Un Ange passe dans la Pravda

11/08/2018
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Dans la Pravda à paraître demain, l'Ange Vert raconte ses souvenirs de joueur. Extraits.

 

"Le joueur le plus fort avec lequel j'ai joué ? Facile : Michel Platini. J'ai évolué avec d'autres grands joueurs, comme Mustapha Dahleb et Safet Susic, au PSG. Mais Michel était le meilleur de sa génération. Même si notre année à Saint-Étienne a été en dents de scie (1979-1980), c'était un régal de jouer avec lui. Dès que tu te déplaçais, tu savais qu'il allait prendre la bonne décision.

(...)

Le joueur le plus méchant que j'aie rencontré ? J'hésite entre Jean-Louis Cazes et Gernot Rohr. Après avoir passé une saison avec lui à Saint-Étienne (1974-1975), Jean-Louis m'a déçu, une fois, à Bastia. Il se montrait très violent avec moi, sur le terrain et verbalement, où il me menaçait de ne pas finir le match, à Furiani. Quant à Gernot, quand il se trouvait derrière moi lors des PSG-Bordeaux, je faisais gaffe. Mais il ne m'a jamais blessé.

(...)

L'entraîneur qui m'a le plus marqué ? Mon premier, Roby. Il a lancé ma carrière et j'entretenais une bonne relation avec lui. Quand il m'appelait dans son bureau, on parlait de football et de musique. J'avais vingt ans et c'était énorme de me retrouver devant ce grand joueur, devenu très jeune entraîneur, avec des résultats immédiats. C'était un entraîneur novateur - il voulait passer du Wagner dans un vestiaire où il n'y avait alors pas de musique - et très intelligent. Je ne lui en veux pas de ne pas m'avoir fait jouer la finale de 1976, sauf les sept dernières minutes, alors que je me sentais hyper bien. D'ailleurs, je me suis fait opérer derrière.

(...)

Mon but le plus important ? Forcément, le troisième but contre le Dynamo Kiev marqué au bout des crampes et de tout. Ce n'est pas un super but mais un but qui compte. Il est rentré dans la légende des Verts et il m'a fait changer de dimension. Je vivais comme un ermite dans mon chalet, à la campagne. J'étais loin de toute cette ferveur. Je ne la voyais que le jour des matches. Ce qui m'intéressait à l'époque, c'était de m'entraîner, de jouer et la musique. Pour voir de grands concerts, j'étais obligé d'aller à Lyon ou à Paris. Quand j'ai commencé à être connu, ça n'a plus été possible. Pour continuer à aller voir Eagles et America en concert, je devais partir aux États-Unis. C'était les grandes années rock, en Californie. Mes vacances étaient faites pour ça.

(...)

Le meilleur souvenir de ma carrière ? La saison 1975-1976. Si elle s'est mal terminée avec cette finale perdue à Glasgow, j'étais en pleine bourre. Le phénomène vert, cette ferveur partout en France, c'était fou. J'avais vingt ans et on était adulés. Je recevais un courrier digne d'une star du rock and roll. Je lisais tout, les déclarations d'amour, les demandes en mariage comme les lettres de supporters aussi, un peu, notamment venues d'Afrique où nous effectuions des tournées l'hiver. Lors de l'une d'elles, au Gabon, j'ai assisté à mon seul concert de Bob Marley, celui de la grande époque. Je lisais ces lettres, mais je n'y répondais pas trop. Je ne voulais pas rentrer là-dedans et me prendre au jeu. Ce n'est pas plus mal. Ma mère les a toutes gardées. Je les relirai, un jour.

(...)

Le pire souvenir ? Mes blessures qui m'ont privé de la finale de 1976 et de la demi-finale de la Coupe du monde 1986 contre la RFA. Toutes perdues. On a beau aimer le football, cette philosophie véhiculée notamment par Jean-Louis Gasset qui allie le collectif au plaisir et qui a fait la force des Verts, la finalité, c'est la gagne. L'équipe de France vient de le rappeler, en Russie. Je continue pourtant à penser qu'il n'y a pas que ça. C'est pour cette raison que l'équipe des Pays-Bas 1974 reste mon équipe préférée dans l'histoire du football et que Messi, même sans n'avoir jamais gagné la Coupe du monde, est à mes yeux le plus grand joueur de tous les temps."

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