Un adversaire  impitoyable, un écrin en ébullition, un scénario  à rebondissements... Et l'avènement d'une épopée !
Découvrez le mythe des poteaux carrés au travers d'un match légendaire...


Mercredi 12 mai 1976 - Coupe d'Europe des Clubs Champions - Hampden Park (Glasgow)
Finale: Bayern Munich 1-0 ASSE
Spectateurs: 63.269 - Arbitre: M. Palotaï (Hongrie)

Buteur: Roth (57e)

Bayern Munich : Maier - Hansen, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Horsmann - Durnberger, Roth, Kapellmann, Hoeness, Müller, Rumenigge. Entraîneur: Dettmar Cramer
ASSE : Curkovic - Janvion, Piazza, Lopez, Repellini - Bathenay, Larqué, Santini - P. Revelli, H. Revelli, Sarramagna (Rocheteau 83e). Entraîneur: Robert Herbin



L'avant-match
20h15: Hampden Park, l'un des plus vieux stades européens, rugit.

Tout est vert en ce mercredi 12 mai: la pelouse, les tribunes, le ciel aussi. Toute la journée, plus d'une centaine d'avions l'ont sillonné, chargés de supporters. Un véritable pont aérien entre la France et l'Écosse.

Débordées par ce flux, les autorités locales ont dû détourner plus d'un avion sur Edimbourg. Ils sont 30.000 à avoir paradé d'un pub à l'autre, enrubannés aux couleurs stéphanoises. Puis, ils sont entrés dans Hampden Park et se sont jetés sur les tribunes de bois. Les Écossais ont vu cela d'un bon oeil, ils ont pris fait et cause pour Saint-Étienne. La presse allemande en sera même choquée.



Populace en liesse dans les rues de Glasgow


Ce soir-là , il y a 65.000 spectateurs contre le Bayern et pour Saint-Etienne, sans compter les 20 millions de téléspectateurs français. Un petit événement en marge du match: le midi, les dirigeants des Rangers ont invité à déjeuner Roger Rocher qui lui-même a insisté pour que l'on convie ses amis du Celtic. Celtic et Rangers, les ennemis héréditaires, à la même table, c'est du presque jamais vu. Les joueurs écossais en tout cas, ne cachent pas leur préférence: ils sont venus voir gagner les Verts.



L'affiche officielle de la finale


Côté bookmakers, l'ASSE est donnée gagnante à 4 contre 1. Les Verts sont pourtant très diminués. Gérard Farison et Christian Synaeghel sont passés sous les crampons des joueurs nîmois, qui se sont mis à dos, en la circonstance, la France entière.
Quant à Rocheteau, il n'arrive pas à se guérir d'une déchirure à la cuisse. Il est pourtant du voyage à Glasgow.
Il est 20H15, la pelouse est un vrai billard. Müller et Hoeness donnent le coup d'envoi du plus célèbre match de l'histoire de l'ASSE.

Larqué, Palotai et Beckenbauer pour le traditionnel échange de fanions


Les faits du match
Dès le début du match, les Verts tentent d'imposer leur style. Le Bayern casse le rythme, ne misant que sur la contre-attaque. Mais dès la 3e minute, Gerd Müller s'arrache et se présente seul devant Curko. Il frappe, le ballon fuse et rentre dans le but, au ras du poteau.
L'arbitre siffle... hors-jeu. Ouf.
Après revisionnage, le hors-jeu ne semble pas si évident que cà. Ouffffff.

Sur cet avertissement sans frais, les Verts cherchent à se mettre à l'abri. C'est ainsi que Patrick Revelli, dans son style rageur, part et bénéficie d'un contre favorable devant Beckenbauer puis transmet à Santini dont le tir est bloqué par Maier.



Patrick Revelli met rapidement la pression sur les buts de Sepp Maier


7e minute: Coup-franc commis par Osvaldo Piazza sur Müller. Roth tire puissamment à gauche. Ce soir, c'est lui qui sera en charge de tous les coups de pied arrêtés.
Sarramagna commence son festival en donnant le tournis à la défense allemande dès la 10e minute où il se joue de son adversaire direct, le Danois Hansen, qu'il avait ridiculisé lors d'un récent France-Danemark. Son centre trouve la défense allemande qui repousse en corner.
Kapellmann s'enfonce sur l'aile gauche à la 12e minute, déchire la défense stéphanoise et se présente seul devant Curko, il est bousculé par Pierre Repellini dans la surface de réparation. Chacun retient son souffle. M. Palotaï ne bronche pas.
Ce soir, l'arbitre a décidé de se faire discret...



