiquent correctement. L’imam a expliqué que le Coran prévoyait une "clause spécifique" en ce qui concerne les professions, qui permet de rattraper plus tard les jours de jeûne, et que le joueur de haut niveau en fait partie. Certains joueurs étaient intéressés pour décaler le ramadan, mais aucune restriction, interdiction ou aménagement d’entraînement n’ont été mis en place", expliquait ainsi un membre du staff des Verts.
Mais tout ne passe pas toujours pour le mieux. Le FSV Francfort était ainsi allé au clash avec trois de ses joueurs qui observaient le ramadan. D’après le club allemand, leurs contrats possédaient une clause qui leur interdisait de jeûner sans autorisation. C’est l’institution religieuse d’Al-Azhar qui avait tranché en indiquant qu’un joueur pouvait rompre le jeûne si il mettait en danger sa vie ou son travail en donnant la permission à toute personne musulmane de ne pas jeûner durant l’exercice de son emploi en terre étrangère.
Une chose est sûre, les sportifs sont priés, par leurs entraîneurs, d’au moins boire les jours de match. Une approche résumée, la saison dernières, par Antoine Kombouaré, l’entraîneur du PSG : "J’ai une règle toute simple, que j’ai mise en place partout où je suis passé : pendant la semaine, il n’y a pas de souci, j’accepte. Mais les jours de match : interdit. Ceux qui font le ramadan le jour du match restent chez eux. Je ne vais pas jouer avec la santé des joueurs ni mettre les autres joueurs en difficulté. Quand on ne s’alimente pas toute la journée, ça devient compliqué."