7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

La guerre des goals n'aura pas lieu (2)

Après avoir livré ses impressions en octobre à France Football, Stéphane Ruffier dit ses vérités aujourd'hui dans la Pravda. Extraits. 

"J'aurais pu signer à Rennes l'été dernier, ça m'aurait plu aussi car j'aurais joué la Ligue Europa. Mais les négociations n'ont pas abouti. Saint-Etienne est alors venu à moi, je ne le regrette pas. Ce club est comme je l'imaginai : très pro et sous pression. Ce qui me surprend le plus, c'est l'importance des Verts au quotidien pour les Stéphanois, pas seulement pour les supporters. L'ASSE possède un potentiel et des joueurs ambitieux. L'écart n'est pas si grand avec Montpellier. Cette très belle équipe tourne avec le même groupe depuis trois, quatre ans, donc ça lui donne un temps d'avance par rapport à Saint-Etienne, qui est parti sur un nouveau projet. On reste accroché au deuxième wagon, juste derrière celui de tête. Ce premier bilan est donc très bon.

Recevoir le PSG pour notre dernier match de l'année constitue un beau cadeau de Noël. Cette saison, c'est l'attraction. Il n'est pas devenu un rêve pour un footballeur depuis son rachat par les Qatariens, il était déjà un club coté et attirant bien avant. Mais il a repris une dimension médiatique énorme et cela lui permet d'attirer de grands joueurs. Je suis content car cela fait de la pub à nore championnat, souvent mis en retraite en Europe. J'espère que d'autres clubs seront rachetés. Pour revenir à ce match, ça peut être un cadeau empoisonné car, dans la tête de tous, il y a les vacances juste derrière. Je vais aussi devoir me méfier de Néné. J'ai beau le connaître, il reste imprévisible et doté d'un pied gauche exceptionnel. L'an passé, il m'a mis deux buts dans la lucarne.

Tout le monde annonçait une guerre des goals dans le Forez. C'était nul. On était les deux seuls à être surs que notre cohabitation allait bien se passer. Elle ne nous a jamais inquiétés. On s'est toujours respectés. Quand j'étais à Monaco, on se parlait souvent après les matches. Avant ma venue, les discussions ont été bien ciblées. Je venais pour être numéro un. Quand un club a un gardien en place et qu'il en achète un autre, c'est clair non ? Sa présence ne m'a donc pas mis plus de pression que ça. Dès le lever, je suis dans ma bulle. Je vais me mettre chiffon à l'entraînement. Je fais abstraction du reste. Je ne veux pas me mettre de choses dans la tête qui pourraient nuire à mes performances. Et puis j'avais déjà connu cette situation à Monaco, quand j'ai piqué la place de Flavio Roma. Il m'a apporté son expérience, Jérémie agit de même. Je suis content qu'il ait prolongé. C'est un meneur d'hommes, l'ambianceur du vestiaire.

Je reçois à chaque match des Bleus une préconvocation. Je suis donc dans cette hiérarchie des quatre gradiens de l'équipe de France. Franck Raviot vient me voir assez souvent jouer. Cela prouve qu'il garde un oeil sur moi. Quand tu as touché à l'équipe de France, c'es dur de ne plus y aller. L'Euro 2012 est dans un coin de ma tête. Cette échéance a compté dans mon choix de rester en France plutôt que de partir dans un grand club étranger au risque de me casser les dents. Il faut croire à tout et être ambitieux. Je veux jouer une Coupe d'Europe car c'est un atout aussi pour les Bleus. Si c'est avec les Verts, j'en serai ravi. Mon rêve le plus fou, c'est de gagner une Ligue des champions."