M'Vila, après le gâchis, le rachat ?

29/01/2018
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Yann M'Vila, qui fera ce week-end son retour dans sa ville natale à l'occasion de la 24e journée de L1, aura droit demain dans la Pravda à un long rappel de ses dérapages. Extraits.

 

"Il parlait, comme un ancien, de sa paternité à dix-huit ans, de ses origines modestes dans un quartier populaire d'Amiens ("Cela m'a appris à ne pas faire n'importe quoi [...] Croyez-moi, je suis loin de flamber avec mon argent"). Il a alors vingt ans, tout pour lui, et, pourtant, rien ne colle avec ce qui va suivre.

 

En très peu de temps, il va basculer des pages sportives à celles des faits divers, de la cour du Real à celle de Crystal Palace pour finalement atterrir au Rubin Kazan. Au moins, il ne prit personne en traître. En 2010, dans le magazine L'Équipe, il lâcha : "Des conneries, j'en ai fait et j'en referai." Il tint parole et son avocat de l'époque, Thierry Fillion, eut du boulot : violences infligées à un automobiliste qui aurait proféré des insultes racistes, embrouille avec des supporters bretons après l'élimination en Coupe face à Quevilly, garde à vue de vingt-quatre heures après avoir frappé un mineur de dix-sept ans de son entourage, passage devant la commission de discipline après l'Euro 2012 pour ne pas avoir salué ni Olivier Giroud ni le sélectionneur Laurent Blanc au moment de son remplacement contre l'Espagne.


Des avertissements sans frais auxquels il ne prit pas garde, selon Fillion : "Il n'avait pas dealé de la drogue, pas battu sa compagne ou causé un accident de voiture mais il a accumulé plein de petites histoires médiocres sur de courtes périodes. Même le vol dont il a été victime (par deux jeunes femmes dans un hôtel de Montpellier en août 2011) a alimenté cette mauvaise image. Il lui fallait vraiment partir." Surtout après la virée nocturne avec quelques joueurs de la sélection des Espoirs (Griezmann, Mavinga, Ben Yedder, M'Baye Niang) la veille du match de barrage retour de l'Euro 2013 contre la Norvège, en octobre 2012. Il sera suspendu de sélection nationale jusqu'au 30 juin 2014 et on ne le revit plus chez les Bleus.

 

Ancien directeur du centre de formation de Rennes, Patrick Rampillon, face au déroulé de cette demi-décennie, s'interroge sur ce milieu talentueux, arrivé à quatorze ans, passé d'une victoire en Gambardella en 2008 à sa première titularisation en L 1 en août 2009 : "C'est un bon garçon qui a fait l'unanimité auprès de ses entraîneurs mais on a peut-être raté quelque chose avec lui." Peut-être ses éducateurs l'ont-ils vu trop beau, trompés par ses discours en apparence matures alors que sa situation familiale n'était "pas équilibrée" (Rampillon) entre la séparation tendue de ses parents et la responsabilité qu'il eut de gérer, à dix-huit ans, un enfant mais aussi un père et un frère aîné (Yohan, ancien pro à Dijon et AC Ajaccio) en perdition. Un proche parle d'un "entourage délétère" qui ne cessa de grandir, de le dévorer et l'essorer sans qu'il ne s'y oppose, "livré à lui-même".

 

"Il a été très sollicité, il a perdu les pédales, estime Antonetti. C'était un jeune joueur, doué, qui aimait le foot. Puis il a connu le succès, l'argent, et il s'est plus ou moins intéressé à son sport. Il pensait que ce serait toujours comme ça. C'est un gentil garçon qui ne sait pas dire non." Ses "faux copains" voulaient aller à Londres en jet privé pour voir un match de foot ? L'international français (22 sélections) leur laissait sa carte bancaire... Jérôme Leroy se rappelle lui avoir fait un peu la morale, sans le juger : "Il sortait après les matches, et alors ? Tout le monde fait des conneries. Je lui disais à lui et (Yacine) Brahimi : "Prenez ma place, ce n'est pas normal que je sois encore sur le terrain. Vous pouvez vous amuser mais le travail, c'est le travail.” Combien de fois je le leur ai dit !" L'Amiénois n'écouta pas, n'eut bientôt plus de filtre, ni de limites, et Antonetti, qui proposa à M'Vila de l'héberger chez lui, finit par se résigner face à sa cour perverse et invasive. "C'est un homme généreux, on pouvait tout lui demander, reconnaît Chris Mavinga, son ami. Aujourd'hui, il a fait le grand ménage." Ses agents (qui n'ont pu être joints), aussi, ont tenté de le raisonner, mais comme ils le confiaient à un intime : "Avec Yann, on n'y arrive pas."

 

Il a donc fallu qu'il "touche le fond pour se relever, analyse Mavinga. II a eu une prise de conscience." Et le fond, ce fut la Russie, exil doré, en janvier 2013, pour un salaire démentiel (3 M€ par an puis 5 M€ après sa prolongation en décembre 2016) qui faisait passer la pilule du déclin sportif. La première année, il se morfondit mais put alors compter sur la bienveillance du staff, surtout après avoir saccagé, avec des proches, une villa sur l'île de la Réunion en décembre 2013. Puis vint un prêt à l'Inter Milan, en juillet 2014, pour retrouver de la visibilité. Huit matches, trois titularisations valident l'échec.


L'été suivant, il retrouve des couleurs à Sunderland, en prêt encore, et Wahbi Khazri découvre "un homme à l'inverse de l'image qu'il véhicule. Très respectueux, agréable à vivre. Ses bêtises, il en avait conscience, il regrettait surtout par rapport à l'équipe de France car il sait qu'il n'a rien à envier à certains." En Angleterre, il participe au maintien des Black Cats, "avec les mêmes qualités mais pas le même volume de jeu" (Antonetti). L'exil russe l'a affaibli sportivement mais apaisé, selon Mavinga : "Quand tu pars en Russie, tu vois les vrais, ceux qui te suivent. Les autres attendent ton retour en France pour te gratter. Maintenant, il s'en fout d'avoir 10 000 potes. Il ne veut plus être dans le même bourbier."


C'est le sens du message qu'il diffuse depuis son arrivée à Saint-Étienne et auquel veulent croire ceux qui ont encore foi en lui, "parce qu'il n'a que 27 ans" (Antonetti), "parce que le talent n'a pas disparu" (Mavinga). On le dit épanoui, apaisé, depuis qu'il a refait sa vie, papa de quatre enfants et particulièrement pieux à en croire ses messages sur les réseaux sociaux. Khazri l'imagine "très revanchard. Il va faire de grandes choses. Il est très content de revenir en France, il a envie qu'on parle de lui." En bien, cette fois, seulement en bien."

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