Grassi rend grâce aux Stéphanois

Ancien journaliste de RCI, conseiller municipal à Bastia, Didier Grassi, qui fait partie des nombreuses victimes de la catastrophe de Furiani, s'exprime dans la dernière édition de Corse Matin. Extraits.
"Jusqu'aux 20 ans de la catastrophe, je ne parlais de ce qui m'est arrivé qu'avec les rares confrères qui ont aussi été blessés. Depuis 2012, je parviens à évoquer mon expérience notamment grâce au psychiatre Richard Rechtman que j'ai rencontre à l'IRA. Il a mis des mots sur ce que je vivais : le syndrome du survivant.
Aujourd'hui, ce syndrome du survivant s'est un peu effacé en prenant la parole, en agissant avec le collectif, avec l'association Bastia 92. Quand on arrive à cette période de l'année, j'au du mal à dormir tout de même, ça remonte. Le 5 mai à la stèle, les larmes viennent. L'émotion est là, je me dis fatalement que j'ai eu de la chance même si j'ai été lourdement blessé.
J'en veux à la FFF. Pas la moindre plaque au siège de la Fédé ou même à Clairefontaine, l'endroit idéal pour sensibiliser toutes les équipes qui passent. Qu'ils reconnaissent la catastrophe ! L'Etat a fait un acte fort avec le vote à l'Assemblée Nationale. Mais on sait qu'il y a eu un lobbying de la FFF pour que le texte contre les matches le 5 mai ne soit pas voté...
A l'occasion du match Bastia-Saint-Etienne de samedi dernier, les dirigeants et supporters stéphanois ont une fois de plus rendu hommage à la stèle. Les supporters des Verts ont joué le jeu quand il y a eu la revendication de ne plus jouer le 5 mai. C'est devenu la catastrophe de tous les supporters, cela s'est fait de façon naturelle."