Le derby vu par Jean-Mimi

· aloisio
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Jean-Michel Larqué parle du derby dans la dernière édition du Parisien. Extraits.

 

"Les joueurs stéphanois et lyonnais se côtoient moins qu’à mon époque. Et ils se chambrent donc peu. Moi, je croisais des Lyonnais en équipe de France. Même quand Lyon n’était pas très fort, il y avait Di Nallo, Lacombe ou Chiesa. Ça se titillait un peu. Notez que je suis un cas un peu à part car, quand j’ai commencé à l’ASSE, je faisais en parallèle mes études à la faculté de Lyon. Et jamais ma voiture immatriculée 42 n’a eu de problème ! Une rareté aujourd’hui. En revanche, on s’allumait parfois entre joueurs.

 

Avec les Verts, j’ai inscrit 78 buts en championnat, mais seulement deux de la tête. J’étais nul dans le jeu aérien. En 1977, lors de mon dernier derby, le terrain de Geoffroy-Guichard était pourri. Mais, sur un corner, le ballon me touche la tête et je marque. En remontant le terrain, j’ai entendu Bernard Lacombe, qui savait à quel point j’étais mauvais, hurler à ses défenseurs Lyonnais « Non, pas Kelar de la tête. Pas lui ! » L’autre bon souvenir de derby, c’est en 1993. J’étais directeur général de l’ASSE. A cette époque, Lyon était déjà plus fort. Et pourtant on avait gagné 3-0 avec notamment un but de Pascal Despeyroux, un milieu défensif. Lui, il marquait autant que j’étais bon de la tête !

 

C’est compliqué de se chambrer comme avant lors des matchs des pros. Mais chez les jeunes, ça perdure : il y a un mois, pour un ASSE-OL en moins de 17 ans, plus de 1 000 personnes sont venues au stade Aimé-Jacquet à l’Etrat voir les jeunes Verts gagner 1-0. Mille personnes pour un match de gamins ! Où voit-on ça ailleurs en France ? Dans les centres de formation, on reste sensibilisés. Le problème c’est qu’ensuite, ça se transforme en haine dans les tribunes.

 

Aujourd'hui, les joueurs ont peut-être moins d’humour. Nous, on taquinait. Ça n’empêchait pas les traitements de choc. Le Lyonnais Jean Baeza ne s’est pas gêné devant Patrick Revelli par exemple. Il y avait aussi Raymond Domenech, mais lui, il se dégonflait devant Georges Bereta ! Tout cela s’entretenait car, dans chaque équipe, on restait au moins dix ans. Aujourd’hui, c’est moins le cas. Mais un derby ASSE - OL reste la plus belle rivalité du championnat. Perdre, c’est l’assurance de subir les moqueries durant des mois. Gagner, c’est la garantie d’avoir le petit sourire en coin.

 

Les Lyonnais me font une très bonne impression par rapport aux dernières prestations des Verts. Contre Montpellier, Strasbourg ou Toulouse, j’ai trouvé les Stéphanois très inquiétants. Lyon, même s’il y a des trous d’air dans cette équipe, m’apparaît bien supé- rieur. Cela peut même faire de gros dégâts dans la défense verte."

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