Son amour du jeu lui joue des Tours
Daniel Sanchez vit une deuxième partie de saison difficile : 4ème à la trêve, le Tours FC va finir la saison dans le ventre mou de la L2. Prônant un football offensif, l'ancien adjoint d'Elie Baup s'est livré hier dans La Nouvelle République.
"Les médias m'ont collé l'étiquette d'un entraîneur qui fait bien jouer ses équipes ? En ce moment, c'est plutôt dur. Cela étant, je n'aime pas les étiquettes. Qu'est-ce qu'elles valent dans un métier aussi fragile que celui d'entraîneur ? Les qualités qu'on vous attribue quand vous gagnez deviennent les défauts quand vous perdez. La frontière est fragile. Je suis d'abord là pour gagner des matchs, c'est la finalité. Croire qu'il faut se mettre derrière pour gagner est une hérésie. Mais aller de l'avant ne marche pas non plus à tous les coups... C'est dommage car quand on perd face à une équipe défensive, cela donne des arguments à ceux qui croient qu'il faut bétonner pour l'emporter. Cependant, la base d'une équipe est sa défense. Cette saison, on prend trop de buts, et cela nous prive de la montée.
Un résultat ne tient à un rien, raison de plus pour prendre du recul, garder la tête froide et rester fidèle à ses convictions. Pas facile, j'en conviens, car nous sommes tous sous la dictature du résultat. Mettre en place un jeu offensif réclame du temps. Bien jouer, ou plutôt essayer de bien jouer, permettra de garnir nos stades. Mais le public veut surtout voir son équipe gagner. J'ai écouté Jean Snella et Albert Batteux. Leur credo : '' Bien jouer pour gagner ! '' Le fait que je sois un ancien attaquant explique peut-être le fait que j'aime voir mon équipe marquer des buts.
Quand je suis revenu du Japon, je pensais trouver du boulot facilement, mais on m'avait oublié. Je suis devenu l'adjoint d'Élie Baup. J'ai beaucoup appris avec lui sur la gestion de groupe. D'ailleurs, c'est la tâche essentielle d'un entraîneur aujourd'hui : gérer les problèmes, les ego, les caractères, les agents de joueurs... C'est le rêve de tout entraîneur que de pouvoir appliquer ses idées au plus haut niveau. J'ai signé un contrat avec Tours pour essayer de rejoindre cette élite. J'ai encore un an de contrat pour y arriver... Il faut être patient. Mais beaucoup ont du mal à admettre que même si vingt équipes sont à peu près du même niveau sur le papier, ce n'est pas loin d'être le cas cette saison en Ligue 2, il y aura toujours un premier et un dernier."