Qui c'est le plus fort ? Pas Zemmour !
Le très bon blog Une balle Dans le Pied reprend quelques passages du dernier livre d'Eric Zemour Le Suicide Français. Le football fait partie des sujets qui reviennent régulièrement dans son essai et notamment un passage dédié aux Verts. Il parle de Saint-Etienne comme une "région ouvrière qui connaissait encore la valeur du travail bien fait", une "morale ancestrale" partagée par les joueurs et leur "esprit d'abnégation, de sacrifice".
Le journaliste politique essaye d'étaler ses connaissances footballistiques mais malheureusement elles sont faites d'approximations comme en témoigne sa non connaissance du mythique chant des Verts. Il la qualifie tout d'abord de "chanson ridicule" qu'il rebaptise pour l'occasion "Qui c'est les plus forts, les plus forts, c'est les Verts". Qui est le plus ridicule dans l'histoire ?
L'auteur du blog, Jérôme Latta, poursuit : "À l'évocation des "torses frêles de gamins poussés trop vite", on a subitement l'image de Christian Lopez infligeant un tampon à l'auteur du Bûcher des vaniteux. Mais la véracité importe peu : il s'agit déjà de faire rentrer l'histoire, vite secondaire, dans les cases zemmouriennes d'une simplification qui se soucie moins des anachronismes que de prendre des raccourcis (c'est l'époque de Jean-Luc Lagardère, lit-on). Conclusion entre contre-vérités et métaphores appuyées: les "marchands du temple" sonnèrent le glas "lorsque les Verts redevinrent l'obscure ASSE courant vainement après un ballon dans un stade à moitié vide", quand "les anges verts furent chassés du paradis comme de vulgaires humains".
Comme le sougline très justement le rédac chef des Cahiers du Foot, on rappellera à Eric Zemmour que le club n'a jamais sombré plus bas que la deuxième division et que Geoffroy-Guichard n'a que très peu sonné creux malgré les années de galères qui ont suivi l'épopée..