7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Alonzo en pleine lucarne

Le blog En pleine Lucarne publie aujourd'hui une longue interview de Jérôme Alonzo, consultant sur Orange Sport. Morceaux choisis.

"Prends les n°1 du foot actuel, Canal+, tu te rends compte que le seul qui ait une légitimité à ce poste est Elie Baup... qui a joué gardien dans sa jeunesse, en amateur, bref, il y a très longtemps. Je trouve hallucinant qu'il n'y ait pas d'autres gardiens de but consultants. Il y a quand même, à chaque match, des choses à dire sur les gardiens, que ce soit pour des boulettes ou pour des exploits, pour analyser l'éclosion d'un jeune talent, pour le crépuscule d'un vieux fringant, etc. J'ai donc une chance d'occuper seul le créneau pour le moment car il y a vraiment des opportunités à saisir pour moi dans le domaine. Tout ce qui est prise de balle, placements tactiques sur coups de pied arrêté qui sont des phases de jeu super importantes dans le jeu actuel, mais aussi les boulettes, pourquoi on la fait ou comment on aurait pu l'éviter, les techniques de face-à-face avec l'attaquant sur action de jeu ou penalty... Il y a plein de choses à raconter. Je commente donc les phases qu'on me demande d'analyser comme quand j'étais joueur, avec une vision et un recul que possèdent les gardiens de buts et qu'un consultant qui a joué attaquant n'aura peut-être pas.

Orange a annoncé son retrait du foot en 2012. C'est un choix des grands patrons, c'est comme ça. Moi, je me défonce, d'abord pour donner aux autres l'envie de continuer, puis, pourquoi pas, pour me faire repérer. La situation est plus motivante que déprimante donc.  La radio est un média qui m'intéresse énormément et, pour être honnête, c'est actuellement en pourparlers. Je suis en contact avec deux stations nationales. Ca a capoté avec l'une d'elles, parce qu'aujourd'hui je ne suis plus footballeur, je suis un salarié et ce que l'on me proposait financièrement ne me convenait pas. Je ne veux pas me prostituer, je ne veux pas travailler à n'importe quel prix parce que, mine de rien, ça prend énormément de temps. Des négociations sont en cours avec l'autre, un autre gros du sport à la radio qui s'intéresse à moi pour tout début 2011. On peut mettre une petite pièce sur le fait que l'on me retrouvera à la radio très vite, pour du football, mais aussi peut-être pour la première émission Live Poker, concept qui n'existe pas encore en France.

Ne pas avoir joué en Angleterre, c'est un regret éternel. En même temps, moins attisé aujourd'hui parce qu'il n'y a pas de gardien français en Angleterre. Il y en a eu un, Fabien Barthez à Manchester United et ils ont quand même réussi à le virer ! Bon, il faut voir que les Anglais ils sont capables d'hésiter sur un mec comme Hugo Lloris ! Tu le crois ça ? Ils n'ont que des truffes Islandaises ou polonaises dans leurs cages et ils hésitent sur un mec comme Lloris. Un jour, je suis allé faire un essai à Crystal palace. Et le recruteur vient me voir et me dit : "tu es pas mal mais tu plonges trop !" Tu plonges trop ! J'hallucine. Et il rajoute "vous les Français, les espagnols et les italiens, vous plongez trop." Déjà je lui ai répondu : "Je t'emmerde, et puis si j'ai une balle près du poteau, je plonge, c'est plus pratique que de l'arrêter au pied.". On s'est engueulé. Et ce recruteur m'a expliqué qu'en Angleterre ils préféraient les mecs meilleurs dans le corps à corps, physiques. Ils n'aiment pas trop le style spectaculaire à la Lama, Joseph Antoine Bell, Mandanda, etc.. C'est dommage car la Premier League était un championnat pour moi, en rapport avec mon sens du spectacle et du rapport à la foule.

Un avenir dans l'encadrement d'un club, ça va bien au-delà du fait que ça me plairait ou me tenterait. Il est sûr, à moyen ou court terme, que ça va finir comme ça. Le terrain me manque trop, le rapport aux joueurs me manque trop. Depuis que je suis à la retraite, c'est génial car j'apprends le football d'une autre manière, je le regarde d'un peu plus haut d'une certaine manière et évidemment, je repartirai un jour dans un staff de l'un de mes anciens clubs, c'est sûr. Avec une préférence entre le PSG, Saint-Etienne ou Marseille ? Comme ça à l'instinct, je te dis Paris ou Saint-Etienne. Concernant le PSG, je déplore le manque d'anciens joueurs dans l'encadrement du club. Mais Paris se reconstruit. Aujourd'hui, il y a un ancien à la tête de l'équipe (Antoine Kombouaré), c'est déjà bien, mais pas grand chose d'autre. Moi, je milite pour qu'il y ait un ancien gardien du PSG qui devienne entraîneur des gardiens, un mec qui n'a pas beaucoup de cheveux par exemple (rires).

Ma cote de sympathie, je ne l'ai pas cherchée. Si j'avais été un lèche-cul... d'ailleurs si je l'avais été, j'aurais certainement fait une autre carrière... mais j'ai refusé les concessions. Pourtant, je ne suis pas un gars qui se plaît dans le conflit, je suis même plutôt consensuel. Mais tu peux être consensuel et dire merde quand tu as envie. Je peux donc avoir la prétention d'être celui qui a fait Marseille, Saint-Etienne et Paris et d'y avoir laissé de bons souvenirs, alors que les supporters de ces clubs ne sont pas tendres avec les anciens passés à l'adversaire en général. Au-delà de tout, ma réussite est là : avoir été aimé dans ces trois clubs. Et quand je retourne dans ces stades, je reçois un accueil qui me donne parfois envie de chialer. Ma victoire, elle, est là, au-delà des chiffres, du pognon et tout ça. Et j'en suis fier."