7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Nanard régale la Pravda (2)

Suite et fin des propos de Bernard Caïazzo retranscrits par la Pravda du 7 juillet*.

Le football féminin

A Saint-Etienne, on a une section féminine. On est cinquièmes du championnat et vainqueurs de la coupe de France. Je pense qu'il peut y avoir un vrai développement.

Les droits TV

On est contents comme si on menait 1-0 à la 75ème minute. Contents mais vigilants. Le vrai sujet, c'est la culture de la Ligue, pas le discours de Monsieur Seydoux sur les problèmes d'accessibilité à Orange. La Ligue a une culture qui est politique et juridique. Elle a sa valeur mais nous, nous sommes des chefs d'entreprise. A ce titre, nous voulons de plus en plus associer une culture économique. La notion de client, pour nous, est très importante. Nous voulons aboutir à des relations gagnant-gagnant. Aujourd'hui, l'objectif, c'est que Canal Plus soit content, qu'Al-Jazira soit content, qu'Orange soit content, que les clubs soient contents, et qu'on ait un niveau de revenus qui permette un niveau de spectacle. Aujourd'hui, les relations avec Canal Plus sont en train de se détendre, et on va pouvoir repartir sur des bases normales. Concernant Michel Seydoux, sa réaction a peut-être été un peu épidermique à un moment. Ce n'est pas quelqu'un d'agressif. Après, peut-être que les gens d'Orange se sont aussi servi de ses propos pour justifier un changement stratégique. Pour en revenir aux droits TV, on n'arrivera pas à 800 M€, ça c'est sûr. Au final, je pense qu'on sera entre – 5% et + 5% par rapport au contrat actuel. C'est une réelle satisfaction.

La nature des relations entre clubs pros

Depuis trois ou quatre ans, en fait depuis que Jean-Pierre Louvel a pris la présidence de l'UCPF, il y a eu une énorme évolution. Elle est liée aussi au fait que, quand il y a une difficulté économique, comme dans n'importe quel domaine ou n'importe quel pays, on resserre les liens. Mais dans tout ce qui est fait depuis trois ou quatre ans, il y a une même direction, il y a une convivialité, il y a une affection, pas entre tout le monde, certes, mais tout de même. Sur 40 présidents de clubs, il y en a au moins 25 à 30 qui ont des liens très forts, même s'il y a des sous-groupes. On peut ne pas être d'accord au départ mais on arrive à un dialogue et à aboutir à une démarche, une ligne directrice. On ne peut pas partir du principe : "on va écraser les petits." Mais on ne peut pas partir non plus du principe : "les gros, on ne va pas les considérer car on est majoritaires." On est dans un système démocratique. Les gros clubs ont compris qu'ils n'avaient pas en face d'eux des "badabeus" comme on dit à Saint-Etienne : le président de Caen ou celui de Lorient sont chefs d'entreprise, ce sont aussi des gens qui réfléchissent.

L'ombre des grands

Nous sommes tous des entrepreneurs. Certains sont partis de zéro, ont commencé à vingt ans dans des chambres de bonne. Aujourd'hui, quelle chance un club qui a un budget de 50 M€ comme nous a-t-il de gagner la C1 ? C'est impossible. Nous, notre objectif, c'est offrir du spectacle, du jeu, de donner du plaisir aux gens. Si on est envieux parce qu'on ne gagne pas la C1 dans trois ans, on a tout faux. Chacun a droit à sa part de bonheur. Si on est malheureux parce qu'on ne joue pas la Ligue des Champions, ce n'est pas la peine de continuer. On n'est pas malheureux à l'ombre.

L'avenir du foot français

Tout le monde a bien compris les enjeux et la nécessité d'agir. D'où une vraie mobilisation de tous les clubs depuis deux ans, qui ont par exemple mis en place des plans d'économie. Là, au même moment, on va avoir un maintien du montant des droits TV, les nouveaux stades, des facteurs exogènes avec les Qatariens qui vont peut-être attirer des Saoudiens, des Anglais, etc. Bref, c'est une belle opportunité à saisir. On travaille à tout ça. A un moment, il faudra par exemple se pencher non pas sur des salary caps, mais sur des grilles recommandées de salaires par club, qui pourraient concerner tous les joueurs sauf deux ou trois éléments. Sur le plan sportif, il y a aussi une nécessité d'aller vers davantage de jeu. On doit sensibiliser les entraîneurs à ça. Et miser sur nos forces, comme la formation. On ne peut pas être les clubs les plus riches. Mais sur la formation, à la base, on est à égalité avec Barcelone et Chelsea. On a des bassins de population fantastiques.

* http://www.poteaux-carres.com/potin-B9120110707224924-Nanard-regale-la-Pravda-1.html