Jean-Michel Larqué à la lutte avec Franz Roth


Une minute plus tard, Lopez récupère un ballon dans son camp, s'en va dans un raid décidé, transmet à gauche à Sarramagna qui centre, tête de Patrick Revelli qui surprend tout le monde, mais le ballon passe légèrement à gauche.
Ce n'est que partie remise: Sarramagna remet ça à la 15e minute sur un centre au deuxième poteau. Horsmann est contraint de dégager le ballon en catastrophe en cormer devant Patrick Revelli. Puis, pour la première fois de la partie, on voit Hoeness qui tente de brûler la politesse à Janvion. Mais le défenseur stéphanois dans un tacle rageur, parvient à dégager le ballon en corner.

C'est au tour de l'ASSE de bénéficier d'un coup-franc bien placé à la 19e minute. Jean-Michel Larqué s'avance, chacun pense au coup-franc de Kiev et de Eindhoven. Le tir de Larqué est bien dirigé, mais Horsmann sauve et dégage le ballon en corner.
L'attaque allemande suivante verra Roth tirer vers le but de Curko, mais le ballon est contré et revient vers Rummenige dont le shoot passe à droite. Dix minutes plus tard, Kapellmann s'échappe sur l'aile droite, cette fois, il est contré in extremis par Lopez alors que le ballon roule en corner.



Christian Sarramagna s'impose de la tête devant Udo Horsmann (photo l'Équipe)


Et puis c'est la 34e minute, le premier des trois grands évènements de la rencontre. Dans le rond central, Dominique Bathenay récupère le ballon et s'en va balle au pied en éliminant un à un les adversaires dont en dernier, rien moins que le Kaiser Beckenbauer. Il ajuste le ballon sur son pied gauche, décoche un tir instantané qui va mourir sur la barre transversale. Le ballon revient vers Hervé Revelli, seul en position idéale. Hervé reprend le ballon de la tête, mais imparfaitement et le met dans les bras de Maier qui n'en demandait pas tant.



Saleté de poteaux carrés...


C'est un premier but de perdu, un premier espoir trahi. Sur la contre-attaque bavaroise, Hoeness expédie un missile qui passe à gauche.
Deux minutes après, Beckenbauer monte à l'attaque. Il transmet à Schwarzenbeck qui lance à droite Rummenige dont le tir d'une violence exceptionnelle est relâché par Ivan Curkovic. Le ballon roule le long de la ligne de but. Ivan se précipite, peut l'éloigner alors que Lopez intervient juste devant Muller à l'affût, pour dégager ce ballon en corner.

Second évènement: la fameuse 39e minute qui alimentera la légende des poteaux carrés d'Hampden Park... Sur l'aile gauche, Christian Sarramagna échappe, une fois de plus, à la vigilance de Hansen et centre au premier poteau: Santini est seul, il jaillit et se retrouve en position idéale. Il a anticipé sur la sortie de Sepp Maier et place une tête surpuissante et imparable. Le portier bavarois est battu mais le ballon rebondit sur la barre, et revient dans les pieds de Schwarzenbeck qui dégage au loin.



Foutus poteaux carrés...


Le Bayern revient de loin mais à la mi-temps, le score reste bien nul et vierge.

La seconde période repart sur le même scénario: domination verte, calme glacé du Bayern à l'image de Franz Beckenbauer, imperturbable et écoeurant devant son gardien.
Piazza, à la lutte avec Müller, récupère le ballon à la 46e minute, part en une-deux avec Patrick Revelli qui s'échappe le long de l'aile droite, centre, Sarramagna bondit, saute plus haut que tout le monde à hauteur du premier poteau. Cela semble être le but mais non, le ballon passe très légèrement à droite. Maier était pourtant battu... encore une fois.

Le Bayern tente toutefois de réagir par Rummenigge qui donne beaucoup de soucis à Repellini. L'Allemand s'échappe et se présente seul devant Curkovic mais Lopez revenu à toutes jambes, sauve les siens.
Piazza a des fourmis dans les jambes, on le voit de plus en plus alerter ses attaquants. Il part balle au pied, dans une chevauchée rectiligne dont il a le secret, sert Hervé Revelli en bonne position. Mais ce dernier tarde à tirer et le ballon est contré.



Oswaldo Piazza commence à s'impatienter et se fait plus offensif


Le temps passe, rien n'est marqué. On commence par envisager la prolongation, même s'il reste près d'une demi-heure à jouer. En effet, il n'y a pas d'horloge dans le stade de Glasgow. Si on regarde sa montre, il n'est que 21h27.
L'heure du crime.

