So Batlles !
Le site du magazine So Foot publie aujourd'hui un entretien de Laurent Batlles. Extraits.
"Beaucoup de choses ont changé depuis le début de ma carrière. Les droits télé ont apporté beaucoup d’argent, les contrats chaussures aussi. Avant, quand vous arriviez dans votre club, vous deviez jouer avec la chaussure de l’équipementier du club, il n’y avait pas de contrat individuel. Puis il n’y avait pas toutes les caméras qu’il y a maintenant. La préparation individuelle, aussi, n’était pas la même. À l’époque, on courait tous en même temps. Les meilleurs y arrivaient, celui qui explosait, explosait. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus réfléchi sur le plan individuel.
Je crois que c’était mieux avant… Enfin, des deux côtés, il y a des choses mieux, comme au niveau du travail individuel. Puis, depuis qu’il y a tous ces ordinateurs portables, ces portables, les Playstations, les-ci les-là… Avant on restait souvent en groupe, on jouait aux cartes tous ensemble. On a essayé de récréer ça à Saint-Étienne ou même à Toulouse avec les anciens. Aujourd’hui, les joueurs sont retranchés dans leur chambre, il n’y a plus d’esprit de groupe et c’est difficile de créer quelque chose. Y a moins de cohésion. Ensuite, c’est un choix, j’ai jamais jugé qui que ce soit. Les joueurs jouaient à la Playstation, à la Xbox, je ne sais pas quoi, moi, je n’y ai jamais joué, ça ne m’a jamais trop intéressé, mais, parfois, j’allais les voir jouer pour être avec eux. Ça dépend de votre philosophie.
Je n’ai pas pris de vacances depuis la fin du championnat, j’ai directement enchaîné par mon poste au club, donc je n’ai pas eu le temps de penser. Je travaille pas mal sur le recrutement en ce moment même si on n’a pas trop de matches à aller voir, mais ça se passe bien. Devenir entraîneur ? Je n’y ai pas encore trop réfléchi. J’avais passé le tronc commun du BEES quand j’étais en activité. C’est difficile de pouvoir passer des diplômes en étant joueur. Pour l’instant, je prends mon rôle de recruteur à 100 %, mais on verra dans les mois qui arrivent si je dois passer mes diplômes ou pas. On verra au moment venu, en fonction des opportunités.
L’adrénaline des matches va me manquer. Arriver sur le terrain, avoir la pression du match en lui-même, du résultat. Et le fait de jouer, simplement, de se régaler, de toucher le ballon, d’essayer de dribler, de frapper. Je fais que ça depuis l’âge de 14 ans, vous imaginez que, derrière, quand on arrête du jour au lendemain, ce n’est pas évident. C’est ça qui va me manquer, de jouer tout simplement, de pouvoir faire ce que font aujourd’hui des gamins de 10 ans. Rentrer sur un terrain, poser le ballon au milieu et jouer. C’est tout."