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Noir et blanc. Ombre et lumière. Catastrophe et réussite historique. On n’est pas à un paradoxe près quand on évoque Stathis Tavlaridis, défenseur double-face...


Certains retiendront ses interventions rugueuses et cartonnées, d’autres le stoppeur intraitable de la meilleure défense de l’histoire du Chaudron. Moitié Cyril Rool, moitié Desailly, pilier du retour des Verts en Europe et soutier maladroit des luttes pour ne pas couler en L2...



La carrière de Stathis Tavlaridis en un clin d'oeil


Le jeune Efstathios naît en l’an de grâce 1980 à Serrès, sur le territoire de l’antique Macédoine. L’histoire ne dit pas si ses parents mettaient du tzatziki dans son biberon ou si le sirtaki est excellent pour la musculation des jambes mais toujours est-il que dès l’âge de 17 ans, Tavla découvre la D1 grecque avec l’Iraklis Salonique, où il s’impose comme un grand espoir du football grec, ce qui n’est pas rien quand on sait où la culture défensive des Hellènes les conduira.
Défenseur central donc doué de la tête, Stathis fait jouer son mètre 86 pour s'imposer dans les airs mais n'est pas ce qu'on peut appeler un casque d'or: un seul but en 64 rencontres, autant dire que ses coups de boule n'ont pas voication à être précis mais être puissants.
Or, quel championnat aime tant les jeunes défenseurs puissants qui s'embarrassent peu de savoir où le ballon finira sa course ?



Tavlaridis sous le maillot de l'Iraklis en 2000 en Coupe de l'UEFA


Car oui, en cette année 2001, le jeune Tavlaridis débarque - excusez du peu - à Arsenal. A cette époque, le club à Arsène est encore habitué à gagner des titres et Thierry Henry n’a pas encore besoin de ses mains pour être décisif. Certes, les Gunners ne sont plus le "Boring Arsenal" des années 80 mais un joueur du profil de Sthatis a tout pour y trouver sa place, face à des rivaux vieillissants et peu spectaculaire comme Martin Keown, Lee Dixon ou Gilles Grimandi.
Et pourtant, ce voyage en Angleterre est un échec. En 3 saisons, Tavlaridis ne dispute que 8 matches sous le maillot des Gunners, dont 7 dans la peu huppée League Cup. Un prêt anecdotique à Portsmouth plus tard, le voilà débarqué à Lille, toujours en période d’essai. Par contre, celle-ci sera concluante et à l’intersaison 2004, l’aventure londonienne se termine par un déménagement plus court que la distance de Sainté à la mer. De Canonnier, Tavlaridis devient un Dogue enragé.



Tavlaridis n'aura pas convaincu grand monde lors de son passage à Arsenal


Car la Ligue 1 convient beaucoup mieux à ce défenseur dur sur l’homme. Même s'il marque contre son camp lors de son premier match (il faut bien entretenir sa légende), le voilà qui s’impose dans l’une des meilleurs équipes du championnat: en 2005 et 2006, les Nordistes vont chercher le podium en finissant deuxième meilleure défense à chaque fois. Tavlaridis décroche même en 2005 deux capes avec sa sélection championne d’Europe en titre. Mais sa troisième année flamande sera moins fructueuse: les Lillois finissent seulement 10e et lui souhaite changer d'air. Après 107 matches chez les Dogues, pour 3 petits buts. le Grec décide en 2007 d’aller se faire voir chez les Verts.



La saison 2004-05 est celle de la révélation pour Tavlaridis


Bingo: c’est une année de folie. Associé à Mustapha Sall (qu'on nommera bientôt Bayal) en charnière centrale, encadré par Dabo à droite et un combo Varrault-Tiéné à gauche, couvert par Jérémie Janot puis Jody Viviani, Stathis Tavlaridis est l’un des symboles de cette défense verte qui ne prendra que quatre buts dans le Chaudron en 19 matches de championnat, et permettra à l’ASSE de retrouver l’Europe ! Malheureusement, cette saison est déjà le sommet de sa carrière: rattrapé par des pépins physiques, impliqué dans des tensions entre joueurs, Tavlaridis, qui avait pourtant obtenu le capitanat sous Alain Perrin, est petit à petit écarté de l’équipe. Ses performances en Coupe d'Europe révèlent ses lacunes, il concède des penalties évitables, se fait manger de la tête sur les corners et n'est pas étranger à la saison 2008-09 galère de son club.



Tavlaridis laisse parler son physique face à Frédéric Pïquionne, néo-Monégasque


Alain Perrin sauve les meubles mais commence à sérieusement douter de ses capacités à retrouver le niveau qui était sien lors de sa première saison stéphanoise. Après deux performances catastrophique face à Nice et Toulouse à l'aube de la saison 2009-10, le coach des Verts décide de le remplacer par... Guirane N'Daw ! Le coup est rude mais quand le technicien se fait limoger à l'hiver 2009, Stathis se dit qu'il a une chance à jouer avec son remplaçant, Christophe Galtier.
Et il a raison: le nouveau coach de l'ASSE le titularise d'emblée face à l'OM pour son premier match sur le banc. Mais dans un Chaudron refroidi par -10°, Tavla ne prend même pas le temps de briser la glace: pour stopper une offensive de Baky Koné, il fauche l'Ivoirien volontairement et se fait expulser... à la 8e minute. Si l'ASSE parvient miraculeusement à décrocher le nul 0-0, ce n'est pas grâce à lui et Tavlaridis sait que sa dernière chance vient de lui filer entre les pieds. Galtier ne fera plus appel de lui et le Grec observera de l’extérieur la bataille acharnée de son club pour le maintien. A l'été 2010, lorsqu’il quitte l’hexagone pour le pays natal, on retient surtout cette statistique: en 6 saisons de Ligue 1, Tavlaridis a récolté 59 jaunes et 6 rouges en 156 matches de L1, soit une moyenne de cartons à mi-chemin entre celles de Cyril Rool et Franck Jurietti.



Aïe, c'est la boulette ! Encore un but encaissé...


Il retourne alors en Grèce, à Larissa, histoire de redonner un peu de piquant à une carrière qui s’essouffle un peu. Il n’y restera qu’un an: le club de Thessalie est relégué. Une pige à l’OFI Crète plus tard, le voilà qui signe en 2012 à Atromitos, un club athénien de milieu de tableau, candidat à l’Europe. Stathis n’y est plus qu’un joueur d'appoint, gratuit qui plus est, ce qui n'est pas un luxe dans un pays aussi endetté que le sien.



Larissa, OFI Crète, Atromitos, Tavlaridis revit dans son pays d'origine


Cela ne l'empêche pas de regagner une place dans le onze de son équipe et de se faire suffisamment remarquer (7 buts en 72 matches) pour signer au mercato d'hiver 2015 dans l'un des deux clubs phares de la péninsule hellenique: le Panathinaikos d'Athènes.
Pour y couper les citrons ? Kathólou ! Tavlaridis y est titulaire toute la demi-saison. A 34 ans, le Grec semble immortel. Pas forcément un demi-dieu mais quand même suffisamment robuste pour être qualifié de colosse aux nerfs d'argile...



Au Pana, Tavlaridis renoue avec le vert en 2015