Müller reçoit le ballon, commence à jouer des fesses et pousse Piazza à la faute. M. Palotai siffle un coup franc indirect à 20 mètres légèrement à gauche en regardant les buts d'Ivan. Le mur stéphanois tarde à se placer aussi l'arbitre hongrois lui fait signe de reculer. Beckenbauer s'avance et délivre une passe pour Franz Roth qui ajuste une frappe lourde dans le coin droit du but de Curko qui doit s'incliner malgré une détente désespérée. 1-0 pour le Bayern, le destin a choisi son camp.



Le tir fatidique de Roth


La frappe n'était pas imparable mais puissante et précise. Curkovic, le héros d'Eindhoven, ne réussit pas l'arrêt décisif, il s'en voudra longtemps.
Et ce n'est pas la récupération du ballon par Jacques Santini qui tire sur Maier, ni sur une énième chevauchée d'Osvaldo qui tombe dans la surface de réparation en réclamant en vain un pénalty, qui feront évoluer le score.
Les Allemands ne lâchent rien et au contraire, on voit Hoeness qui perce, passe, élimine Janvion, passe Lopez, tire alors que Curkovic dans une belle détente détourne le ballon en corner.

Enfin, arrive la 83e minute, il ne reste donc que 7 minutes à jouer quand Dominique Rocheteau, qui s'échauffait depuis une dizaine de minutes derrière les buts de Sepp Maier, entre en jeu sous les acclamations de la foule d'Hampden Park pour remplacer Sarramagna.
L'Ange Vert ne va tarder à se distinguer. Il réussit une percée en se débarrassant dans un mouchoir de poche de trois adversaires, mais Beckenbauer dégage le ballon en corner.



Hervé Revelli doit jouer de son corps pour percer la muraille allemande


A deux minutes du terme de ce match, Roth perce plein champ, arrive seul devant Curko qui éloigne le danger. Pas de doublé pour l'artilleur bavarois.

Arrive la dernière minute de jeu. Sur l'aile droite, nouvelle et ultime tentative de Rocheteau qui élimine un puis deux, puis trois adversaires, donne sur sa gauche, à Patrick Revelli en excellente position. Mais Patrick veut donner trop d'effet à son ballon et Maier n'a aucune peine à s'en saisir.

C'était le dernier espoir des français. Désormais, c'est fini, l'arbitre siffle la fin du match accompagné ensuite par le public qui s'époumone sur des "Ils sont cocus". Le match est terminé, la légende des poteaux carrés, elle, peut commencer...

 


L'après-match
Sur le terrain, tandis que Santini et Patrick Revelli pleurent, Roth rattrape Larqué: "Maillot, bitte...". Sur le visage du joueur allemand, on peut  lire comme un sentiment de gêne. Larqué, machinalement, lui donne la tunique verte de ses espérances envolées. Puis il plonge son regard dans celui de Robert Herbin qui a les yeux rougis.

Dans les vestiaires où Patrick Revelli est inconsolable, Herbin dira seulement: "Bravo, félicitations". Les Verts vont rester ainsi prostrés une demi-heure sans broncher, incapable du moindre geste. Anéanti, chacun revit le match pour lui-même. Bathenay répète: "J'étais sûr qu'on allait gagner".
Piazza, la rage au coeur, exagère ses propres limites: "C'est fini, je suis trop vieux, finie la Coupe d'Europe".


Jacques Santini inconsolable au coup de sifflet final


Après la traditionnelle réception d'après-match, au cours de laquelle les Allemands remettront à chacun de leurs adversaires, une assiette en forme de petit cadeau, les Verts s'eclipseront rapidement pour se consoler dans une troisième mi-temps que des rugbymen biterrois animeront.

Enfin, c'est le retour en France et le triomphe inattendu, démesuré des Champs-Elysées. Durant la nuit, l'avion qui ramène les Verts au bercail ne prend pas beaucoup d'altitude, les joueurs le remarquent et s'interrogent. Ils comprennent rapidement qu'ils atterriront en fait à Paris.
A l'instigation de Jacques Vendroux, journaliste de France Inter, une foule de 14 juillet a été rameutée qui chante: "On a gagné !", 100.000 personnes, selon la Préfecture de Police.

