Il y a un an, Ian Cathro s'était confié à la chaîne portugaise Sport TV dans la langue de Joao Ferreira. L'occasion de mieux connaître le nouvel entraîneur des Verts ! Morceaux choisis.
"Ma rencontre avec Nuno Espírito Santo [dont il a été l'adjoint à Rio Ave, Valence, Wolverhampton, Tottenham et Al Ittihad, ndp2] ? Il faut peut-être imaginer un colloque avec 40 entraîneurs divisés en groupes. Quelqu'un montre des choses sur le terrain, puis il y a des discussions à côté, et voilà, c'est là que j'ai rencontré Nuno. Dès le deuxième jour, nous étions toujours ensemble à déjeuner, à parler, à discuter. Je pense qu'il a aimé ce que faisait le gamin que j'étais. Et à partir de là, on a commencé à parler et à passer beaucoup de temps ensemble. Mon déménagement au Portugal et cette opportunité ont vraiment, vraiment changé ma vie.
Cela m'a donné l'opportunité de travailler dans le football professionnel, mais peut-être encore plus sur le plan personnel. J'ai passé quelques jours à Porto à l'époque où André Villas Boas était l'entraîneur, je crois que c'était la saison où Porto a gagné la Ligue Europa, et cela s'est croisé avec ce qui s'est passé avec le Rio Ave quand Nuno y était. Ces deux choses se sont produites la même année et, évidemment, à partir de là, je suis devenu beaucoup plus attentif au football portugais.
Pour moi, le moment le plus important, c'est quand je suis seul à la fin de la journée, que tout le monde est parti, ou au moins une fois par semaine, pendant une heure, pour être ici tout seul faire une séance de vidéo, avoir un peu de paix, ne rien entendre. J'aime regarder les écrans, mais je me sens plus proche de l'action plutôt que de fixer un ordinateur ou d'être dans un bureau avec quelqu'un qui veut faire la conversation ou quoi que ce soit. J'aime la paix. J'essaie de regarder notre équipe jouer et de comprendre le contexte. Ce sont deux choses : essayer de comprendre la dynamique de l'autre équipe, les indications, ce qui semble être le plan de jeu, ce qui semble être planifié.
Je veux profiter du jeu, je veux que les joueurs aiment leur travail, je veux que les gens qui viennent nous soutenir et voir notre équipe profitent aussi du spectacle et qu'ils ressentent un lien avec notre manière de faire. Je suis quelqu'un de très obsédé par l'entraînement, par les comportements individuels, collectifs, le plan de jeu, toutes ces choses. Tout ce que je juge important de ne pas oublier, chaque fois que je visualise quelque chose, je l'écris tout en me laissant un peu de temps, et plus tard je vais voir si c'est une bonne idée ou non.
Le plus important, ce sont les relations que l'on réussit à créer et les moments que l'on parvient à construire aussi. Je passe toujours d'un entraînement sur notre dernier match à un entraînement pour le prochain adversaire. L'entraînement du dernier match, l'entraînement du prochain adversaire, c'est pourquoi quand je suis assis là et que je dis "Nous voulons nous améliorer chaque jour", c'est vraiment ça. Un match très difficile, mais comme je l'ai dit ici souvent, nous voulons grandir aussi. Sincèrement, c'est la seule chose que je veux réussir.
Je visualise tous les problèmes qui peuvent survenir pour essayer d'avoir les solutions les plus affinées. Le football est complètement contrôlé par des entraîneurs qui essaient d'être plus malins les uns que les autres. Mais enfin, personne ne paie son billet pour ça. Il faut qu'il y ait de la joie, de l'imprévisibilité, du talent, des moments d'inspiration. Et cela vient de la qualité, de l'énergie et de la décision du joueur. Sauf que moi aussi je veux avoir du travail, c'est pour ça qu'il faut des entraîneurs, parce qu'une équipe de football doit avoir de l'ordre, et pour tirer le maximum du talent d'un joueur.
Je crois que j'ai déjà fait environ huit ou dix livres, si on veut donner un nom à ça, mais c'est simplement le processus d'enregistrer des idées. Je suis quelqu'un de très curieux, j'aime lire, j'aime réfléchir. Si j'ai un jour où je suis complètement perdu, je me plonge là-dedans. Et cela m'aide beaucoup aussi dans la prise de décision. Je ressens probablement plus de tranquillité, parce que je sais que je me suis assis et que j'ai passé en revue toutes les situations théoriques qui peuvent arriver dans une certaine configuration, et cela m'aide à me sentir préparé. Je ne sais pas pourquoi, mais j'étais toujours à la recherche d'autres choses dans la vie et, pour une raison ou une autre, je voulais toujours expérimenter quelque chose de différent.
