Galette vomit la défaite
02/04/2015
Dans un long entretien à paraître après-demain dans La Pravda Mag, Christophe Galtier évoque son métier d'entraîneur, son avenir et sa haine de la défaite. Extraits.
"S’il y a quelque chose qui me bouffe la vie dans ce métier-là, c’est que même quand tu dors, tu travailles ! On a le sommeil léger. L’entraîneur est un hyperactif. Il doit toujours essayer d’avoir un ou deux coups d’avance. Les meilleurs ont deux, trois coups d’avance. Toujours dans l’anticipation, toujours en éveil ! Et on en oublie tout ce qu’il y a autour. De manière incroyable. Ça fait même mal quand on y pense. On en oublie la famille, on ne voit pas vieillir ses parents, on ne voit pas grandir ses enfants. C’est une passion, on est complètement intoxiqué.
Souvent, tu as tendance à broyer du noir : « Je suis pas terrible, je n’y arrive pas... » Et puis tu te compares. Quand je me regarde, je m’inquiète, mais quand je me compare, je me rassure. Ce n’est pas être prétentieux. Tu constates que les autres, quand ils ont tes problèmes, ne font pas forcément aussi bien. Dimanche dernier, à Geoffroy-Guichard, il y avait cinq joueurs qui ont été internationaux pour la première fois sous le maillot vert ! Là, je ne sais pas si c’est de la fierté, mais je me dis : « On a bien bossé, on est dans le vrai. »
On m’a que cette saison, au niveau du jeu, c'est moins clinquant que les deux dernières saisons et je me suis vachement inquiété. Puis j’ai comparé. Est-ce qu’on peut être comme en 2013, où on gagne la Coupe de la Ligue, ou bien l’an passé, où on gagne vingt matches de Championnat en jouant une fois par semaine ? Est-ce que nous, à l’ASSE, on peut être flamboyant, pétillant, en jouant 53, 54 matches dans la saison ? La réponse est non. Cette saison, c’est non. Quand tu joues tous les trois jours, la place n’est pas au travail mais à la récupération, et Saint-Étienne ne peut pas être pétillant et flamboyant comme il a pu l’être les saisons précédentes. C’est comme ça.
Maintenant, on doit réfléchir à comment on peut être mieux encore dans la constance, dans le jeu. Ce qui est sûr, c’est que la dernière fois que Saint-Étienne a disputé autant de matches, on a joué le maintien lors de la dernière journée de Championnat ! Là, avec nos moyens, vingt joueurs de champ dont un gamin de 18 ans, on est la deuxième défense du Championnat, on est à la lutte pour les places européennes et on a une demi-finale de Coupe de France à jouer ! Je suis convaincu qu’on a les moyens d’éliminer Paris, d’autant plus que personne ne nous voit gagner
Notre parcours en Coupe d'Europe, ce n’est pas un échec. Moi je regrette surtout qu’il n’y ait pas eu de victoire. Quand on se qualifie pour la phase de poules, je sais qu’on va grandir encore. Et cette expérience nous a servi à aborder certains matches ensuite. Oui, au détriment du pétillant. En se disant : « Il faut gagner sans brûler toutes les cartouches. D'où un coching moins audacieux cette saison, d’où aussi la modification fréquente de mon onze de départ. C’est peut-être aussi pour ça qu’on est arrivés à 36 points à la trêve. J’ose espérer qu’on aura le bonheur de revivre l’Europe pour se servir de tout ça. Tout n’est pas à jeter et il y a d’autres choses à amener.
Avec ce groupe, on n’aura pas plus ! On est au maximum de ce que l’on peut faire sur le plan financier. Mais ça, je l’intègre et je le respecte. Mais on a d’autres atouts ! C’est ce que représente ce club, Geoffroy-Guichard, les supporters. L’atout, c’est aussi de dire à un joueur : « Tiens, en venant chez nous, tu as peut-être plus de chances de porter le maillot tricolore. » Ce sont des arguments que nous avons le droit de faire valoir. En restant à Saint-Étienne, je sais vers quoi on va aller. La saison dernière, après la quatrième place, j’avais la crainte de faire la saison de trop. Et puis, je me suis dit : « Si on pouvait vivre l’aventure européenne, c’est bien dans le Chaudron qu’il faut la vivre ! » Il manquait aussi un derby gagné à domicile et il n’y a pas eu de projets intéressants dans ce que l’on a pu me proposer l’an dernier.
J’ai rendez-vous avec mes dirigeants au mois de mai. Je leur ai demandé qu’on ne parle pas d’avenir jusqu’au mois de mai. Mais ce qui est sûr, c’est que je travaille sur la saison prochaine. A Saint-Etienne. Parce que c’est comme ça. Je ne sais pas ce que va être mon avenir. Mais si je ne fais pas cela, ma saison est finie ! On fera le point en mai.Je sais que je suis un privilégié. Un, parce que j’ai des dirigeants qui veulent me conserver et deux, je suis dans un club qui donne envie à tout le monde. Ça, je l’intègre. Sans rêver, où puis-je trouver mieux qu’à l’AS Saint-Étienne ? Le tour est vite fait sur le plan national. Après, j’ai toujours dit que le Championnat anglais, que j’ai côtoyé sept mois, était celui qui m’interpellait le plus.
On m'envoie à Marseille ? C’est le raccourci classique mais dans le football, il n’y a rien de logique. Cela dit, quand tu as connu ce que j’ai connu avec ce club, dire que « non ça ne me plairait pas de revenir à Marseille en tant qu’entraîneur principal », ce serait mentir. Mais ce n’est ni un objectif ni une fin en soi. Je peux aussi rester à Saint-Étienne et prendre autant de plaisir avec moins de moyens, en sachant qu’on ne sera pas champion de France mais en me disant : « Et si on allait un peu plus loin en Europa League, si un jour on pouvait être dans les trois premiers et entendre la musique magique ? » Je suis capable de dire ça parce que ce n’est pas rêver. Ça, ça peut être accessible !
Ce qui a beaucoup changé chez moi, c’est que je mets de plus en plus de temps à digérer les défaites. Oui, elles font mal aujourd’hui. Et je sais pourquoi. Je me suis imposé, j’ai imposé aux gens avec qui je travaille, mois après mois, une exigence incroyable pour atteindre des objectifs. Rien n’a été laissé au hasard. Je pleure après certaines défaites, je vomis ! Quatre minutes après la finale de la Coupe de la Ligue il y a deux ans, une personne m’a dit : « Maintenant, tu es un entraîneur qui a gagné. » Je n’ai pas mesuré sur le moment, mais maintenant si. La victoire change tout. Et ce premier grand rendez-vous de ma petite carrière, c’était important de le gagner."
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