Matuidi a tout dit

21/05/2016
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Dans son autobiographie "Au bout de mes rêves" parue avant-hier aux éditions Solar, Blaise Matuidi revient longuement sur son expérience stéphanoise. Premier extrait.

 

"Alors que l'Estac semblait sombrer irrémédiablement lors de la deuxième partie de saison 2006-2007, beaucoup de joueurs ont commencé à être de plus en plus préoccupés par leur avenir. Personne ne lâchait le groupe, mais il fallait bien anticiper au minimum un scénario qui paraissait plus que plausible. Pour ma part, la possibilité d'un transfert lors de l'été suivant a rapidement émergé. Etienne Mendy, mon agent, m'a expliqué qu'il recevait pas mal de sollicitations et que les dirigeants de Troyes n'étaient pas contre l'idée d'un départ pour renforcer la santé financière du club.

 

Bordeaux, alors entraîné par Ricardo, était visiblement très intéressé en cas de départ de Rio Mavuba. Saint-Etienne, également, me suivait de près. Comme mon agent était proche des Verts, tout pouvait aller très vite. Et ça me plaisait bien, comme point de chute. Club historique du football français, Sainté m'est alors apparu comme le parfait compromis afin de poursuivre ma progression. Stable, solide et bien structuré, le club m'offrait aussi la possibilité d'évoluer au cœur du Chaudron, où règne l'une des plus belles ambiances de l'Hexagone.

 

Je me souviens qu'Etienne m'avait dit que si les négociations avec l'ASSE n'aboutissaient pas, il pouvait me rapprocher de l'OM, car il connaissait bien son président de l'époque, Pape Diouf. Mais je n'avais pas envie de poser mes valises à Marseille où, pour le coup, la stabilité n'était pas la qualité première. Trop de risques, trop d'incertitudes… Ce n'était pas du tout ce que je recherchais. J'avais aussi été approché par un club écossais, le Celtic Glasgow, qui était prêt à m'offrir beaucoup d'argent. Mais je n'étais pas très motivé à l'idée de m'exiler là-bas, où j'allais perdre en visibilité.

 

Assez vite, la touche que j'avais avec Saint-Etienne est devenue sérieuse. Au début du mois d'avril 2007, Bernard Caïazzo a souhaité me rencontrer. Nous nous sommes donc retrouvés un soir à Paris, au Fouquet's, sur les Champs Elysées. Lors de ce repas, où je me suis rendu avec mon père, j'ai été convaincu par le discours du président stéphanois. L'ASSE était prête à m'accueillir dans d'excellentes conditions, avec un beau projet sportif à moyen terme. Dès lors, ma prochaine destination était déjà actée oralement. Ne restait plus aux deux clubs de se mettre d'accord financièrement.

 

Au moment de la reprise de la saison 2007-2008, les négociations entre Troyes et Saint-Etienne n'avaient pas encore abouti à un accord. Désireux d'obtenir le meilleur prix de vente, ce que l'on pouvait comprendre, vu la situation financière assez précaire de l'ESTAC, les dirigeants troyens demandaient une somme conséquente, que l'ASSE ne semblait pas prête à mettre sur la table. J'ai donc repris l'entraînement avec l'effectif troyen, en me disant que les choses finiraient bien par se décanter dans les jours suivants.

 

Début juillet, je suis parti en stage aux Sables-d'Olonne sans trop me poser de questions, même si l'incertitude qui régnait autour de mon transfert m'ennuyait un peu. Pour autant, loin de moi l'idée d'aller au clash ou de mettre une quelconque pression sur la direction troyenne. Sollicité par la presse sur mon avenir, j'ai juste joué franc-jeu en expliquant que j'étais à 90% stéphanois dans ma tête et qu'il restait quelques détails à régler. La bonne nouvelle est arrivée par téléphone alors que j'étais dans ma chambre d'hôtel avec mon pote Dalnath Miatoudila. Au bout du fil, Etienne Mendy m'a confirmé que c'était fait.

 

Le transfert allait être officialisé aux alentours de cinq millions d'euros, avec des bonus en cas de qualification européenne et/ou de sélection internationale. J'étais à la fois soulagé, heureux et hyper enthousiaste à l'idée de retrouver au plus vite mon nouveau club. Lors de la collation qui a suivi cette annonce, j'en ai profité pour mettre tout le monde au courant. Comme ce n'était un secret pour personne, je n'ai reçu que des félicitations et des encouragements de la part de tous ceux qui étaient présents. Ensuite, j'ai foncé dans le Forez sans repasser par Troyes car il fallait que j'intègre au plus vite l'effectif stéphanois.

 

Dormant à l'hôtel pendant un mois, j'ai cherché de mon côté mon futur domicile, car je n'aimais pas trop ce que l'ASSE me proposait. J'ai fini par trouver mon bonheur dans le quartier de Bellevue, légèrement sur les hauteurs de Saint-Etienne, une petite maison de ville très sympa. Pour commencer, il y avait plusieurs chambres, ce qui me permettait d'accueillir du monde. Mais le petit truc en plus qui nous a fait craquer Isabelle et moi, c'était le sauna. Un vrai kif ! Pour l'aménagement et les petits travaux qui allaient avec, mon beau-père m'a beaucoup aidé. Pas fans du bois, nous avons tout recouvert de belles tapisseries. C'était classe !"

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