Les Verts sont bientôt reçus par le Président de la République. Ils avaient rendez-vous à 12h30. Il est 13h30. Valéry Giscard d'Estaing a retenu à déjeuner ce jour-là des groupes parlementaires de la majorité.
Pour chacun des joueurs, le Président a un petit mot . Il dit à Rocheteau qu'il connaît son village en Charente. Il assure à Farison qu'il a eu de la peine en apprenant qu'il ne jouerait pas à Glasgow. Et il finit en promettant de venir au moins une fois à Geoffroy-Guichard en souhaitant aux Verts un nouveau titre de Champion et une Coupe d'Europe... qu'on attend toujours 40 ans après.



Article des pages intérieures de l'Equipe du 13 mai 1976


Ils ont dit
- Un vieil écossais s'adressant à Herve Revelli après le match: "Vous avez gagné ce soir..."

- Robert Herbin: "Je suis satisfait de mon équipe. Elle est en progrès et possède maintenant une bonne expérience européenne. Les tirs sur les poteaux ? Il ne manquait pas grand-chose pour qu'ils rentrent. Mais je n'aime pas évoquer la malchance. Le manque de réussite oui. C'est différent. Qu'est-ce qu'il faudrait à Saint-Etienne pour gagner la Coupe d'Europe ? Eh bien, un peu plus de réussite. Comme le Bayern par exemple. Je ne pouvais pas faire rentrer Rocheteau plus tôt. Il souffrait d'une déchirure musculaire mal guérie. Et il n'a jamais été question qu'il joue plus d'un quart d'heure..."

- Hervé Revelli: "Peut-être que nous ne nous sommes pas assez parlé sur le terrain. Quand j'ai eu cette occasion dans les 18 mètres, personne ne m'a prévenu qu'il fallait tirer immédiatement. Alors j'ai pris la décision d'avancer un peu, et Maier a eu de la chance d'arrêter mon tir. Dommage."

- Roger Rocher, désabusé: "Avec un zeste de chance, Saint-Etienne aurait, j'en suis sûr, remporté cette finale à Glasgow. Mais pourtant, il ne faut rien regretter. Non seulement, je suis satisfait, mais bien plus, je suis fier de mon équipe. Elle est belle. Maintenant tout pour le championnat afin de revivre une nouvelle fois la belle aventure de la Coupe d'Europe l'année prochaine."

- Christian Sarramagna: "Le vent a joué un grand rôle dans ce match. J'ai eu beaucoup de mal à apprécier les trajectoires de mes centres à cause de lui. A chaque fois, il manquait un petit rien à mes centres courts et à mes centres longs. Ca n'aide pas la réussite."

- Dominique Bathenay: "Contre le Bayern Munich, il ne faut pas tirer sur les poteaux. Les occasions, il ne faut pas les rater. Il nous a manqué ce que possède toujours le Bayern: l'opportunité. Et pourtant, nous avons bien joué. Nous l'avons perturbé. Mais notre progression est arithmétique. L'année dernière, nous sommes allés en demi-finale. Cette année en finale. L'année prochaine, nous remporterons cette Coupe d'Europe. Dommage quand même d'avoir perdu par un but sur coup-franc"



Diverses situations chaudes devant les buts de Sepp Maier


- Franz Beckenbauer: "Saint-Etienne n'est pas chanceux. Il a bien joué. Il a eu de belles occasions, il aurait pu marquer et gagner cette finale. Mais le football est ainsi fait. Les occasions, il ne faut pas les manquer. De toute manière, Saint-Etienne est devenue une équipe de pointe en Europe. Elle est chez les grands désormais."

- Oswaldo Piazza: "Je suis révolté. Mais qu'est-ce qu'il faut faire pour gagner ! Nous avons fait le jeu, nous leur avons fait peur à ces Allemands, jusqu'au bout. Et puis, il y a eu ce but, ce but idiot... Quant à l'arbitre, il a sa part de responsabilité dans notre défaite. Dès le départ, j'ai vu que l'arbitre était contre nous. Il a fait retirer les coups-francs qui étaient dangereux pour nous, ceux qui étaient situés dans la zone des 20 mètres. C'est très dur, très dur...''