Je suis né à Dundee, j’avais très peur d'y faire toute ma vie et d'y mourir aussi. Ma vie au Portugal avec ma femme et ma fille ? Le football, c'est le football, c'est important, mais ce n'est pas si important. Le plus important, ce sont elles. Comme beaucoup de gens et beaucoup d'entraîneurs, il y a de nombreuses années, je ressentais le besoin de toujours travailler, d'arriver au stade à 7 heures du matin, d'y rester jusqu'à 7 heures du soir, de rentrer à la maison, de manger, de regarder encore des matchs et de faire encore du travail.
Je ne suis plus du tout comme ça parce que sinon je n'arrive pas à vivre le moment présent. Je pense que c'est la partie la plus importante et c'est ce que je veux faire. Jamais, jamais tu ne m'attraperas ici dans un parc avec ma fille en train de penser à un coup de pied arrêté, parce que je trouve que ça n'a aucun sens. Qui je suis en dehors du football ? Papa, je suis papa. La seule chose que je veux être, c'est rentrer à la maison, être avec elles. On n'a pas beaucoup de temps, Lana et moi, pour être seuls à faire d'autres choses, mais c'est dû au fait que nous avons la chance d'avoir notre Benedita, et je veux juste être avec elles.
C'est tout de suite beaucoup plus facile si tu gagnes les 3 ou 4 premiers matchs 5 à 0. On ne l'a pas fait et c'est pourquoi, évidemment, cela a pris un peu plus de temps… L'un des joueurs m'a dit, je crois que c’était avant le match à l'extérieur contre Estrela da Amadora, il m'a dit avant le match que cela faisait plus d'un an, depuis, qu'Estoril n'avait pas gagné un match à l'extérieur. Je me suis dit "Mon Dieu", pour moi c'était incroyable, mais c'est un signe de la difficulté et de la compétitivité qui existent dans l'élite portugaise.
Je veux faire quelque chose avec Estoril qui laisse une empreinte. Je ne suis pas en train de me projeter dans un futur quelconque. Je suis vraiment dans le quotidien parce que je me sens bien ici. J'aime le football. Il y a certaines choses que je n'aime pas. Le temps effectif de jeu. Nous, on veut jouer au ballon et les autres équipes ne veulent pas toujours jouer au ballon. Envoyer un gardien au sol pour obtenir un temps mort, c'est moche aussi. Quand il y a des ballons sur le côté du terrain et que le ballon entre d'un côté et qu'après il n'y a plus de ballons sur le côté, c'est moche aussi.
Je pense qu'on doit chercher une solution. C'est pourquoi il y a beaucoup de solutions. Mets le ballon sur un cône, le ballon est là. Le joueur peut aller chercher le ballon. Et le jeu, le jeu avance mieux comme je suis quelqu'un de l'extérieur. Vu la qualité qui existe, je pense que ce championnat devrait être beaucoup plus reconnu, non seulement comme une ligue qui exporte des joueurs vers les principaux championnats, mais aussi comme une ligue, purée, qui soit plus intéressante à regarder pour les autres personnes !
Nous avons l'idée de réussir à rester ici plusieurs années. Peut-être qu'en même temps je dois dire que je travaille dans une industrie où il est difficile d'avoir cette certitude, mais c'est aussi ma façon d'être et de voir les choses. Je veux profiter du travail parce que je pense que c'est très important. Et je veux créer des souvenirs avec les gens avec qui je travaille. Je ne sais pas si j'arriverai à un moment de ma vie, à 80 ans, à penser à un 4-4-2, mais je vais peut-être regarder une photographie avec des visages et des personnes qui transmettent des émotions et des souvenirs. Je veux qu'eux aussi regardent en arrière et aient de bonnes sensations, qu'ils se disent qu'on a tellement travaillé, qu'ils ont tout donné et que ce gars-là les a aidés, parce qu'au fond, mon travail, c'est d'aider les joueurs."
Merci à Thomas99 et à Anaëlle pour l'aide à la traduction et à osvaldopiazzolla pour avoir déniché cet entretien.

Potins