Juju n'est plus le chouchou
De nombreux supporters stéphanois ont eu un (yohan) haut-le-coeur en voyant les potous de Julien Sablé à Anthony Mounier lors de l'égalisation niçoise. Dans Libération du 23 octobre, le capitaine des Aiglons révèle la relation particulière qu'il entretient avec l'ancien p'tit vilain.
"Je suis très proche de Didier Digard (24 ans) et Anthony Mounier (23 ans). Ils m’apportent de l’insouciance, de la fraîcheur, mieux que le Botox. On adore le foot. On en parle sans arrêt. Je me vois à leur âge. Après un échec, ils sont tentés d’en rajouter à l’entraînement : c’est humain, le mec a la rage, c’est un moyen de reprendre la main. Mais le foot, c’est le samedi. Pas avant. Moi, j’essaie de faire passer des messages. Jamais de manière frontale : avec Didier, ça ne passerait pas.
J’ai perdu ma mère à 18 ans, j’avais disputé cinq matchs en pro : je n’ai pas fait le deuil, je me suis mis dans le boulot à fond et j’ai zappé mon adolescence. Au fil des saisons, j’ai cherché à montrer une bonne image de moi sans me soucier de savoir si elle me correspondait vraiment. A Saint-Etienne, ça allait : c’était mon club formateur, j’étais le chouchou, et dans ce cas-là, les problèmes que tu crois avoir n’en sont pas. Ça s’est compliqué à Lens en 2007 : dans un vestiaire rempli d’internationaux, mes performances sont apparues en décalage avec le statut auquel j’aspirais.
Dans le foot, la légitimité vient du terrain. Toujours. A Lens, j’ai fini quatre mois à la cave. Au fond, c’était un problème entre moi et moi. J’ai compris que je n’étais pas celui que je voulais être ; un monstre mental qui s’impose en un claquement de doigt partout où il passe. Moi, je suis un joueur de devoir. Je ne vais pas gagner le match tout seul, sur un geste. Mon éventuel leadership, je dois le construire semaine après semaine, à chaque match, à chaque entraînement : il va cheminer lentement dans l’esprit de mes coéquipiers. Je suis un joueur qui a besoin de s’ancrer dans les clubs où je suis sous contrat. J’ai mis du temps à le comprendre."