- Jean-Michel Larqué: "Quand l'arbitre a donné le coup de siffet final, je n'ai pas compris. J'ai cru à un arrêt de jeu. J'étais persuadé que le match n'était pas terminé. Quand Rocheteau a fait sa rentrée, j'avais le sentiment qu'il nous restait au moins 20 minutes à jouer. 20 minutes pour rattraper le petit but du Bayern. Il en restait en fait 7...
Quand l'arbitre siffle, Roth, qui ne m'avait pas quitté d'une semelle pendant tout le match, agressif dans le marquage et résolu dans l'attaque du ballon, s'approche de moi et me demande d'échanger mon maillot. Il n'a pas un visage très gai. Il semble respecter le malheur de Saint-Etienne. Je lui serre la main. Puis, je fixe Herbin. 
Il est debout à côté de la cahute des entraîneurs. Curieusement, je remarque ses yeux. Il a les yeux rougis. Et puis, je disparais sous la voûte de béton. Dans les vestiaires, le docteur, le masseur et les remplaçants nous attendent. Je ne vois plus personne. Personne ne parle. Lopez, Santini, Repellini pleurent. Patrick Revelli est inconsolable. C'est Herbin qui tranche le silence. Il a des mots simples, des mots sobres et puis, un officiel vient me prévenir qu'on m'attend avec toute l'équipe pour nous remettre la médaille d'argent des finalistes. La démarche m'apparaît dérisoire. J'y consens par obligation. Et j'y vais seul. J'enfile même un maillot de rechange: un maillot vert. Mais je refuse de repasser par le terrain. On m'oriente sur une galerie intérieure qui débouche aux pieds des personnalités. Je reconnais vaguement M. Franchi, le Président de l'UEFA. Je fais vite. Je suis imperméable aux mots de consolation "C'est bien", "Pas de chance". Je ne regarde pas autour de moi. Je serre des mains sans les voir. J'ai hâte de retrouver mes camarades. J'ai mal..."



Franz Beckenbauer, trophée en main et joie sur le visage


Le Saviez-vous
?
- C'est la 3e Coupe d'Europe des Clubs Champions remportée par le Bayern, la 3e consécutive. Le club bavarois gagne donc le privilège de garder définitivement le trophée dans sa vitrine. Seul le Real Madrid (5 fois) et l'Ajax Amsterdam (3 fois) étaient parvenus à en faire autant, plus aucun club n'y parviendra par la suite.

- Pour en arriver là, le Bayern avait du se débarasser auparavant d'Esch (Luxembourg), de Malmö (Suède), du Benfica Lisbonne (Portugal) et du Real Madrid (Espagne). L'année suivante, c'est une autre vieille connaissance des Verts qui éliminera le club allemand au stade des quarts de finale: le Dynamo Kiev.

- Moins connu que ses coéquipiers Müller, Maier ou Beckenbauer, le héros de la soirée, Franz Roth, est un habitué des finales: il avait déjà marqué  le but de la victoire pour le Bayern Munich en finale de Coupe des Coupes contre les Rangers (1-0 en 1967) et l'année précédente en C1 face à Leeds (victoire 2-0). Il déclarera des années plus tard: "On considère parfois que notre victoire 4-0 contre l'Atletico Madrid est le meilleur match du Bayern de cette époque. Mais pour moi c'est notre victoire 1-0 contre Saint-Etienne car les deux équipes pratiquaient un jeu offensif. J'ai encore revu la finale récemment. En 1976, contre les Français, ça jouait beaucoup mieux que l'année précédente contre Leeds"

- En 2006, pour commémorer les 30 ans de cette finale, l’ASSE envisagera de disputer un match amical face au Bayern Munich, qui n’aura pas lieu en raison de la somme de 500.000 € que réclamera le club allemand pour l’occasion.

- Huit jours avant la finale, les Verts avaient reçu les Crocodiles Nîmois en championnat. Un match tendu et violent, au cours duquel, Christian Synaeghel et Gérard Farison étaient sortis sur civière, ratant ainsi la finale contre le Bayern. 31 ans après ce funeste match, Robert Herbin déclarera à ce sujet: "A Glasgow, je n'ai pas pu aligner mon équipe-type à cause des blessés lors de ce match contre Nîmes qui a été un jeu de massacre, l'arbitre ayant été d'une tolérance insupportable."

- On connait tous quelqu'un se vantant d'avoir été à Glasgow ce 12 mai 1976, y compris des personnalités (trop souvent d'ailleurs pour croire tout le monde). Parmi ceux qui s'y sont vraiment rendues pour soutenir les Verts ce jour-là, on retrouve le chanteur Michel Berger, l'humoriste locale Muriel Robin ou encore le comédien Bruno Solo (âgé alors d’à peine 11 ans)...



La descente des Champs-Elysées le 13 mai


Sources
- Coupes d'Europe Story Les Verts 1957/1981 - Patrick Mahé Dominique Grimault - RTL
- La fabuleuse histoire de Saint-Etienne - Gérard le Scour, Patrick Mahé, Robert Nataf
- Blog Up and Down